La tempête boursière a fait se retourner bien des tendances sur le marché des changes. Le dollar, après une longue période d'affaiblissement, est reparti à la hausse, au point qu'il est la devise qui a le plus progressé après le yen. Explication : les investisseurs ont réduit leur exposition au risque, notamment dans les pays émergents, ce qui a donné lieu à des rapatriements de capitaux importants vers les Etats-Unis.
En revanche, le yen, après avoir été plombé pendant des mois par les opérations de carry trade (emprunts de yens à bon marché pour les convertir dans une devise mieux rémunérée), remonte comme un bouchon, signe de nervosité des investisseurs, qui ont considérablement ralenti la spéculation sur la devise japonaise. Du coup, les pressions haussières se sont allégées sur l'euro et la livre sterling, les monnaies les plus fortes du premier semestre. Parallèlement, les devises dans lesquelles beaucoup de capitaux ont été investis (real brésilien, dollar australien, dollar néo-zélandais, etc.) décrochent. Le dollar néo-zélandais a ainsi perdu 23 % de sa valeur face à la devise nippone en trois semaines.
La correction n'est peut-être pas terminée. « Pour les marchés, le vrai test aura lieu en septembre », estime Vincent Chaigneau, responsable des taux et des changes à la Société générale. En effet, c'est la période où les entreprises cherchent à obtenir des fonds en émettant des obligations. Parallèlement, la publication des résultats des banques permettra d'en savoir plus sur leur exposition aux subprimes, c'est-à-dire aux prêts immobiliers à risques. Enfin, le signal renvoyé par les politiques monétaires sera lui aussi capital. Le dollar résisterait-il à une baisse des taux de la Réserve fédérale ?

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