Seul un membre de grand conseil d'administration européen sur douze est une femme, contre plus d'un parlementaire sur quatre.
Russo-Ségo, même combat. La patronne d'Alcatel-Lucent, Patricia Russo, et la candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, se trouvent toutes les deux en minorité dans leur milieu respectif. Au sein des organes de direction du CAC 40 comme à l'Assemblée, la parité laisse à désirer. En France, les femmes occupent 14 % des postes au Parlement et 8 % des sièges dans les conseils d'administration du CAC.
Mais, à y regarder de plus près, les femmes entrent plus facilement dans les hautes sphères politiques que dans les instances dirigeantes des grandes entreprises. D'après une étude du cabinet de conseil en recrutement Heidrick & Struggles, les femmes occupent 8 % des conseils d'administration des multinationales européennes. Contre 27 % des sièges, en moyenne, dans les Parlements nationaux, selon le rapport mondial sur le développement humain. En résumé, la politique est trois fois plus « paritaire » que l'économie. En Suède, elles se retrouvent presque au coude-à-coude avec les hommes au Parlement (45 %), mais se contentent de 21 % des postes dans les grands groupes. Au Portugal, un législateur sur cinq est une femme... contre un membre de conseil d'administration sur cent.
A l'origine de cette différence de traitement, les lois sur l'égalité des sexes. Tout simplement. En France, le dispositif sur la parité adopté en 2000 commence à faire son oeuvre. En juillet 2006, le Portugal s'est aussi converti aux quotas, avec l'obligation de présenter un tiers de senhoras aux élections. « Le suffrage universel offre plus de chances aux femmes que le système de cooptation en vigueur dans les grands groupes. Tout repose sur la volonté d'un dirigeant et non sur celle d'un large corps électoral », explique Caroline de La Marnière, présidente de CapitalCom. Pour preuve, les femmes fraîchement promues dans les hautes sphères du CAC 40 doivent leur ascension à l'arrivée de PDG beaucoup plus jeunes. Aussitôt nommé directeur général de L'Oréal, Jean-Paul Agon a féminisé sa garde rapprochée. Idem pour son homologue de PSA, Christian Streiff.
« Comme en politique, il faut imposer des quotas aux multinationales », martèle Marie-Jo Zimmermann, députée UMP de Moselle et présidente de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale. Elle a d'ailleurs tenté l'expérience en 2006 avec son amendement pour installer 20 % de femmes dans les conseils d'administration : les députés l'ont voté, mais le Conseil constitutionnel l'a recalé au motif qu'il faisait entorse à l'égalité entre citoyens. Les Norvégiens et les Espagnols montrent moins de réserve en mettant la barre à 40 % dans les grandes entreprises. « Afficher un nombre de femmes obligatoire dans un directoire ferait peser un doute sur leurs capacités. Cette discrimination positive ne leur rendrait pas service », redoute Sylvie Rucar, nommée directrice financière de PSA en février. Quand le CAC 40 défend l'universalisme républicain...


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