
L'ancien président du groupe Vinci, Antoine Zacharias, a demandé vendredi devant le tribunal de commerce de Nanterre une indemnisation record de 81 millions d'euros à son ancienne entreprise qu'il accuse de l'avoir privé d'une partie de ses stock-options.
Le tribunal rendra sa décision le 31 mai.
M. Zacharias avait assigné Vinci en justice fin janvier 2007 "en chiffrant son préjudice à 81 millions d'euros augmentés des intérêts au taux légal à compter de l'assignation", a rappelé à l'AFP son avocat Me Georges Terrier.
L'ancien PDG "souhaite faire reconnaître qu'il fut indûment privé de ses fonctions dirigeantes et, de ce fait, privé du droit de percevoir une partie de ses stock-options", a-t-il poursuivi.
Il a dénoncé devant le tribunal "le comportement fautif de Vinci qui a retiré à M. Zacharias les quatre mandats qu'il occupait dans diverses filiales du groupe uniquement afin de lui faire perdre ses stocks-options", selon Me Terrier.
En juin 2006, M. Zacharias quittait ses fonctions de président sous la pression du conseil d'administration de Vinci avec une indemnité s'élevant à 12,9 millions d'euros.
Le conseil d'administration avait confirmé Xavier Huillard à son poste de directeur général contre l'avis de M. Zacharias, qui demandait son départ.

M. Huillard avait en effet publiquement dénoncé le salaire "très élevé" de M. Zacharias, et les stock-options dont il aurait bénéficié depuis plusieurs années, selon lui de 250 millions d'euros.
"Cela commence à être de l'histoire ancienne, la page, au moins à l'intérieur de Vinci, est tournée", a commenté M. Huillard sur LCI. "Antoine Zacharias restera l'homme qui a bâti ce groupe. En revanche, il a de façon indéniable raté sa sortie", a-t-il ajouté.
De son côté, Me Terrier a dit attendre la décision de justice avec "sérénité".
Il a toutefois estimé que le dossier était "affecté par l'environnement médiatique qui touche les patrons actuellement", une allusion à l'UIMM.
Deux de ses anciens dirigeants ont été mis en examen dans l'affaire des retraits suspects d'environ 19 millions d'euros des caisses de la fédération patronale de la métallurgie. Le scandale a rebondi en mars après la révélation des indemnités de départ de son ancien président, Denis Gautier-Sauvagnac, fixées initialement à 1,5 million d'euros.
© 2008 AFP

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