FRANCFORT - Opel, la filiale européenne de General Motors, a demandé 1,5 milliard d'euros d'aides publiques à l'Allemagne pour financer sa restructuration, qui prévoit 11 milliards d'euros d'investissements et 8.300 suppressions de postes et est censée assurer son retour à l'équilibre l'an prochain.
En détaillant mardi le projet de restructuration, le directeur général d'Opel Nick Reilly a précisé que le constructeur demanderait 1,2 milliard d'euros supplémentaires au Royaume-Uni, à l'Espagne, à la Pologne et à l'Autriche.
Opel et Vauxhall, sa marque sur le marché britannique, prévoient de renouveler quatre cinquièmes de leur gamme tout en réduisant leur taille globale pour assurer leur rentabilité, a-t-il expliqué.
"Nous avons maintenant un plan de marche, nous savons où nous allons et nous travaillons avec tous nos partenaires pour évoluer à plein régime vers un avenir réussi", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.
Les syndicats et la direction d'Opel sont en désaccord sur la restructuration, notamment depuis l'annonce par GM de son intention de fermer l'usine Opel d'Anvers, une décision qualifiée de "déclaration de guerre" par un dirigeant syndical.
La centrale IG Metall a déclaré mardi qu'elle ne soutiendrait pas le projet d'Opel et elle a appelé les autorités fédérales et les Länder concernés à rejeter la demande d'aide.
De son côté, le ministre de l'Economie Rainer Brüderle a simplement confirmé que GM avait déposé auprès des autorités fédérales et régionales une demande de 1,5 milliard d'euros de garanties.
Sur les 8.300 postes appelés à être supprimés, 4.000 sont basés en Allemagne, où travaillent la majeure partie des quelque 50.000 salariés d'Opel.
Réclamant la survie de l'usine belge, les syndicats ont gelé les discussions sur la contribution des salariés à un plan d'économies de 265 millions d'euros par an. Des représentants de plusieurs syndicats européens doivent se réunir le 23 février à Bruxelles.
GM s'est dit prêt à participer au financement de la restructuration à hauteur de 600 millions d'euros. Un porte-parole a déclaré que ce montant correspondait au remboursement d'un prêt relais accordé par l'Allemagne à Opel pendant la période où le groupe américain s'était placé sous le régime des faillites aux Etats-Unis.
Nick Reilly a assuré qu'Opel disposait d'une trésorerie suffisante pour poursuivre ses activités au deuxième trimestre.
Christiaan Hetzner à Francfort et Matthias Sobolewski à Berlin, Marc Angrand pour le service français


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