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La mondialisation au rapport

Par Alain Louyot, directeur de la rédaction de « L'Expansion » -  01/09/2007  - L'Expansion 
 
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Que la France se sente plus à l'aise dans un monde globalisé, c'est l'ambition de Nicolas Sarkozy, qui a consulté Hubert Védrine.

Après des vacances studieuses, Hubert Védrine, qui, jusqu'à l'été, se croyait en réserve de la République, va donc rendre, ce mois de septembre, son rapport au chef de l'Etat. « Ce n'est pas anecdotique de [lui] confier une mission sur la place de la France dans la mondialisation. C'est réfléchi », soulignait début juillet Nicolas Sarkozy. Avec cette nomination, notre pragmatique président entend démontrer une fois de plus qu'à ses yeux les clivages droite-gauche s'effacent lorsqu'il s'agit de recruter les meilleurs. « Bien sûr, je n'exclus pas que ma désignation ait un aspect tactique », confie, lucide comme à son habitude, l'ancien ministre des Affaires étrangères socialiste. Mais, loin de s'attarder sur cette éventuelle stratégie politicienne, Hubert Védrine préfère insister sur le caractère « passionnant » du thème sur lequel on lui a demandé de plancher.

La France et la mondialisation ? « Vaste programme ! » aurait pu s'exclamer le général de Gaulle. Dans les sondages, nos compatriotes se révèlent toujours les plus critiques à l'égard de la libéralisation du commerce international. Bien qu'elle ne corresponde pas à l'attitude plutôt positive des décideurs - selon l'OMC, l'Hexagone se place au cinquième rang mondial pour les exportations de marchandises et au quatrième pour les ventes de services et les investissements à l'étranger -, cette défiance apparaît aussi dans une enquête réalisée conjointement par le Chicago Council on Global Affairs et WorldPublicOpinion.org auprès des populations d'une centaine de pays. Selon celle-ci, les Français ne sont que 51 % à trouver la mondialisation plutôt bonne pour l'économie nationale, alors que les Chinois sont 87 % et les Américains, 60 %. Une circonspection qui, parfois, devient inquiétude : 80 % d'entre nous imputent à la mondialisation un impact négatif sur la sécurité de l'emploi.

« J'ai toujours défendu l'idée que la France devrait s'ouvrir davantage au vent du large. Il faut expliquer à nos compatriotes les opportunités qu'offre la mondialisation comme il faut en finir avec les fantasmes et les lignes Maginot. Le protectionnisme, le repli sur soi, ne sont pas dignes d'un grand pays comme le nôtre », insiste Bernard Attali, ancien président d'Air France. Pourtant, si la frilosité face à l'ouverture des marchés témoigne d'un évident déficit d'information, la mission confiée à Hubert Védrine n'a pas pour objectif prioritaire la pédagogie. « Les débats cherchant à savoir s'il faut être pour ou contre la mondialisation n'ont pas de sens à mes yeux, et je souhaite mettre en évidence l'idiotie des réponses unidimensionnelles... », explique l'ancien chef du Quai d'Orsay. En fait, comme il devait le rappeler à ses pairs du G8, Nicolas Sarkozy, « impressionné par le sentiment antimondialisation », voudrait entreprendre certaines réformes non pas tellement pour que la mondialisation soit mieux comprise, mais afin que la France en tire le meilleur parti. En effet, notre pays a besoin de trouver le bon équilibre, la bonne recette pour se sentir plus à l'aise dans le monde globalisé.

« Dans certains cas, si la France pâtit de la mondialisation, c'est sans doute qu'elle est mal adaptée », nous dit Hubert Védrine. Un constat qui rejoint les conclusions du groupe de réflexion sur la mondialisation qu'avait mis en place Christine Lagarde, alors ministre déléguée au Commerce extérieur. Il suggérait que l'Etat retrouve à cet égard un « rôle de stratège », comme c'est le cas dans certains pays scandinaves, où existe un conseil de la mondialisation placé sous l'autorité du chef de gouvernement.

« Muscler » les pôles de compétitivité, favoriser l'accès de nos PME aux marchés publics et à l'international, encourager l'innovation, doter nos universités et la recherche de moyens plus ambitieux afin de relever le défi des grandes mutations structurelles, voilà quelques-uns des traitements thérapeutiques que le « Dr » Védrine consulté par l'Elysée pourrait préconiser pour remédier à notre malaise dans le monde d'aujourd'hui...

 
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