Nombre d'entreprises pratiquent la « journée inversée », l'échange temporaire des postes de travail. Objectif : mieux faire comprendre les missions de chacun tout en soudant les équipes.
Ce lundi matin, à l'agence de publicité Sioux, Emmanuel Debuycq semble en mal d'inspiration. Il peste contre l'ordinateur qui refuse de coopérer. Il doit pourtant créer une maquette originale de toute urgence. De son côté, Aline Grimbert, au département prospection, frôle la crise de nerfs tant ses coups de fil répétés aux clients se révèlent improductifs : « Depuis ce matin, on m'envoie paître ! » Dans le bureau de la direction, Amélie Dumont a perdu une heure pour remplir un simple planning sous Excel avant de se rendre à un rendez-vous dont elle revient bredouille : « Le client a annulé ! » marmonne-t-elle.
Mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond dans cette agence lilloise ? C'est qu'aucun des 13 salariés n'est à son véritable poste ce jour-là. Appliquant le principe anglo-saxon du reversal day (journée inversée), Emmanuel s'est improvisé graphiste alors qu'en réalité il dirige la société, ce que fait aujourd'hui Amélie, la directrice artistique...
Qui n'a jamais rêvé d'occuper la place du boss ? Et quelle meilleure leçon de management pour un dirigeant soucieux de mieux connaître son entreprise qu'une immersion dans la vie de ses employés ? « Il fallait régler l'éternel conflit entre créatifs et commerciaux : les premiers se plaignaient de ne pas avoir toutes les informations du client pour faire leurs recommandations, les seconds reprochaient leur retard aux maquettistes », explique Emmanuel Debuycq, qui a instauré cette pratique dans son agence en 1997. « Grâce à cette expérience, chacun a changé de comportement. On apprend à connaître les autres postes et leurs difficultés, ce qui renforce la cohésion. » L'organisation est aléatoire : chaque salarié tire au sort son poste d'emprunt et s'efforce ensuite de respecter la feuille de route rédigée par le titulaire habituel du job. Un véritable défi. Aline Grimbert, directrice commerciale, a joué le jeu : « C'était plus difficile que prévu. Mais je préviens désormais les créatifs en amont des rendez-vous, ce que je ne faisais pas avant, afin qu'ils ne soient pas pris de court. »
« Un outil concret et peu coûteux »
Pour renforcer l'intérêt de l'expérience, les clients ne sont pas toujours avertis. « Certains sont surpris, mais la plupart trouvent la démarche intéressante et souhaiteraient la mettre en place », précise Emmanuel Debuycq.
L'exercice est sans doute difficilement transférable au sein d'un grand groupe. « Pour un fonctionnement optimal, l'effectif de la société ne doit pas dépasser 50 personnes », explique Caroline Le Moigne, fondatrice et gérante de l'agence de communication Les Têtes chercheuses, qui a fait du reversal day l'un de ses produits phares : « Il permet d'optimiser les processus, d'améliorer la communication intra-entreprise, ce qui génère une meilleure productivité. »
Même constat positif pour le dirigeant de Sioux : « Cet outil de management est très concret, peu coûteux, et permet de détecter en amont ce qui ne va pas. En perdant du temps à attendre des sorties laser près de l'imprimante, j'ai compris pourquoi les maquettistes réclamaient de nouvelles machines... »
A plus grande échelle, le spécialiste du séjour hôtelier Center Parcs a adopté la même démarche depuis 1992, à raison de trois ou quatre séances par an. Rebaptisée job rotation, cette journée est l'occasion, pour 20 à 25 % des 1 377 collaborateurs, de découvrir aux côtés d'un parrain l'un des 64 métiers représentés sur les deux domaines de Normandie et de Sologne ainsi qu'au siège parisien.
L'un des objectifs est d'« améliorer le service au résident », précise Eléonore de Saint-Agnès, DRH de Center Parcs-France. Lors de ses premières job rotations, Carmen Sorant, 44 ans, femme de ménage, a testé la réception hôtelière et la caisse. La fois suivante, elle a surveillé les bassins de la piscine aux côtés de son parrain, Sébastien Charon, maître nageur à l'Aqua Mundo. « J'ai constaté qu'il exerce un métier difficile dans lequel il faut être vigilant en permanence », se rappelle-t-elle. Les cadres se prêtent aussi au jeu : Corinne Colin-Vix, responsable des relations publiques, s'est reconvertie en aide-paysagiste, les mains dans la terre : « J'ai découvert un travail minutieux : s'occuper des plantes tropicales sous la bulle chauffée, respecter les températures, contrôler les milliers d'espèces. Mon parrain s'est révélé être un puits de science. Depuis, je l'appelle quand j'ai besoin d'infos pour mes dossiers de presse », témoigne-t-elle.
Changement radical également pour Denis Nourrisson, responsable local des vélos, qui a dû apprendre l'art de la barbe à papa à la cuisine du restaurant Tom Pouce. « Quand le client me demandait une crêpe, à faire devant lui, je n'en menais pas large. Et à la plonge, plus je lavais de plateaux, plus ils m'en rapportaient... Mes mains, habituées au cambouis, n'ont jamais été aussi propres ! » On a vu la directrice du domaine, une lance de nettoyage haute pression à la main, ou la DRH équipée de gants et d'une brosse pour laver la piscine par une chaleur de 40 degrés, durant la journée du cleaning, où toute l'équipe de direction remplace les femmes de ménage. Dans cette variante particulière de la job rotation, les barrières tombent. « Après trois heures de nettoyage, les cadres avaient besoin de se rafraîchir, on a donc poussé notre nouvelle DRH dans la piscine », s'amuse Bruno Guth, manager du service nettoyage au domaine des Bois-Francs et grand manitou de la journée. Bilan : « Les cadres portent un regard différent sur ces équipes de nettoyage. Un respect s'instaure. Depuis, chaque participant a de petites attentions pour faciliter le travail quotidien des autres », précise-t-il.



Google a diffusé sa première pub TV à grande échelle lors de la grand-messe télévisuelle américaine. C'est la deuxième grande incursion publicitaire de la firme, après une campagne d'affichage remarquée pour son navigateur Chrome. Le moteur de ce revirement stratégique : Microsoft.
Plus stressés, moins performants... Les salariés souffrent de plus en plus des galères dans les transports en commun. L'explication de Jean-Claude Delgènes, président de Technologia et auteur d'un manifeste sur le Stress et le Transport.
Avec Pogoplug, inutile de passer des heures à mettre vos photos et vidéos sur Flickr ou Youtube pour pouvoir les partager avec vos proches et y accéder de n'importe où. Cloud Engines vous propose de créer votre propre "nuage". Et ça marche même depuis un téléphone mobile ou une console de jeux.
Une box connectée au modem ADSL, des capteurs qui transforment les appareils électriques en objets communicants, et le tour est joué. La solution proposée par Ijenko permet de maîtriser en temps réel et à distance la consommation d'énergie dans la maison.
Grâce aux smartphones et aux applications iPhone, la publicité sur mobile est enfin parée au décollage. L'efficacité est au rendez-vous et la croissance atteint 30%. Le grand mercato des régies a démarré, le marché se structure à l'aide de standards et d'outils de mesure d'audience.
Empêtré dans une crise sans précédent, le PDG du premier constructeur mondial, Akio Toyoda, a présenté des excuses publiques et tenté de rassurer les consommateurs américains. Mais critiques et mauvaises nouvelles continuent de s'accumuler pour Toyota.