A lui seul, il pèse un quart des plus-values sur stock-options de tous les PDG du CAC 40. Le président de Vinci écrase le palmarès exclusif de « L'Expansion » sur la richesse potentielle des grands patrons français.
Les stock-options, pour moi, c'est fini. » Le 16 mai, l'assemblée générale des actionnaires de Vinci vient de se terminer et l'agacement se lit sur le visage d'Antoine Zacharias. Une heure durant, le président du groupe de BTP a répondu au flot de questions des petits porteurs sur sa rémunération, sa prime de départ, le montant de sa retraite et l'indépendance contestée des administrateurs qui fixent ces émoluments. Alors, qu'on ne vienne pas l'interroger en plus sur ses stock-options : promis juré, il n'en touchera plus.
Avec une plus-value potentielle de 173 millions d'euros, on peut dire qu'Antoine Zacharias a fait le plein depuis 2001. Du jamais-vu dans l'histoire du capitalisme français. C'est l'équivalent de 5 766 années de la rémunération moyenne d'un salarié de Vinci. Ces sommes faramineuses ont été accordées par son conseil d'administration et son comité de rémunération. « C'est plus qu'indécent, c'est honteux. Voici un PDG qui n'a même pas créé sa boîte et qui se retrouve assis sur un tas d'or, un parc de concessions transformé en véritable tirelire », s'emporte un de ses collègues du CAC 40.
En vertu de la loi Breton, les petits secrets des grands patrons apparaissent pour la première fois dans les documents d'information fournis aux actionnaires. Et Vinci n'échappe pas à la règle. On savait déjà qu'Antoine Zacharias était très bien payé (4,2 millions d'euros de rémunération en 2005). On apprend que son « départ » de la direction opérationnelle du groupe, effectif depuis le 7 janvier, est accompagné d'une confortable indemnité de... 13 millions d'euros. Un départ tout relatif puisqu'il conserve les postes de président du conseil d'administration, du comité stratégique et investissement ainsi que du comité des nominations.
Mais ce n'est pas tout. A partir de cette année, « Zach » comme on l'appelle en interne, touchera une retraite-chapeau lui garantissant entre 40 et 50 % de son salaire. « N'oubliez pas de dire que des gens comme moi paient 60 % d'impôt. Il faut savoir que si les coins de rue sont éclairés, c'est en partie grâce à mon salaire ! [...] Cette entreprise valait 200 millions d'euros en 1997. Elle vaudra, à la fin de cette année, 36 milliards », se défend Antoine Zacharias. Avenue George-V, Alain Minc, son conseiller, administrateur et ancien membre du comité de rémunération, n'en démord pas : « Il a fait en cinq ans ce que d'autres ont accompli en vingt-cinq ou trente ans. Il était normal de lui octroyer un rattrapage de salaire. »
N'y a-t-il pas un administrateur pour calmer les appétits financiers du patron de Vinci ? Quentin Davies, député anglais conservateur, qui préside depuis deux ans le comité de rémunération du groupe, par exemple ? Il aurait pu convaincre Zacharias de renoncer à ses indemnités de départ, décidées en 2000. Mais sa philosophie, il l'a exposée lors de l'assemblée générale : « Depuis 2001, au regard de la hausse du cours de la Bourse, votre rémunération a augmenté de 170 %, lance-t-il aux actionnaires, tandis que celle de Zacharias n'a progressé que de 50 %. »
A l'exception des quatre salariés membres du conseil d'administration de Vinci, « la société estime que chacun des administrateurs dispose d'une entière liberté et indépendance de jugement », lit-on dans le rapport annuel 2005. Voire. L'un d'entre eux, Alain Minc, et son cabinet AM Conseil, touche 160 000 euros par an pour penser la stratégie de Vinci. Serge Michel, ancien PDG de la SGE (devenue Vinci) et aujourd'hui à la tête du cabinet Soficot, perçoit aussi des émoluments. Enfin, Hubert Saint Olive, administrateur de Vinci entre 2000 et 2006, n'est autre que le banquier personnel d'Antoine Zacharias. Celui qui gère sa fortune accumulée au gré des décisions du conseil d'administration.

N° 1 : Antoine
Zacharias (Vinci)
Le nabab du BTP
N° 2 : Bernard Arnault (LVMH)
Le grand luxe
Une espérance de gains colossale :
91,7 millions d'euros à la suite de généreuses attributions.
N° 3 : Henri de Castries (Axa)
L'avenir assuré
Une plus-value potentielle de 40,6 millions d'euros pour l'assu- reur. Voire de 47,2 millions en comptant ses milliers d'actions gratuites.


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