Nos journalistes ont assisté en direct à la récupération d'informations confidentielles par des spécialistes en intelligence économique. Une collecte 100 % légale, mais presque diabolique.
Nous aurions pu fouiller les poubelles des entreprises, à la recherche de notes confidentielles, ou traîner nos guêtres dans les salons professionnels. Mais, pour réaliser concrètement notre opération d'espionnage, nous avons préféré utiliser les outils et les méthodes les plus classiques de l'intelligence économique, à savoir l'approche directe par téléphone, la demande de devis ou le réseau Internet. L'objectif : obtenir un certain nombre d'informations confidentielles sur de grandes entreprises et sur leurs principaux dirigeants.
Ces opérations ont été réalisées en temps réel et en présence de nos journalistes. Pour les mener à bien, nous avons travaillé en collaboration avec les experts de l'Ecole européenne d'intelligence économique, située à Versailles. Grâce à Olivier Gautheret, spécialiste de la récupération d'informations pointues selon des techniques éprouvées - et légales -, nous avons recueilli une multitude de renseignements commerciaux et stratégiques de la part d'entreprises qui perdent toute prudence pour remporter un contrat (page 60). Thierry Meignen est l'un des grands connaisseurs du monde du renseignement, expert en acquisition « douce ». Avec lui, nous avons pu remplir les cases de l'agenda de grands patrons du CAC 40, obtenir des informations confidentielles sur leurs hôtels et restaurants préférés, ou sur leur programme de voyages dans les semaines à venir. Et cela le plus simplement du monde : en contactant leurs collaborateurs par téléphone (page 56).
Enfin, nous avons testé les meilleurs logiciels de text mining, des outils qui explorent la face cachée d'Internet, celle à laquelle on ne peut pas avoir accès avec des moteurs comme Google ou Exalead. La collaboration d'Eric Brégand, patron de Luxid, et de Louis Gay, fondateur de Datops, nous a permis de passer au tamis des milliards de pages de blogs pour en extraire quelques pépites : programme de recherche des labos pharmaceutiques, informations stratégiques sur le marché du pétrole, organigrammes complets d'entreprises, etc. (page 62).
Au terme de notre enquête, une évidence s'impose : malgré la généralisation des systèmes de sécurité informatique, nos entreprises sont de vraies passoires. Le maillon faible ? Les salariés, pas ou peu formés aux nouveaux risques qui pèsent quotidiennement sur leurs sociétés. Inquiétant !
L'Ecole européenne d'intelligence économique (EEIE) vient d'être créée par Benoît de Saint-Sernin (debout). L'enseignement, fondé sur des cas pratiques, est assuré par des professionnels comme Thierry Meignen, un expert de l'acquisition douce (à gauche), Louis Gay, le fondateur du logiciel Datops (au centre), et Olivier Gautheret, spécialiste de la récupération légale d'informations.

La 1ère banque française en terme de capitalisation boursière vient de s'emparer du meilleur de Fortis. De quoi lui permettre de se hisser au sommet de l'Europe pour le niveau des dépôts. Décryptage d'une banque qui va bien dans un environnement qui va mal.
Les deux établissements, déjà embarqués dans leur aventure commune Natixis, s'apprêtent à boucler dans l'urgence la fusion de leurs « noyaux centraux ». Objectif non avoué : sécuriser leur banque d'affaires.
Pourtant critiqués pour leur opacité, les tarifs de la SNCF ne changeront pas. Ils seront même un peu plus touffus, avec l'instauration d'offres « mini-groupes » et la multiplication des « week-end décalés ».
Le Medef a rendu public, lundi, ses propositions pour encadrer la rémunération des dirigeants d'entreprises. Elles prévoient la fin des « parachutes dorés » si leurs performances ne le justifient pas.
L'édifice se veut « inspiré par le design et la géométrie islamique ». Il sera accompagné d'une « ville dans la ville », avec transport urbain, quartier d'affaires, logements et commerces.
Les Européens veulent s'inspirer des Américains, qui viennent d'obtenir un prêt global de 25 milliards de dollars.