
Le président français Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois déploré jeudi soir à Londres le trop haut niveau de l'euro par rapport à la faible croissance économique des pays de la zone euro, et dénoncé le "capitalisme de la frivolité".
"Lorsque j'étais étudiant, on m'expliquait doctement qu'une économie forte a une monnaie forte. Et aujourd'hui, qu'est-ce que je vois ? Le contraire. Le dollar n'a jamais été aussi faible, le yuan l'est toujours autant, le yen également et l'euro, (dont les pays ont) une croissance trop faible, a un niveau trop élevé", a affirmé M. Sarkozy lors d'un dîner offert par le Lord-maire de Londres.
"Est-ce que c'est nos valeurs, est-ce que c'est nos idées ? Non, c'est la perversion de nos valeurs et de nos idées", a-t-il poursuivi dans son allocution, prononcée devant un parterre de financiers et d'entrepreneurs au deuxième et dernier jour de sa visite d'Etat en Grande-Bretagne.
La Commission européenne a confirmé mercredi la révision à la baisse, annoncée en février, des prévisions de croissance des pays de la zone euro pour 2008 de 2,2% à 1,8%.
Le président français a également dénoncé les dérives du capitalisme financier. "Ce capitalisme-là, je n'en veux pas, parce que c'est le capitalisme de la frivolité, du mensonge et de l'absence de transparence", a-t-il dit.
"Qui peut penser qu'on puisse durablement gagner de l'argent sur des dettes et pousser une montagne de dettes devant soi sans se demander jamais qui, un jour, devra la rembourser, même lorsque l'on est la première économie du monde?", s'est exclamé Nicolas Sarkozy en faisant allusion à la crise des "subprime" aux Etats-Unis.
"Qui peut penser que les déséquilibres monétaires qui conduisent à la situation d'aujourd'hui pourront durablement persister?", a-t-il ajouté.
Paris et Londres ont plaidé jeudi, dans le communiqué publié à l'issue d'un sommet bilatéral qui s'est déroulé dans le stade de l'équipe de football d'Arsenal, pour une plus grande transparence des marchés financiers, appelant les banques à révéler "rapidement et totalement l'ampleur de leurs pertes".
Le président français et son épouse Carla Bruni-Sarkozy ont pris congé de leurs invités avant la fin du dîner et conclu leur visite d'Etat de trente-six heures en Grande-Bretagne en reprenant l'avion pour Paris.
© 2008 AFP

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