En fait, une balance dans le rouge n'induit pas forcément une faible croissance. Il existe même de bons déficits.
Les termes économiques sont trompeurs : un excédent commercial suggère une bonne santé du pays, capable d'inspirer une certaine fierté nationale. A contrario, le déficit évoque une balance qui penche du mauvais côté. Et, dès l'annonce par les douanes, à la mi-août, d'un déficit record de 11,2 milliards d'euros au premier semestre 2005, chacun y est allé de son commentaire sur le déclin français. Pourtant, en Espagne et au Royaume-Uni, les déficits atteignent des niveaux bien supérieurs, mais personne - ou presque - ne semble s'en inquiéter. Tout simplement parce que, un peu comme pour le cholestérol, il existe de bons et de mauvais déficits commerciaux.
« Un solde commercial dans le rouge ne signifie nullement une perte de richesse », explique Thierry Meyer, économiste au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii). Démonstration : en 1988 et 1989, la balance commerciale française bascule dans le négatif (respectivement - 4,2 et - 10,6 milliards d'euros) alors que la croissance dépasse les 4 % annuels. De même, l'insolente santé de l'économie britannique cohabite avec un solde commercial négatif de 22 milliards d'euros sur les trois premiers mois de 2005. Quant aux Etats-Unis, les champions du PIB, ils battent des records de pertes commerciales (- 617 milliards de dollars en 2004).
Jacques Rueff, l'économiste du général de Gaulle, parlait de « déficits sans pleurs » à propos des Etats-Unis et de leur dollar. Aujourd'hui, l'euro rend lui aussi le déficit commercial moins contraignant. « Compensés par les excédents allemand et hollandais, les déficits français ou espagnol ne vont pas provoquer une attaque en règle contre l'euro. L'abandon du franc et des autres monnaies nationales dédramatise les situations », explique Thierry Meyer.
En fait, tout dépend des origines de l'ardoise commerciale. Quand elle est provoquée par une forte chute des exportations, il convient de s'inquiéter, car cela signifie que la qualité des produits nationaux baisse ou qu'ils deviennent trop chers. C'est un vrai déficit de crise. « La France ne vit pas ce scénario noir. Ses exportations progressent depuis deux ans, même si leur rythme reste inférieur à celui de ses voisins européens », tempère Véronique Riches-Flores, économiste à la Société générale.
Selon les calculs de la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (Coface), un Français exporte 30 % de plus qu'un Japonais et 60 % de plus qu'un Américain. « Les déficits commerciaux de croissance existent aussi. Quand une nation s'enrichit, sa demande intérieure bondit, et avec elle ses importations », ajoute Véronique Riches-Flores. Malheureusement, la France ne vit pas ce scénario idyllique, et certains économistes commencent à qualifier ses déficits de structurels.
La facture pétrolière, responsable de la moitié du trou, devrait rester durablement élevée. Surtout, la France voit chaque année ses parts de marché grignotées. En 1991, elle comptait pour 6,1 % dans les ventes mondiales, contre 4,4 % en 2006 selon les prévisions de l'OCDE. Parce qu'elle commerce avant tout en Europe, et pas assez en Asie : gros acheteurs, la Chine et l'Inde peuvent aider à rétablir une balance commerciale en quelques contrats. « Mais, entre déficits et excédents, conclut philosophiquement Thierry Meyer, les économistes tendront toujours à préférer l'équilibre. »


Présenté comme une contrepartie à la loi contre le piratage, les films seront disponibles en vidéo à la demande (Vod) et en DVD quatre mois après leur sortie en salles contre six à sept mois et demi au minimum jusqu'ici.
La Société Générale a annoncé que son résultat pour le second trimestre « devrait être légèrement bénéficiaire » après une perte nette de 278 millions d'euros au premier trimestre. Mais la crise est toujours là.
Le patron de l'OM est décédé ce samedi à l'âge de 63 ans. Portrait d'un milliardaire qui n'a jamais réussi à emmener son club au sommet. Il lui aura même fait perdre plus de 200 millions d'euros.
1 milliard de dollars. C'est ce que l'App Store pourrait rapporter à Apple cette année. Mais ce pactole pourrait diminuer si des start-up comme Adwirl parvenaient à rendre gratuites certaines applications phares en y insérant de la pub. Interview de Sam Yu, le co-fondateur d'Adwhirl.
Filtrer et classer les emails selon les utilisateurs, mais aussi repérer un rendez-vous ou une action à faire et vous alerter en cas d'urgence, c'est ce que propose Kwaga grâce à un traitement linguistique. Enfin la solution pour ne plus être débordé?
Deux Tours de France se croiseront cette année à Monaco, en Andorre et en Suisse. Moins connu que la compétition cycliste, le "Tour de France des paradis fiscaux" a pour objectif de sensibiliser l'opinion publique aux dérives de la finance. Les explications de Jean Merckaert, à l'origine de la manifestation avec un collectif d'ONG.