L'économie américaine avait bénéficié de conditions très favorables au quatrième trimestre 2006 : météo clémente, boom des dépenses publiques (+ 12 % en rythme annualisé, l'effort le plus important depuis le début de la guerre en Irak, au printemps 2003), baisse spectaculaire des prix de l'énergie et des produits high-tech. Tous ces effets ne jouant plus, la croissance ralentit sensiblement. La production industrielle a baissé de 0,5 % en janvier, tirée vers le bas par le marasme du secteur automobile. Les mises en chantier de logements ont chuté de 14,3 % en janvier par rapport à décembre.
Dans l'ancien, le prix des logements semble se redresser. Mais il a stagné sur les douze derniers mois. Cette contre-performance freinera inévitablement la consommation des ménages, habitués à pouvoir compter sur un important effet de richesse. Les créations d'emplois et la progression des revenus permettront sans doute de limiter les dégâts. Mais avec une consommation moins vaillante, la croissance américaine tombera sans doute à 2 % en 2007, contre 3,4 % en 2006.
Car les autres moteurs de l'activité patinent eux aussi. Les entreprises investissent mollement, en dépit de leur excellente santé financière, sans doute en raison des incertitudes sur l'évolution de la demande. Enfin, la contribution du commerce extérieur à l'activité devrait rester négative, même si la baisse du dollar a permis aux Etats-Unis de réduire en 2006 leurs déficits commerciaux vis-à-vis de l'Europe, du Canada et de l'Amérique latine. Le manque de tonus de l'activité devrait convaincre la Réserve fédérale de desserrer sa politique monétaire au second semestre.


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