Albert II de Monaco, Nicolas Sarkozy ou la joueuse de tennis Maria Charapova ont au moins un point commun : tous trois sont des philatélistes de renom aux collections prestigieuses. Mais si certains timbres comme le mythique Inverted Jenny de 1918 (avec son avion Curtiss imprimé la tête en bas) atteignent jusqu’à un demi-million d’euros, quelques dizaines d’euros par mois suffisent pour commencer une collection. Il est conseillé de la consacrer à un thème : lieu géographique, personnages historiques, bateaux français, événement (par exemple sa propre année de naissance)...
Il faut alors trouver des timbres de qualité, de préférence non oblitérés. Des abonnements à La Poste permettent de se procurer les éditions récentes. A Paris, les philatélistes, les négociants spécialisés ou les clubs de collectionneurs ont leur quartier général à Drouot (IXe). Les jeudis et les week-ends, ils se déplacent au carré Marigny, près du rond-point des Champs-Elysées. Il n’y a pas de grand marché aux timbres comparable en province.
Côté matériel, comptez environ 100 euros pour une pince à timbre, une loupe, un classeur et un catalogue de cotation. Les références sont Yvert & Tellier, Dallet ou les Domfil pour les collections thématiques. Mais attention : les prix indiqués ne sont que des cotations, souvent bien supérieures aux prix du marché. D’ailleurs, collectionner les timbres relève plus du plaisir que du placement. « On peut encore gagner de l’argent avec le timbre, mais il faut être spécialiste », convient Bertrand Sinais, secrétaire général de la Chambre française des négociants et experts en philatélie. L’investisseur doit alors cibler les pièces rares, à faible tirage, à valeur faciale élevée, à vie postale brève ou comportant une erreur d’impression. En définitive, « loisir ou investissement, la seule règle reste de collectionner ce qu’on aime », tranche Aude Ben-Moha, rédactrice en chef du mensuel L’Echo de la timbrologie.
| Nom | Date | Caractéristiques | La précision du spécialiste | Cote neuf |
| Louis Pasteur | 1928 | Poste aérienne. Surcharge 10 francs sur 1,50 franc bleu | « Ces timbres figuraient sur des lettres larguées par avion sur New York. » | 15 750 € |
| Napoléon III | 1869 | Napoléon III lauré, 5 francs violet-gris | « C’est le premier timbre au grand format de France, devenu le format classique. » | 6 750 € |
| Paul Cézanne | 1939 | Centenaire de la naissance du peintre, 2,25 francs bleu-vert | « Il aurait dû être bleu foncé, mais la couleur fut modifiée à l’impression. » | 5 500 € |
| Emile Baudot | 1849 | Congrès international de télégraphie et téléphonie de Paris, 25 francs lie-de-vin | « Une rareté, car non émis du fait d’une erreur sur la date de naissance. » | 4 000 € |
| Napoléon III | 1862 | Empereur Napoléon III, 10 centimes, bistre | « Très difficile à trouver en bon état et bien centré. » | 1 800 € |
| Clément Ader | 1938 | En souvenir d’Ader et de son Avion n° 3, 50 francs outremer | « Un timbre vedette, destiné à l’origine à la poste aérienne. » | 180 € |
| Jacques Cartier | 1934 | Quatrième centenaire de l’arrivée de Cartier au Canada, 1,50 franc bleu | « Le visage est celui du graveur Pierre Gandon, car celui de Cartier est inconnu… » | 160 € |
| Paul Doumer | 1933 | 75 centimes lilas | « Le premier timbre représentant un président de la République. » | 75 € |
| Cardinal de Richelieu | 1935 | Tricentenaire de l’Académie française, 1,50 franc rose | « Représentation inhabituelle du fondateur de l’Académie, en général on montre plutôt le monument. » | 75 € |
| Benjamin, baron Delessert | 1935 | Congrès international des Caisses d’épargne de Paris, 75 centimes vert | « Premier timbre représentant un personnage du monde économique, le fondateur des Caisses d’épargne. » | 47,50 € |

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