
La Bourse de New York a enchaîné une troisième séance de repli vendredi, les investisseurs échaudés préférant rester en retrait avant le week-end: le Dow Jones a cédé 0,70% et le Nasdaq a perdu 0,86%.
Le Dow Jones Industrial Average (DJIA) a reculé de 86,06 points à 12.216,40 points et l'indice Nasdaq, à forte composante technologique, de 19,65 points à 2.261,18 points, selon les chiffres définitifs de clôture.
L'indice élargi Standard and Poor's 500 a lui baissé de 0,80% (-10,54 points) à 1.315,22 points.
Alors que Wall Street avait passé la première moitié de la séance dans le vert, "il n'y a pas de nouvelles fondamentales qui expliquent le retournement du marché, c'est probablement un mouvement technique", ont estimé les analystes de la société d'informations financières Briefing.com.
"Cela a beaucoup à voir avec le fait que l'on soit vendredi, personne ne veut procéder à des achats avant le week-end par crainte qu'il y ait davantage de mauvaises que de bonnes nouvelles à venir", a renchéri Art Hogan, analyste de la maison de courtage Jefferies.
Cible récurrente de la méfiance des investisseurs, le secteur financier a été fui et a par conséquent tiré les indices vers le bas. Parmi les principales banques américaines, Merrill Lynch a abandonné 3,96%, JP Morgan 0,35% et Goldman Sachs 2,19%. Même Lehman Brothers, qui avait d'abord profité d'une recommandation positive de courtier, a finalement cédé 2,17% à 37,87 dollars.
L'action Citigroup a elle perdu 4,41% à 20,83 dollars, d'autant plus sanctionnée que le Wall Street Journal a affirmé que la banque pourrait annoncer la semaine prochaine son plan de restructuration.
Par ailleurs, l'attention a été tournée vers la consommation américaine, qui se montre de plus en plus vacillante, alors qu'elle compte pour les deux tiers de la croissance américaine.
D'un côté, le marché a bien réagi à la publication d'une hausse très faible des dépenses de consommation aux Etats-Unis en février, car elles n'ont pas ralenti plus que prévu. Elles ont connu leur plus basse progression (+0,1%) depuis septembre 2006.
En revanche, les revenus des ménages ont augmenté plus que ce qui était anticipé, tandis que l'indice des prix lié aux dépenses de consommation (PCE), une mesure de l'inflation, a aussi ralenti comme attendu.
"Ce rapport n'est pas génial du point de vue de la croissance économique, mais n'est pas non plus si négatif que ça: l'économie est clairement en train de ralentir, mais la consommation continue de lui apporter un soutien", a commenté Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com.
D'un autre côté, un avertissement sur résultats du distributeur discount JC Penney (-7,50% à 37,48 dollars) et une révision à la baisse de l'indice de confiance des consommateurs, calculé par l'Université du Michigan pour mars, ont remis en exergue le fléchissement de la consommation.
Parmi les autres valeurs observées, le groupe de conseils en informatique et en technologies Accenture (-0,42% à 35,30 dollars) n'a pas été porté par ses solides résultats trimestriels, qui l'ont amené à relever ses prévisions annuelles.
Dans l'édition de jeux vidéo, Electronic Arts a pris 2,53% à 49,34 dollars, alors qu'il persiste, sous certaines conditions, à vouloir mettre la main sur son concurrent Take-Two (-0,74% à 25,33 dollars).
Autre rapprochement incertain, Clear Channel (-1,35% à 29,20 dollars) a lui-même reconnu la possibilité d'un échec de son rachat par deux fonds d'investissements.
Le marché obligataire a progressé. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a baissé à 3,466%, contre 3,534% jeudi soir, et celui à 30 ans à 4,345%, contre 4,376%.
© 2008 AFP

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