Epaulé à la mairie par des « jeunes loups » du PS, Jean-Claude Antonini, proche de DSK, s'appuie aussi sur les barons régionaux.
Successeur de Jean Monnier en 1998, élu avec une confortable majorité en 2001, le maire PS d'Angers, Jean-Claude Antonini, s'inscrit comme son prédécesseur dans une tradition sociale-démocrate. Au conseil municipal, l'ancien médecin s'appuie sur le centre, incarné par sa première adjointe, Michelle Moreau, 57 ans, professeur à l'Université catholique de l'Ouest (UCO). Son homme de confiance reste cependant le maire adjoint, Daniel Raoul. Quinze années de militantisme au sein de l'équipe Monnier ont rapproché le maire de cet universitaire socialiste de 65 ans, docteur en physique, élu sénateur en 2001, et seule personnalité de gauche à détenir un mandat national dans l'agglomération.
C'est ce dernier qui a imposé en 2001 comme directeur de campagne le jeune Luc Belot, qui siégeait en qualité de responsable syndical étudiant dans les instances de l'université. Il est par ailleurs un ami d'enfance d'Olivier Vaillant, le directeur de cabinet du maire depuis 2004, avec lequel il a suivi des études d'histoire et milité à l'Unef-ID. Devenu secrétaire de la section angevine du PS en 2004, Luc Belot, 32 ans, sera l'adversaire de Roselyne Bachelot (UMP) aux législatives.
La jeune conseillère municipale Sylvia Camara-Tombini, une enseignante de 29 ans, aura quant à elle la lourde tâche de défier Marc Laffineur dans la 7e circonscription. Autre jeune loup du socialisme angevin, Frédéric Béatse, 36 ans, siège au conseil municipal depuis 1995. Spécialiste d'Internet - il a notamment réalisé le site de Lionel Jospin pour la campagne de 2002 -, il a émergé sur la scène politique angevine en remportant en 2004 le canton d'Angers-Sud. Cela lui vaut d'être le suppléant de Marc Goua, maire de Trélazé et adversaire de Dominique Richard aux prochaines législatives.
L'influence croissante de ces jeunes socialistes agace certains : « Pas une réunion ne commence désormais sans que le maire lise à la virgule près le texte qu'on lui a préparé », raconte un élu de l'opposition. Cette évolution marginalise en tout cas les anciens de l'équipe Monnier, aujourd'hui proches de la cinquantaine, comme Hervé Carré et Jean-Luc Rotureau - le premier s'est même vu retirer une délégation en 2006 après s'être opposé au maire sur un dossier autoroutier.
Au sein du Parti socialiste, Jean-Claude Antonini s'inscrit dans le courant strauss-kahnien, tout comme Daniel Raoul et Marc Goua, qui l'épaulent à la communauté d'agglomération. Il se sent proche de la « troisième gauche » du sénateur et maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, président de l'Association des maires des grandes villes de France. Les deux hommes, qui partagent en outre un intérêt pour les questions de développement durable, se sont rendus à Mexico en mars dernier pour assister au Forum mondial de l'eau. A cette occasion, l'ancien médecin a même ressorti sa trousse de « toubib » pour soigner l'élu alsacien, victime d'un léger refroidissement.
Lorsqu'il est entré au conseil régional, en 1998, l'ordre alphabétique a voulu qu'Antonini soit assis à côté de Jacques Auxiette, maire de La Roche-sur-Yon. Les deux hommes se sont découvert des affinités humaines et politiques, et ont assisté ensemble en 2002 au sommet de la Terre de Johannesburg. Elu président du conseil régional en 2005, à la surprise générale, le tombeur de François Fillon a fait du maire d'Angers son deuxième vice-président. Il y côtoie Joël Batteux, le maire de Saint-Nazaire, ex-chevènementiste qui règne sur la ville depuis 1983. Surmontant les querelles de courants au sein du Parti socialiste, les deux hommes ont collaboré avec le député et maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, proche de Ségolène Royal, pour soutenir en 2004 la création d'un espace métropolitain Loire-Bretagne allant jusqu'à Rennes et Brest. Ils se sont aussi entendus récemment pour créer, le long de la ligne de TGV reliant Angers à Saint-Nazaire via Nantes, un « corridor du tertiaire » par l'aménagement de bureaux autour des trois gares.
Daniel Raoul
Jean-Marie Bockel
Marc Goua
Frédéric Béatse
Luc Belot
Sylvia Camara-Tombini
Jean-Marc Ayrault
Joël Batteux
Jacques Auxiette
Christophe Béchu. Il pense à la mairie d'Angers et pas seulement en se rasant. « Mais le moment de prendre une décision n'est pas encore venu », assure ce jeune loup de l'UMP, élu président du conseil général en 2003 à l'âge de 29 ans. En politique avisé, il sait qu'il vaut mieux laisser passer les échéances de 2007 avant d'officialiser une candidature attendue par tous les ténors de la droite.
Laurent Gérault.
Elu sur la liste de Roselyne Bachelot en 1995, directeur de la campagne de Dominique Richard en 2001, ce centriste féru d'environnement est le chef de file de l'opposition au sein du conseil municipal. A 41 ans, il rêve de conduire la liste en 2008, mais n'a pas le soutien des caciques de la droite.
Marc Laffineur.
En 2006, le maire d'Avrillé a ravi la présidence du comité départemental de l'UMP à Roselyne Bachelot : il cumule depuis les fonctions de vice-président de l'agglomération aux côtés du socialiste Antonini, tout en étant le chef du principal parti d'opposition. A 62 ans, ce médecin anesthésiste n'est pas au bout de ses ambitions. Rêverait-il d'un ministère, ou d'un fauteuil de sénateur en 2010 ?
Roselyne Bachelot.
L'ancienne ministre de l'Environnement s'est fait ravir la direction de l'UMP locale et ne conserve plus que son mandat de députée européenne. Cette pharmacienne de 60 ans, gaulliste authentique dont le franc-parler heurte parfois la bourgeoisie locale, mise sur les législatives pour relancer sa carrière politique.
Dominique Richard.
Battu aux municipales de 2001, l'ancien attaché parlementaire de Jean Sauvage a décroché un mandat de député UMP en 2002. Depuis, cet homme de dossiers se passionne pour le travail parlementaire, avec une prédilection marquée pour les questions d'audiovisuel. Agé de 52 ans, il doit redescendre dans l'arène pour obtenir le renouvellement de son mandat.Hervé de Charette.
Trois fois ministre, le maire UMP de Saint-Florent-le-Vieil n'a jamais voulu se présenter à Angers, mais rêve de la présidence du conseil régional depuis 1998. Cet énarque de 68 ans doit se faire réélire député pour conserver une chance d'y parvenir. A défaut, il pourrait briguer un mandat de sénateur en 2010.
Gilles Bourdouleix
Philippe de Villiers
Nouvelle lubie de Gilles Bourdouleix, député et maire de la deuxième ville du Maine-et-Loire (56 000 habitants) : transférer Cholet en Vendée. L'élu UMP a annoncé peu avant les fêtes son intention d'organiser un référendum sur le sujet en 2007. Il justifie cette initiative par l'attractivité économique et la notoriété de la Vendée. L'hommage est allé droit au coeur du président du conseil général vendéen, Philippe de Villiers.
Ce coup de sang fait suite à la décision du conseil général du Maine-et-Loire d'accorder une aide au Groupe Zannier pour transférer une partie de son activité de Cholet à Saint-Macaire-en-Mauges, une dizaine de kilomètres plus loin. En réaction, Bourdouleix a également suspendu la dotation annuelle de 20 500 euros versée par son agglomération au comité d'expansion économique du département.
En octobre, il avait déjà fait retirer les panneaux indiquant la chambre de commerce et d'industrie de sa ville pour protester contre sa fusion avec celles d'Angers et de Saumur en vue de créer une chambre départementale. La « sécession choletaise » n'aura sans doute pas de suite, mais elle trahit les rivalités qui subsistent avec Angers, distant de 65 kilomètres. Une tension sensible jusque dans les organisations patronales, puisqu'il existe un Medef-Anjou et un Medef-Cholet...

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