Le groupe franco-allemand est victime une fois de plus des taux de change et du différentiel euro/dollar. MT Aerospace, la société allemande censée reprendre trois sites d'Airbus en Allemagne, a jeté l'éponge faute de perspectives de rentabilité suffisantes.
A priori, l’affaire semblait réglée : MT Aerospace, la filiale du groupe allemand OHB, celle-là même qui gère la maintenance du site de Kourou en Guyane dédié à la fusée Ariane 5, devait reprendre trois usines d’Airbus en Allemagne. Le n°1 européen de l’aéronautique civile et militaire avait ouvert des négociations exclusives avec cette société originaire de Brême en décembre dernier au détriment de l’américain Spirit, le n°1 mondial dans la sous-traitance pour avions commerciaux, pourtant donné favori au début du processus.
Las ! Un trimestre plus tard, tout a changé : MT Aerospace (110 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2007) déclare forfait, au motif qu’un rachat des sites de Varel, Nordenham et Augsbourg n’aurait pas « offert de perspectives économiques suffisantes » à terme. En clair, une telle reprise ne serait pas rentable pour la firme allemande, par ailleurs impliquée dans la fabrication du futur A-350. L’avionneur européen, lui, tient une autre version : c’est à son initiative que les relations ont été rompues avec la filiale d’OHB. En revanche, celles-ci sont maintenues avec Latécoère pour les sites français de Méaulte (Somme) et Saint-Nazaire ville (Loire-Atlantique) et GKN pour le site britannique de Filton.
Quoi qu’il en soit, l’affaire est symptomatique de la crise qui secoue l’ensemble du secteur industriel : la parité euro/dollar est telle qu’elle plombe durablement ceux qui opèrent en euros mais vendent en dollars. Leurs marges sont en effet comprimées comme jamais. Dans un entretien au Figaro daté de jeudi, Louis Gallois, le patron d’EADS, la maison-mère d’Airbus, n’ignore pas que la faiblesse du billet vert (actuellement aux alentours d’1 euro pour 1,6 dollar) demeure un frein à son programme de cessions : « La crise financière rend les choses plus difficiles. (…) Les acheteurs potentiels ont plus de difficultés à trouver les financements nécessaires ; nous leur demandons en outre de prendre leur part du risque dollar. Les cours actuels ne facilitent pas les choses ».
Pour y remédier, les dirigeants de la maison-mère d’Airbus ne cessent donc d’évoquer leurs perspectives de délocalisations en zone dollar. Car le fameux plan de restructuration Power 8, dans lequel s’inscrit ce projet de cessions des sites Airbus, a été calé sur 1 euro à 1,35 dollar. Ce qui signifie qu’à chaque fois que la devise américaine plonge de 10 centimes, le surcoût s’élève à 1 milliard d’euros pour EADS. « A de tels niveaux, chaque nouvelle progression est insupportable » pour les exportateurs européens notait il y a peu Nicolas Bouzou, économiste chez Asteres. Or, n’oublions pas que les 6 usines absorbent environ 1,85 milliard d’euros de coûts d’exploitation.
En attendant, le retrait de MT Aerospace ne laisse évidemment pas d’inquiéter Berlin. Et le ministre de l’Economie de mettre ainsi la pression sur le groupe franco-allemand : « Pour l’Allemagne, il est capital que la recherche, le développement et la production industrielle ainsi que la technologie dans l’aéronautique (…) restent en Allemagne ». Du côté d’EADS, on n’entend pas renoncer à la vente des trois usines. Du moins officiellement. De l’avis d’un porte-parole du propriétaire de l’A-380, « nous sortons tous les radars pour trouver un autre investisseur », lequel pourrait bien être… l’américain Spirit Aerosystems, celui qui avait été sacrifié il y a trois mois sur l’autel d’une préférence nationale qui ne disait pas son nom ; celui qui a été un temps une division du rival Boeing.
Officieusement, par contre, le quotidien Die Welt suggère qu’Airbus songerait à regrouper les 6 usines concernées (9400 salariés touchés) au sein d’une nouvelle entité adossée à un investisseur, dont le groupe serait l’actionnaire majoritaire.

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Est-ce que le groupe Franco Allemand est victime de l'Euro ou des détournements (terme politiquement correct) de nos technocratres ? J'ai bien peur que le "Fleuron" de notre industrie devienne Allemand à moins que l'expert destructeur de l'acier, de la chimie, le cède aux Américains !!! Que voulez-vous Bercy défendra toujours les hauts inspecteurs des finances, l'affaire BOUTON et la complicité de la Banque de France et de touis les contrôles le prouvent !
je ne suis pas le dernier a avoir dis que l euro avait été calculé trop fort et on en a la preuve maintenant que peut on y faire etant donné que c est la loi du marché qui prime je pense qu il faudra a l avenir quand on fait des calculs que tout soit vérifié par des experts indpéndants et qu ils donnent des indications justes. et il arrivera un temps ou mr TRICHET sera bien obligé de manger son chapeau car lui ne pense qu a l inflation et que cette derbière estn loin d etre treminée aussi soyons vigilants et regroupons nous les petits actionnaires.