Le secteur de l'immobilier en Europe va subir des "corrections sévères et douloureuses", particulièrement en Grande-Bretagne, en Espagne et en Irlande, alors que la France pourrait mieux s'en sortir, estime l'agence Standard and Poor's (S&P) dans une étude parue mercredi.
Ces quatre pays ont tous connu un boom fantastique pendant plusieurs années tant sur le plan de la construction que de l'explosion des prix, qui ont nourri la croissance espagnole et irlandaise.
La Grande-Bretagne traverse "trois chocs simultanés": un choc des prix, le prix moyen d'une maison représentant désormais 3,4 fois le revenu annuel d'un ménage, un choc lié aux tensions sur le marché du crédit où les taux d'intérêt ont augmenté, et enfin une prudence des acheteurs liée au ralentissement de l'économie britannique. Or le secteur de l'immobilier britannique est entré dans une phase de moindre croissance depuis la fin 2007. "La longue période faste se termine", estime Jean-Michel Six, économiste chez S&P, qui prédit des prix stables en moyenne pour 2008 et une "modeste" hausse de 4% fin 2009, liée à une pénurie d'offre et à une baisse des taux d'intérêts.
De fait, plusieurs établissements bancaires britanniques ont relevé leurs taux ou suspendu leurs offres mercredi. First Direct, filiale de la banque britannique HSBC, a annoncé qu'elle cessait temporairement d'accorder des prêts immobiliers aux nouveaux clients, expliquant qu'elle croulait sous les demandes depuis quelques semaines et avait besoin d'une pause pour les traiter. Simultanément, la banque Natwest et sa maison-mère Royal Bank of Scotland, et la société mutualiste de crédit foncier Kent Reliance ont annoncé le relèvement d'un quart de point des taux appliqués à leurs clients qui avaient souscrit des emprunts à taux variables (à 6,45% pour les deux premières et 7,59% pour la dernière).
En Espagne, le marché a pris "un tour dramatique". Les prix en janvier ont augmenté de seulement 4% - loin de la hausse de 17,45% observée n 2004 - et les ventes ont chuté de 27% dans un environnement où la construction atteint encore le chiffre record de 650.000 logements construits en un an. Aussi M. Six prévoit-il un "retournement brutal" du secteur de la construction, qui représentait en 2007 10% du produit intérieur brut et un emploi sur cinq parmi ceux créés depuis 2000. Au final l'investissement dans l'immobilier pourrait chuter de 20% dans les 12 à 18 prochains mois.
Autre indice de l'état du marché, le nombre d'hypothèques dont les modalités ont été modifiées en janvier a augmenté de 22,76% en glissement annuel. Cet indice inclut notamment les ménages qui demandent un allongement de la durée de leur remboursement contre une diminution des sommes à verser chaque mois. En Espagne, l'écrasante majorité des prêts immobiliers sont à taux variables, généralement indexés sur l'indice Euribor (taux auquel se prêtent les banques entre elles), qui est en hausse au mois de mars.
En Irlande, l'agence prévoit que les prix baisseront de 6% cette année et resteront stables en 2009, avec un ralentissement des mises en chantier et des emprunts, ce qui pourrait peser sur l'ensemble de la croissance économique.
Seul le marché de l'immobilier en France fait preuve d'une "bonne résistance", estime M. Six, qui n'attend cependant "pas de croissance des prix dans l'ancien cette année". Mais l'endettement des ménages, modéré par rapport aux autres pays européens, et les déductions fiscales sur les emprunts ou les droits de succession "ne sont pas négligeables" pour soutenir le marché.

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En matière de placement , il faut toujours regarder d'où vient le conseil. La FNAIM a évidemment intérêt à accréditer l'idée que l'immobilier en France ne va pas baisser...
Mmmm... Décidément, nous vivons dans un monde merveilleux : La France. Alors qu'on nous parle en permanence de la globalisation des marchés, des interactions entre les différents pays... L'immmobilier est en forte baisse dans le monde et chez nos voisins européens : Mais pas chez nous, pas de risque. - Le nuage de Tchernobyl s'arrête à nos frontières... (Je sais l'exemple a déjà été pris mais bon). Ah oui ? - Les subprimes n'ont pas d'impact en France : Ah oui, ben pourquoi des banques Françaises ont provisionné des milliards d'euros.. Non décidément, je suis content dans une bulle... Note : Peut être serait il judicieux qu'au lieu que la FNAIM donne l'évolution du marché sur la base des prix affichés en agence, on ait l'évolution des prix sur la base des prix constaté chez les Notaires.
C'est comme Chernobyl, il n'y a qu'en france qu'il n'y aurait pas d'impact...
faut pas rêver, les poubelles resteront longtemps sur le marché et les belles prestations continueront à bien se vendre. Les vendeurs disent que l'immobilier n'aura pas de baisse brûtale et les acquereurs l'espèrent. La loi qui prévaut est celle de l'offre et de la demande. En fait malheur à ceux qui ont estimé leur poubelles au prix de chateaux !!! maintenant que le stock est plein, il faudra simplement que ceux qui ont été déraisonnables redeviennent raisonnables. D'autre part, pensez-vous que londres, moscou, Paris, Rio, etc soient des villes où le pouvoir d'achat du commun du peuple est élevé et pourtant l'immobilier y est inaccessible. Alors ceux qui attendent cette fameuse baisse d'environ 45%, d'après certains économistes, peuvent attendre longtemps. La belle affaire, il faudra continuer à la payer au prix fort...
La baisse sera plus brutale que vous l'estimez. Pourquoi pensez-vous que la France sera épargnée? L'augmentation a bien eu lieu, tout comme ses voisins européens. Nous sommes toujours confrontés aux mêmes problématiques, c'est à dire, que nous n'arrivons pas à admettre que la récession économique a bien gangréné la FRANCE. Il faut arrêtez d'écoutez tous ces économistes, non prévoyants, qui n'agissent que pour le profit des sondages du bonheur. Différez votre achat immobilier et n'hésitez à négocier. Cordialement.
Et OUI Matttttttttt tout pareil que le nuage de tchernobil, en France on ne DOIT pas inquiéter le citoyen de base
Plutôt une bonne nouvelle pour la France. Il faut dire que la politique sociale a finalement détruit du logement en France depuis plusieurs années. Le problème de cette bulle immobilière apparaît pourtant. La solution est dans la rénovation, écologique bien sûr, qui permettra de sauver, voire de créer des emplois. C'est alors une reconversion au sein même du secteur du bâtiment. Dans des pays occidentaux en surcapacité d'infrastructures, la tendance forte ne sera plus la construction mais la rénovation et l'entretien de structures (immobilières, infra, routières). Il y aura vraisemblablement même une tendance à la déconstruction pour redonner des terres à une agriculture elle aussi plus écologique.
Je ne crois pas du tout à un maintien des prix de l'immobilier en France excepté pour les biens les attractifs (beaux quartiers des grandes villes ou grandes demeures à restaurer dans le sud de la France). Pour les biens standards qui représentent la grande partie du marché immobilier, l'acheteur potentiel ,qui subit de plein fouet le redoutable effet de ciseau entre la hausse des prix généralisée et la stagnation des salaires, n'a d'autre ressource que d'attendre une baisse des prix pour pouvoir acheter; le vendeur n'aura bientôt plus qu'à se résoudre à diminuer ses prétentions pour vendre rapidement ... Ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle car cela peut relancer les placements générateurs de richesses (et d'emplois) comme la bourse (si on diversifie son portefeuille de titres en dehors du CAC 40)
trés bonne analyse de Didier , rien a ajouter si ce n'est un conseil a d'éventuels acheteurs , si vous le pouvez différez votre achat de 6 ou mieux encore 12 mois .... et vous devriez avoir de bonnes surprises
ça sent le roussi !
Hum, le marché français qui fait bonne résistance, ne serais-ce pas comme le nuage de tchérnobile qui s'arrête à la frontière ?
Le mythe de la ligne Maginot qui protege la France contrairement a l'ensemble des autres pays est de retour. Effectivement les francais pourraient s'endetter encore plus a condition que les banques veuillent bien preter. Les banques sont deja echaudees par la crise des sub-primes americains et embourbees par les prets francais a taux variables faussement capes. Allonger encore plus la duree? Apres les prets sur 25~30 ans, les prets sur 30~40 ans, les heritiers rembourseront? Autre piste: celle de l'augmentation massive des salaires... alors que la competitivite de la France est en panne et que l'on entend parler de fermetures et delocalisations tous les jours pour cause d'euro trop fort et de charges sociales/imposition trop elevees. Les prix ont deja commence a chuter lourdement en province. Seul Paris resiste encore. Apres presque 10 ans de hausse continue ( 100%) qui a deconnecte le marche immobilier de la creation de richesses ( 25% de PIB), il faut se resoudre a accepter que la fete soit finie.