Le futur président de la Federal reserve est un économiste respecté et chevronné doté d'un passé solide en matière de politique monétaire, tant théorique que pratique. Diplômé en économie de l'Université de Harvard en 1975 puis du Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1979, spécialiste de la grande Dépression de 1929, Ben Bernanke a enseigné l'économie à la prestigieuse université de Princeton à partir de 1985. De 1996 à 2002, il a également tenu une chaire d'économie dans cette même université.
Mais outre cette expérience théorique élargie, Ben Bernanke, un barbu chauve au visage souvent souriant, dispose d'une expérience pratique solide, et la Fed ne lui est pas inconnue. Avant d'arriver à la tête de l'équipe des conseillers économiques du président Bush, M. Bernanke a en effet passé trois ans en tant que gouverneur du conseil la Banque centrale américaine, d'août 2002 à juin 2005. C'est dans ces fonctions que M. Bernanke a su gagner la confiance de Wall Street avec, en 2002, un discours sur la déflation et les actions que la banque centrale pourrait mettre en place pour faire face à une telle éventualité. En tant que gouverneur de la Fed, M. Bernanke a également souhaité plus de transparence dans la communication de la banque centrale avec le public et les marchés.
Les partisans de M. Bernanke portent également à son crédit son indépendance politique et le fait qu'il est difficile de déduire ses penchants politiques en lisant ses discours ou ses écrits. Ben Bernanke a ainsi nommé à la tête du département économique de l'Université de Princeton un fervent opposant au président Bush, Paul Krugman. Il a surtout toujours considéré l'indépendance de la Fed comme un élément prépondérant pour la crédibilité de sa politique, axée sur le maintien de la stabilité des prix. Le successeur désigné d'Alan Greenspan s'est cependant attiré des critiques en se posant comme un partisan de la mise en place d'un objectif chiffré de l'inflation, ce à quoi s'est toujours refusé son prédécesseur. Les opposants à cette idée pointent en effet du doigt le risque de sacrifier la croissance économique au profit d'une maîtrise de la hausse des prix.

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