Le déficit public des douze pays de la zone euro est tombé à 2,4% du produit intérieur en 2005. Dans le même temps, la dette des douze pays a augmenté pour représenter 70,8% de la richesse nationale. Or malgré la reprise économique, la situation devrait empirer en 2006.
De loin, cela ressemble à un système de vases communicants. Si en 2005, la zone euro a globalement réussi à réduire son déficit public par rapport à 2004 (2,4% du produit intérieur brut au lieu de 2,8%), la dette publique, elle, s'est creusée en passant de 69,8% à 70,8% du PIB, selon les données publiées lundi par l'institut de statistiques européen Eurostat. Les deux critères principaux du pacte de stabilité imposent en théorie un déficit public sous les 3% et une dette publique inférieure à 60% du produit intérieur brut. Même constat au niveau de l'ensemble de l'Union européenne avec un léger mieux sur le déficit (2,3% au lieu de 2,6% il y a un an) mais une dette publique qui est passée de 62,4% à 63,4% du PIB.
Les trois plus grosses économies de la zone euro, l'Allemagne, la France et l'Italie ont donné le la. Comme elle l'avait annoncé dès février, la France a réussi en 2005 à ramener son déficit sous les 3%, mais sa dette a atteint pratiquement 67% du PIB. Même schéma en Allemagne, dont le déficit -qui reste au dessus de la limite autorisé - a été ramené à 3,3% tandis que la dette touchait presque 68%. En Italie, les finances publiques se sont dégradées sur tous les fronts, tout comme en Grande-Bretagne qui est sous le coup d'une procédure pour déficit excessif. Le Royaume-Uni a d'ailleurs annoncé lundi son plus mauvais déficit public depuis douze ans, à 60 milliards d'euros. Dans la zone euro, seuls quatre pays ont réussi à réduire leur dette l'an dernier : l'Espagne, l'Autriche, l'Irlande et la Finlande.
Or cette année, la situation risque d'empirer, même si la reprise qui s'amorce permettra en principe de faire rentrer un peu plus d'argent dans les caisses. D'une part, le relèvement des taux d'intérêt de la banque centrale européenne - +0,5% depuis décembre - alourdit automatiquement la charge des intérêts, et donc creuse la dette. En France, le Trésor a déjà chiffré le coût supplémentaire à 450 millions d'euros pour 2006, sans compter les prochains tour de vis qui devraient intervenir cette année. D'autre part, la nouvelle poussée des prix pétroliers va encore alourdir la facture énergétique de tous les pays européens. De quoi s'interroger sur l'objectif affiché par plusieurs pays, dont la France, de ramener leur dette sous les 60% d'ici 2010. Pour augmenter les recettes ou réduire la dépense publique, le président de la Commission des Finances, Jean Arthuis prédisait la semaine dernière "des réformes structurelles lourdes". L'Allemagne a prévu d'augmenter sa taxe sur la valeur ajoutée au 1er janvier 2007. Quant à la Grande-Bretagne, les économistes britanniques ne voient pas comment elle pourrait s'épargner de nouvelles hausses d'impôts.

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