Les français Gemplus et Axalto vont se marier. Le nouvel ensemble, baptisé Gemalto, disposera d'un chiffre d'affaires de 1,8 milliard d'euros. Il s'impose d'emblée dans le domaine des cartes à puces mais vise l'ensemble du marché de la "sécurité numérique".
Alex Mandl, le patron de Gemplus avait exprimé à plusieurs reprises, par le passé, sa volonté de procéder à des opérations de croissance externe. Voilà qui est fait. Et de belle manière. La fusion annoncée ce matin entre le français Gemplus et son concurrent et compatriote Axalto (ex-Schlumberger smart cards & terminals) donne naissance à Gemalto, un poids-lourd de la sécurité numérique, fort d'un chiffre d'affaires pro-format d'1,8 milliard d'euros (estimé pour 2005) pour une capitalisation boursière de 2,3 milliards d'euros. Pour mémoire, le marché mondial en volume de la carte à puce, l'activité phare, est estimé cette année à quelque 2,52 milliards d'unités pour une croissance de 23% (chiffres Eurosmart).
Fusion entre égaux, opération amicale… Visiblement, Alex Mandl, désormais PDG (Executive Chairman) de Gemalto et Olivier Piou, président d'Axalto et futur directeur général de Gemalto ont tenu l'un comme l'autre, lors de leur présentation à la presse et aux analystes financiers, à écarter tout sentiment hostile dans leur démarche. L'opération prendra la forme d'une offre d'échange de titres Axalto contre des titres Gemplus, à raison de 2 actions Axalto pour 25 actions Gemplus accompagnée d'une distribution de 0,26 euro par action versée aux actionnaires de Gemplus préalablement à l'offre. Les deux principaux actionnaires de Gemplus,Texas Pacific Group et la famille Quandt, ont d'ores et déjà donné leur accord tout comme les administrateurs des deux sociétés. A l'issue de la fusion, les actionnaires de Gemplus devraient détenir 55,4% du capital du nouvel ensemble, contre 44,6% aux actionnaires d'Axalto. Mais les deux sociétés seront représentées à égalité au sein du nouveau conseil d'administration.
Gemalto se présente d'ores et déjà comme le numéro un mondial de la sécurité numérique. Et fonde son futur développement notamment sur les synergies engendrées par cette opération, soit 85 millions d'euros par an dès la troisième année. Trois marchés sont en ligne de mire, fruits de la complémentarité des deux groupes : les télécommunications et le marché de la carte SIM, un secteur plutôt animé par Gemplus, le monde financier et celui de la sécurité, deux spécialités d'Axalto. « Les réductions de coûts permises par l'opération portent sur les gains de productivité touchant la chaîne logistique, sur les effets de volume liés aux achats de composants ou les échanges de savoir-faire », a souligné Olivier Piou en ajoutant que seuls les services rattachés aux directions générales seraient touchés par l'opération. La direction genevoise de Gemplus sera rapatriée dans la région parisienne avec, à la clé, la création d'une centaine d'emplois. « Il n'y a pas de conséquences majeures à attendre, tant en ce qui concerne la chaîne d'approvisionnement que nos sites de production », a déclaré pour sa part Frans Spaargaren, Chief administrative officer, en charge de la mise en place de la nouvelle entité.
Reste à attendre l'avis des autorités de la concurrence, et les conditions qu'elles pourraient éventuellement poser à ce mariage de leaders. Pour l'antitrust bruxellois comme pour son homologue américain, toute la question sera de savoir si le nouvel ensemble se retrouve en position de monopole sur l'un ou l'autre de ses marchés. Pour Olivier Piou, ce problème ne devrait pas se poser : « Dans la téléphonie mobile, les clients communs à l'un et l'autre ne représentent qu'un tiers du portefeuille total. Il y a très peu de clients où les deux partenaires sont très forts, et le recouvrement est, finalement assez limité », estime-t-il. «Tous ces contrôles prendront du temps, mais nous sommes plutôt confiants quant à la décision qui sera prise », considère quant à lui Alex Mandl. Les deux groupes espèrent obtenir leur feu vert à l'été 2006.

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