La gauche tient la ville, le département et la région. La droite n'en attend les prochaines échéances qu'avec plus d'impatience...
Jean-Louis Fousseret, le grand VRP de l'image bisontine
Militant socialiste dès 1975, adjoint au maire en 1983, Jean-Louis Fousseret, 59 ans, se préparait à être maire depuis longtemps. Le début de son mandat, en 2001, a pourtant été difficile, avec un référendum sur la construction d'une gare TGV, rejetée par 70 % de ses administrés, mais dont la municipalité n'a finalement pas tenu compte... Depuis, les choses vont mieux pour ce pragmatique cartésien, longtemps catalogué comme fabiusien, mais qui a voté oui au référendum sur la Constitution européenne. Fier que sa ville soit bien classée parmi celles où il fait bon vivre, il adore jouer les VRP de Besançon. Entreprises dorlotées, Bisontins expatriés mobilisés, sport, culture, patrimoine : tout est bon pour faire parler de la capitale de la Franche-Comté.
Claude Jeannerot, le président rompu aux arcanes du département
La gauche n'avait plus dirigé le département du Doubs depuis 1913 quand, en 2003, le socialiste Claude Jeannerot a été élu à la présidence du conseil général. A 60 ans, ce Bisontin de naissance à la voix de jeune homme, membre du conseil général depuis 1998, a fait, selon les observateurs locaux, un parcours quasi sans faute depuis qu'il a accédé à la présidence. Son passé de leader de l'opposition lui a conféré d'emblée une légitimité au sein du conseil. Son projet phare, Doubs 2010, adopté en novembre 2004, structure son mandat à travers 300 nouvelles actions rediscutées chaque année avec les partenaires et la population.
Raymond Forni, le nostalgique du « perchoir »
Une surprise attendait Raymond Forni à son arrivée à la présidence du conseil régional de Franche-Comté, en 2004 : le coût du TGV Rhin-Rhône a presque doublé pour atteindre près de 2,5 milliards d'euros, nuisant au financement d'autres projets ambitieux. Dès lors, il s'est surtout contenté de mettre en musique le programme du Parti socialiste, les emplois tremplins et la gratuité des manuels scolaires. Il a aussi, semble-t-il, été surpris par les réalités du conseil régional, très éloignées des fastes de l'Assemblée nationale qu'il a présidée de 2000 à 2002. Nostalgique de ce temps, l'homme paraît à l'étroit dans son costume de président d'une administration qu'il connaît encore mal et qui n'est pas prompte à reconnaître sa légitimité.
Jean-François Humbert, le chef de l'opposition régionale
S'il reconnaît « quelques mois de flottement » après sa défaite aux élections régionales, Jean-François Humbert, 53 ans, sénateur UMP du Doubs, a repris du poil de la bête et endossé pleinement le costume de leader de l'opposition. Il dénonce « une gestion typiquement socialiste de la région » : augmentation des impôts de 25 % dès le premier exercice - « cinq fois plus », selon lui, qu'au cours de ses six ans de mandat - et accroissement du nombre des fonctionnaires régionaux. Surtout, il reproche à l'actuel président, Raymond Forni, de « n'avoir aucune idée nouvelle » hormis « les directives de la rue de Solférino ».
Michel Loyat, le concepteur de l'urbanisme municipal
Sobre et discret, Michel Loyat, l'adjoint au maire socialiste chargé de l'urbanisme, a été surpris par la levée de boucliers qu'a provoquée son projet d'aménagement de la ville de Besançon dans les quinze années à venir. Au coeur de la polémique, le quartier des Vaîtes, à l'entrée orientale de la ville : une zone de 40 hectares parsemée de terrains maraîchers et de maisons individuelles, qui doit être urbanisée. Cet homme de dossiers de 51 ans, professeur d'économie au lycée Louis-Pergaud, plaide la mauvaise communication. Et promet « un nouveau quartier de ville de qualité, exemplaire du point de vue environnemental ».
Paulette Guinchard-Kunstler, la députée influente à Paris
De tous les députés socialistes de Franche-Comté, elle est la seule à avoir été réélue en pleine vague UMP, dans une circonscription (la deuxième du Doubs) pourtant a priori peu favorable à la gauche. A 56 ans, elle est vice-présidente de l'Assemblée nationale, après avoir été secrétaire d'Etat aux Personnes âgées dans le gouvernement Jospin. Beau parcours pour cette Franc-Comtoise originaire d'une famille d'agriculteurs, infirmière en psychiatrie de formation et très appréciée à Besançon, où elle est aussi présidente de l'agence d'urbanisme de l'agglomération.
Eric Alauzet, l'acupuncteur qui prône l'écologie
Figure emblématique et porte-parole régional des Verts à Besançon, c'est en tant qu'adjoint au maire chargé de l'environnement et de l'énergie qu'Eric Alauzet, 47 ans, inaugurera en janvier 2006 la chaufferie à bois de Besançon. En alimentant 2 500 logements, soit 20 % du quartier populaire de Planoise, elle permettra d'économiser 3 300 tonnes de fioul par an. Pour ce Lorrain d'origine, qui conserve son cabinet d'acupuncture en centre-ville, au-delà des économies d'énergie polluante, la chaufferie créera une filière locale pour le bois franc-comtois, avec 11 emplois à la clef.

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