« Zach », champion des stock-options

Géraldine Meignan et Franck Dedieu -  01/06/2006  - L'Expansion 
 

A lui seul, il pèse un quart des plus-values sur stock-options de tous les PDG du CAC 40. Le président de Vinci écrase le palmarès exclusif de « L'Expansion » sur la richesse potentielle des grands patrons français.

Les stock-options, pour moi, c'est fini. » Le 16 mai, l'assemblée générale des actionnaires de Vinci vient de se terminer et l'agacement se lit sur le visage d'Antoine Zacharias. Une heure durant, le président du groupe de BTP a répondu au flot de questions des petits porteurs sur sa rémunération, sa prime de départ, le montant de sa retraite et l'indépendance contestée des administrateurs qui fixent ces émoluments. Alors, qu'on ne vienne pas l'interroger en plus sur ses stock-options : promis juré, il n'en touchera plus.

Avec une plus-value potentielle de 173 millions d'euros, on peut dire qu'Antoine Zacharias a fait le plein depuis 2001. Du jamais-vu dans l'histoire du capitalisme français. C'est l'équivalent de 5 766 années de la rémunération moyenne d'un salarié de Vinci. Ces sommes faramineuses ont été accordées par son conseil d'administration et son comité de rémunération. « C'est plus qu'indécent, c'est honteux. Voici un PDG qui n'a même pas créé sa boîte et qui se retrouve assis sur un tas d'or, un parc de concessions transformé en véritable tirelire », s'emporte un de ses collègues du CAC 40.

En vertu de la loi Breton, les petits secrets des grands patrons apparaissent pour la première fois dans les documents d'information fournis aux actionnaires. Et Vinci n'échappe pas à la règle. On savait déjà qu'Antoine Zacharias était très bien payé (4,2 millions d'euros de rémunération en 2005). On apprend que son « départ » de la direction opérationnelle du groupe, effectif depuis le 7 janvier, est accompagné d'une confortable indemnité de... 13 millions d'euros. Un départ tout relatif puisqu'il conserve les postes de président du conseil d'administration, du comité stratégique et investissement ainsi que du comité des nominations.

Mais ce n'est pas tout. A partir de cette année, « Zach » comme on l'appelle en interne, touchera une retraite-chapeau lui garantissant entre 40 et 50 % de son salaire. « N'oubliez pas de dire que des gens comme moi paient 60 % d'impôt. Il faut savoir que si les coins de rue sont éclairés, c'est en partie grâce à mon salaire ! [...] Cette entreprise valait 200 millions d'euros en 1997. Elle vaudra, à la fin de cette année, 36 milliards », se défend Antoine Zacharias. Avenue George-V, Alain Minc, son conseiller, administrateur et ancien membre du comité de rémunération, n'en démord pas : « Il a fait en cinq ans ce que d'autres ont accompli en vingt-cinq ou trente ans. Il était normal de lui octroyer un rattrapage de salaire. »

N'y a-t-il pas un administrateur pour calmer les appétits financiers du patron de Vinci ? Quentin Davies, député anglais conservateur, qui préside depuis deux ans le comité de rémunération du groupe, par exemple ? Il aurait pu convaincre Zacharias de renoncer à ses indemnités de départ, décidées en 2000. Mais sa philosophie, il l'a exposée lors de l'assemblée générale : « Depuis 2001, au regard de la hausse du cours de la Bourse, votre rémunération a augmenté de 170 %, lance-t-il aux actionnaires, tandis que celle de Zacharias n'a progressé que de 50 %. »

A l'exception des quatre salariés membres du conseil d'administration de Vinci, « la société estime que chacun des administrateurs dispose d'une entière liberté et indépendance de jugement », lit-on dans le rapport annuel 2005. Voire. L'un d'entre eux, Alain Minc, et son cabinet AM Conseil, touche 160 000 euros par an pour penser la stratégie de Vinci. Serge Michel, ancien PDG de la SGE (devenue Vinci) et aujourd'hui à la tête du cabinet Soficot, perçoit aussi des émoluments. Enfin, Hubert Saint Olive, administrateur de Vinci entre 2000 et 2006, n'est autre que le banquier personnel d'Antoine Zacharias. Celui qui gère sa fortune accumulée au gré des décisions du conseil d'administration.

N° 1 : Antoine

Zacharias (Vinci)

Le nabab du BTP

N° 2 : Bernard Arnault (LVMH)

Le grand luxe

Une espérance de gains colossale :

91,7 millions d'euros à la suite de généreuses attributions.

N° 3 : Henri de Castries (Axa)

L'avenir assuré

Une plus-value potentielle de 40,6 millions d'euros pour l'assu- reur. Voire de 47,2 millions en comptant ses milliers d'actions gratuites.

 
 
Envoyer par mail
 

Envoyez cette page par email en renseignant les champs suivants

Votre adresse email n'est pas correcte

*Tous les champs sont obligatoires

Suivre le sujet
 

Pour être alerté lors de prochaines publications sur le même sujet, veuillez saisir votre email dans le champs ci-dessous :

Citer dans votre blog
 
Déjà membre : vous pouvez commenter l'actualité en direct
Vous n'êtes pas membre, laissez votre commentaire, avec votre pseudo et email. Il apparaîtra après modération.
 
VEILLE STRATÉGIQUE
  • Entreprises - 18h27 - L'Expansion.com

    "Toyota rappelle les voitures au delà du nécessaire"

    Après le rappel de 8 millions de véhicules, Toyota vient de procéder à celui de 400.000 voitures hybrides. Une série noire pour le constructeur, qui a pourtant intérêt à jouer la carte de la prudence. L'explication de Bernard Jullien, directeur du Gerpisa.

  • High Tech - 17h36 - L'Expansion.com

    Les opérateurs télécoms doivent revoir leur modèle

    A quelques jours de l'ouverture du Mobile World Congress, le salon des produits et des technologies mobiles qui se déroulera du 15 au 18 février à Barcelone, Lexpansion.com fait le point sur les grands enjeux auxquels font face les opérateurs mobiles.

  • High Tech - 8/2/2010 - L'Expansion.com

    Pourquoi Google s'est offert un spot pendant le Super Bowl

    Google a diffusé sa première pub TV à grande échelle lors de la grand-messe télévisuelle américaine. C'est la deuxième grande incursion publicitaire de la firme, après une campagne d'affichage remarquée pour son navigateur Chrome. Le moteur de ce revirement stratégique : Microsoft.

  • Entreprises - 8/2/2010 - L'Expansion.com

    Comment réduire le stress des salariés dans les transports?

    Plus stressés, moins performants... Les salariés souffrent de plus en plus des galères dans les transports en commun. L'explication de Jean-Claude Delgènes, président de Technologia et auteur d'un manifeste sur le Stress et le Transport.

  • Silicon Valley - 8/2/2010 - L'Expansion.com

    Pogoplug met le cloud computing à la portée de tous

    Avec Pogoplug, inutile de passer des heures à mettre vos photos et vidéos sur Flickr ou Youtube pour pouvoir les partager avec vos proches et y accéder de n'importe où. Cloud Engines vous propose de créer votre propre "nuage". Et ça marche même depuis un téléphone mobile ou une console de jeux.

  • Start-up - 8/2/2010 - L'Expansion.com

    Ijenko utilise l'Internet des objets pour économiser l'énergie

    Une box connectée au modem ADSL, des capteurs qui transforment les appareils électriques en objets communicants, et le tour est joué. La solution proposée par Ijenko permet de maîtriser en temps réel et à distance la consommation d'énergie dans la maison.



publicite
librairie en ligne
L'annuaire du pouvoir 2008
 
fermer
 
Inscrivez-vous
Pourquoi devenir membre ?

Devenir membre de la communauté LExpansion.com vous permet d’accéder à un ensemble de services :

  • Commenter les articles en direct
  • Participer aux débats « Pour/contre » et proposer de nouveaux sujets
  • Recevoir, si vous le souhaitez, les newsletters : actu éco, conjoncture hebdo, high-tech ou carrière/management

C’est entièrement gratuit !

 
newsletters et alertes
 
inscrivez vous aux flux rss
 

Avec ces lecteurs:

Ou copiez le lien rss :

connexion
 

Votre adresse email n'est pas correcte

Envoyer par mail
 

Envoyez cette page par email en renseignant les champs suivants

Votre adresse email n'est pas correcte

*Tous les champs sont obligatoires