Censés favoriser l'entraide, les SEL (systèmes d'échanges locaux) reviennent vite aux rapports marchands classiques.
En France, environ 30 000 personnes mettent en pratique l'économie solidaire au quotidien grâce aux systèmes d'échanges locaux (SEL). Quelque 312 SEL regroupent ces pionniers qui troquent des objets ou des services sans utiliser d'euros. L'idée, c'est qu'un bon bricoleur stoppera une fuite d'eau chez un informaticien tout disposé à installer l'ordinateur de l'apprenti plombier.
Entre « sélistes », les services peuvent aussi se payer en monnaie symbolique, selon un principe de prix « égalitaires ». Par exemple, dans le SEL du Faubourg (nord de Paris), toute heure de travail en menuiserie, en repassage ou en traduction équivaut à 60 « pigalles ». Un compte de fées micro-économique, propre à « reconstituer de la cohésion sociale et à lutter contre l'exclusion », selon les termes d'Alain de Romefort, ancien directeur de cabinet du secrétaire d'Etat à l'Economie solidaire Guy Hascoët (1). Parfait. Mais les SEL peuvent aussi reproduire les travers de l'économie de marché.
Car ces phalanstères ne se soustraient pas si facilement à la dure loi de l'offre et de la demande. L'initiation au tricot intéressera moins de sélistes qu'un cours de piano ou que du baby-sitting. Et là, le marché peut reprendre ses droits : même si la pratique est mal vue, « quand une personne est très sollicitée, son heure de travail peut se facturer non pas au prix légal de 60 unités d'échange, mais au-dessus », reconnaît le responsable d'un grand SEL.
Dans les pays anglo-saxons, et notamment en Grande-Bretagne, les adhérents des Local Exchange Trading Systems fixent le prix de leurs services en fonction de la demande, de leur compétence et du marché. Chaque transaction négociée de gré à gré correspond à un libéralisme pur et dur.
Dans la pratique, ces systèmes fonctionnent souvent entre gens de bonne volonté plus soucieux de se rencontrer que de réaliser des affaires, mais la constitution de SEL regroupant plusieurs centaines de personnes peut recréer de vraies inégalités. « Un séliste très demandé choisit ses partenaires, explique Régis Faguelin, organisateur du SEL du Faubourg. Sans atome crochu, la transaction ne se fait pas. » Logique, mais l'égalité de traitement entre consommateurs - garantie par le marché « classique » - se trouve ainsi bafouée. D'autre part, raconte un autre séliste, « les adhérents qui travaillent le plus vite sont parfois les plus sollicités ». Ainsi, la régulation ne se fait pas par le prix mais par la rapidité.
Enfin, l'échange se réalise sans intervention de l'Etat, censé incarner la solidarité. Les services et les monnaies circulent sans rendre de comptes au fisc, qui ne considère pas qu'il s'agit d'activités artisanales clandestines. « Ces services se rapportent à des actes privés régis par le Code civil. En revanche, si l'activité prend un caractère habituel, le problème se pose », explique Maxime Gauthier, responsable de la politique du contrôle fiscal à Bercy. D'ailleurs, le SEL de Paris prélève ses impôts - des « piafs » - pour rémunérer ses « fonctionnaires », chargés des tâches administratives. C'est l'impôt unique, sans référence à la fortune et au revenu, dont rêvent... les ultralibéraux. « Il faut réfléchir à un autre système fiscal », reconnaît-on au SEL de Paris, conscient de cette contradiction.
(1) Cité dans « Les SEL, une utopie anticapitaliste en pratique », par Smaïn Laacher, La Dispute, 192 pages, 13 euros.


Présenté comme une contrepartie à la loi contre le piratage, les films seront disponibles en vidéo à la demande (Vod) et en DVD quatre mois après leur sortie en salles contre six à sept mois et demi au minimum jusqu'ici.
La Société Générale a annoncé que son résultat pour le second trimestre « devrait être légèrement bénéficiaire » après une perte nette de 278 millions d'euros au premier trimestre. Mais la crise est toujours là.
Le patron de l'OM est décédé ce samedi à l'âge de 63 ans. Portrait d'un milliardaire qui n'a jamais réussi à emmener son club au sommet. Il lui aura même fait perdre plus de 200 millions d'euros.
1 milliard de dollars. C'est ce que l'App Store pourrait rapporter à Apple cette année. Mais ce pactole pourrait diminuer si des start-up comme Adwirl parvenaient à rendre gratuites certaines applications phares en y insérant de la pub. Interview de Sam Yu, le co-fondateur d'Adwhirl.
Filtrer et classer les emails selon les utilisateurs, mais aussi repérer un rendez-vous ou une action à faire et vous alerter en cas d'urgence, c'est ce que propose Kwaga grâce à un traitement linguistique. Enfin la solution pour ne plus être débordé?
Deux Tours de France se croiseront cette année à Monaco, en Andorre et en Suisse. Moins connu que la compétition cycliste, le "Tour de France des paradis fiscaux" a pour objectif de sensibiliser l'opinion publique aux dérives de la finance. Les explications de Jean Merckaert, à l'origine de la manifestation avec un collectif d'ONG.