Les investissements publicitaires sur Internet ont bondi de 73,9% en 2005 en France, passant la barre symbolique du milliard d'euros. Et le mouvement devrait se continuer car les annonceurs de la grande consommation, secteur moteur de la pub, commencent à affluer.
Internet a passé un nouveau cap publicitaire en 2005. C'est ce qui ressort du bilan publié vendredi par l'Interactive Advertising Bureau (IAB) et TNS Media Intelligence. Non seulement il a franchi la barre symbolique du milliard de recettes brutes, récoltant exactement 1,13 milliard d'investissements, en hausse de 74% sur un an. Mais il a surtout augmenté de 30% le nombre de ses annonceurs, à 1399, alors que ceux-ci n'avaient cru que de 20% en 2004 et de 0,8% en 2003. Cette accélération quantitative est d'autant plus appréciable qu'elle traduit l'arrivée des annonceurs de la grande consommation, encore réticents en 2004. Ce qui pourrait pousser d'autres secteurs encore méfiants à sauter le pas, comme l'industrie, l'agriculture ou l'ameublement. "La grand consommation, en France, draine le marché de la publicité, elle a un rôle moteur", explique ainsi Jérôme de Labriffe, le président de la section française de l'IAB.
Lesentreprises du secteur les plus convaincues par l'Internet sont celles spécialisées dans la toilette et la beauté, l'alimentation et les boissons, ces dernières ayant multiplié par six leurs dépenses publicitaires en ligne. Au final, si elle reste minoritaire, avec 5,8% des investissements réalisés sur Internet en 2005, la grande conso représente un réel potentiel de croissance. "Cet engagement est un signal fondamental pour le marché, la grande consommation étant la principale puissance financière en terme d'investissements publicitaires", précisent l'IAB et TNS. Il traduit bien le fait qu' "Internet est en train de rentrer réellement dans les plans média et n'est plus considéré comme un canal à part". En attendant, ce sont toujours les trois mêmes secteurs qui représentent la majorité des investissements publicitaires: les télécoms (263 millions d'euros), les voyages (200 millions) et les services (140 millions).
Petità petit, le web continue donc de grignoter des parts de marché sur les autres médias. Il a porté la sienne à 5,9% en 2005 et a même atteint 7% au mois de janvier. Il faut dire que le mois dernier, Internet a poursuivi sa progression stratosphérique, avec une hausse des investissements publicitaires de 60% sur un an, selon le suivi mensuel de TNS. Pendant ce temps, la radio, la télé et la presse ont dû se contenter respectivement de +12%, +5,7% et +2,8%. Et encore les chiffres bruts de l'IAB-TNS ne prennent-ils pas en compte les liens sponsorisés, qui restent l'un des formats publicitaires les plus dynamiques sur Internet. Ils sont généralement estimés en France à 30% de la publicité en ligne totale. Soit un marché de 200 à 300 millions d'euros. Officiellement pourtant, pas question de parler de "concurrence entre (les) différents médias, affirme Jérôme Labriffe. Au contraire cela va développer les budgets de communication car on aura deux types de communication complémentaires: par exemple, la télévision va véhiculer la valeur d'une marque, avec une communication passive, tandis qu'internet va présenter le produit, l'expliciter, avec plus d'interactivité".

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