Dans un contexte boursier volatil, nos conseils pour limiter les dégâts, voire profiter du gros temps.
Comme tous les ouragans, celui de l'été sur les marchés boursiers a fait des victimes. Notamment parmi les titulaires de PEA qui se retrouvent aujourd'hui avec, dans leur portefeuille, certaines valeurs en baisse de 10 à 20 % depuis le début de l'année. Si c'est votre cas, vous n'êtes pas seul à avoir souffert. Une étude du Crédit agricole évalue les pertes totales des investisseurs à 150 milliards de dollars depuis le début de la crise des subprimes. Maigre consolation, d'autant que le CAC a encore subi de nouveaux accrocs début novembre et reste excessivement imprévisible. De l'avis général, les marchés financiers seront volatils pendant au moins six mois encore.
Dans ce contexte, quelques règles simples peuvent permettre de faire le gros dos, voire de tirer profit de l'instabilité boursière. C'est le moment de soigner ses arbitrages, de revoir son exposition au risque, de s'interroger sur le profil général de son compte titres. Bref, « de reconstruire un PEA qui vous ressemble », résume Jean-Philippe Bolle, directeur de produits à Boursorama. Pour vous faciliter la tâche, L'Expansion a regroupé les opérations en deux catégories : « A faire » et « A fuir ».
Libérer du cash pour les opportunités
En ce moment, conseille Vincent Guenzi, stratégiste chez Cholet Dupont, il est préférable d'être un petit peu moins investi qu'habituellement. » L'idée est de garder dans son PEA une poche de liquidités permettant de saisir des occasions en cas de baisse des cours. Pour cela, il faut d'abord « vendre quelques titres sans perspective, pour se constituer une réserve de cash », avise Gérard Firmin, gérant du FCP Prévoir Actions PEA. Le niveau de liquidités idéal ? Un tiers du PEA, pour certains. 20 % au maximum pour d'autres qui veulent éviter de traîner cet argent non rémunéré comme un boulet
À SURVEILLER : Les valeurs qu'on peut vendre pour libérer du cash : Thomson, Inter Parfums, Vinci, Faurecia
Ouvrir le « parachute technique »
Un PEA ne se gère pas comme un livret A, il y a des outils techniques à maîtriser. « Pour limiter les pertes quand une valeur dégringole, il faut mettre en place des ordres de type "stop", qui déclenchent automatiquement la vente dès qu'un palier est franchi en baisse », conseille Jean-Philippe Bolle. Bref, il s'agit de cultiver sa réactivité. Autre solution « pour ceux qui ont eu des surprises en décidant tout eux-mêmes : confier son portefeuille à un professionnel via la gestion sous mandat », suggère Thierry Widawsky, conseiller en gestion de patrimoine. Sans oublier la gestion collective (c'est-à-dire acheter des sicav et des FCP plutôt que des valeurs en direct). Comme chaque fonds est investi dans plusieurs valeurs, cela permet de diversifier le portefeuille le plus mince. « Aujourd'hui, conclut Thierry Charon, directeur associé de Montpensier Finance, il faut gérer. On ne peut plus s'asseoir sur ses titres et attendre que ça monte. »
À CONNAITRE : Les techniques boursières de gestion active : Ordres « stop », trackers (pour jouer l'indice à la hausse ou à la baisse), warrants (hors PEA), gestion sous mandat.
Se concentrer sur les valeurs sûres
Un PEA, surtout en ce moment, doit être ancré sur des valeurs « défensives » peu sensibles aux aléas. Sont défensives par excellence « les sociétés dont le chiffre d'affaires provient de concessions et de passages obligés, avec des barrières à l'entrée qui limitent la concurrence étrangère », pointe Thierry Charon. L'immobilier, longtemps étiqueté défensif, n'a plus les faveurs des spécialistes. La crise des subprimes a mis en évidence les risques de bulle. Mais on peut jouer les gros porteurs de croissance que sont les télécoms, l'agroalimentaire, l'équipement médical ou encore le luxe, qui profite des nouveaux millionnaires chinois et indiens.
À SURVEILLER : Les valeurs défensives d'avenir : Aéroports de Paris, Nokia, Hermès, Orpea (prise en charge de personnes dépendantes), Essilor
Rester très prudent avec les Etats-Unis
L'immobilier américain souffre, l'endettement chronique des Etats-Unis les rend fragiles. Il serait dangereux de tout miser sur des sociétés dépendant trop de la croissance américaine. A cela s'ajoute le risque de change. Quand l'euro bat des records face au dollar, ce qu'on gagne en croissance aux Etats-Unis, on le perd en taux de change. « Mieux vaut donc être prudent si l'on investit outre-Atlantique », conseille Gérard Firmin. Pour Vincent Guenzi, « la position agressive de la Fed permet toutefois d'espérer : la baisse des taux d'intérêt pourrait relancer la consommation aux Etats-Unis ». « Mais si l'on se risque à investir dans des sociétés exposées au dollar, insiste Thierry Charon, il faut compenser par des perspectives de forte croissance d'activité. »

La Bourse de New York a continué sa chute mardi, terminant en baisse pour la cinquième séance consécutive. Le Dow Jones a lâché 5,11% et le Nasdaq 5,80%.
Les prix de vente des logements anciens en France ont baissé de 0,4% en moyenne en septembre et de 1,1% depuis le début de l'année, selon le baromètre Seloger.com publié mercredi.
A l'exception de la Bourse de Francfort, les principales places européennes ont réussi à terminer en hausse mercredi, et à Paris le CAC 40 a pris 0,56% à 4.054,54 points, les investisseurs jouant la carte de l'optimisme avant le vote du Sénat américain sur le plan de sauvetage des banques.
La Bourse de Paris ouvre en léger rebond mercredi, dans le sillage de Wall Street avant l'examen d'une version amendée du plan Paulson dans la journée par le Sénat américain.
La Bourse de Tokyo a clôturé dans le vert mercredi, une hausse qui n'a rien d'exceptionnel cependant, l'espoir de voir enfin adopté le plan Paulson aux Etats-Unis le disputant au sentiment qu'à lui seul il ne suffira pas à étouffer la crise.
Wall Street a rebondi mardi après la journée noire qu'elle a connue la veille, les investisseurs voulant croire que Washington parviendra à relancer le plan de sauvetage des banques américaines.