En politique comme dans les conseils d'administration les plus huppés, la famille de VGE garnit plus que jamais les rangs de l'élite française.
Les Giscard rayonnent à nouveau. L'année 2002 les a remis en selle. Au palmarès s'affichent une élection gagnée en Auvergne en juin dernier pour Louis, le plus jeune fils ; une nomination à la tête d'une grande entreprise française (le Club Med) pour Henri, l'aîné des fils, en décembre ; et une mission audacieuse pour l'ancien président de la République, chargé par quinze chefs d'Etat de rédiger la Constitution de l'Europe ! Mais, si la fin de cette année faste fut l'occasion de célébrer un événement, ce furent en fait les noces d'or de Valéry et Anne-Aymone qui réunirent à cette occasion leur descendance en Italie. Car chez les Giscard d'Estaing, la réussite ne se fête pas : elle va de soi, et elle est même inscrite dans les gènes de cette famille de la très haute bourgeoisie, qui nourrit depuis plusieurs générations les rangs des élites à la française.
Déjà, le père de Valéry, Edmond, et son oncle, René, s'étaient illustrés en grands commis de l'Etat, le premier comme inspecteur des Finances, le second comme conseiller d'Etat. Plus loin encore, l'arrière-grand-père de Valéry, Agénor Bardoux, fut maire, député, conseiller général, sénateur et ministre. La fierté des origines et du nom porté - dont la fameuse particule achetée en 1922 par Edmond et René Giscard - est bien une valeur que partagent les membres de cette famille. « Les Giscard d'Estaing ne forment pas un clan, ni même un réseau, résume le journaliste Jean Bothorel, auteur d'une biographie de l'ancien président. Giscard se fait une telle idée de lui-même qu'il ne peut avoir besoin de réseaux ! C'est une grande famille, soudée, qui observe les autres de l'extérieur. » Brillants, les Giscard d'Estaing le sont en effet. On connaît bien le pedigree de Valéry, polytechnicien, inspecteur des Finances, plus jeune secrétaire d'Etat...
Son frère, Olivier Giscard d'Estaing , diplômé de la Harvard Business School, est, quant à lui, le fondateur de l'Insead, dont il préside aujourd'hui encore la fondation. « Le frère de » occupe actuellement des fonctions moins exposées en tant que président du Comité d'action pour un parlement mondial (Copam), dont son illustre ex-président de frère est un des membres éminents au même titre que Felipe Gonzalez ou Nelson Mandela.
De la même génération qu'Olivier et Valéry, leurs cousins germains, François, Philippe et Jacques, ont également perpétué la tradition familiale. François, l'aîné, est énarque et inspecteur des Finances. Philippe Giscard d'Estaing , diplômé de Polytechnique et de Sup Télécoms, a fait toute sa carrière chez Thomson. Jacques, le plus jeune, est également sorti de l'ENA et finit sa carrière à la Cour des comptes. Il a aussi la particularité d'avoir engendré le seul énarque de la génération suivante : Antoine . Egalement diplômé d'HEC, Antoine Giscard d'Estaing fut notamment directeur financier de la Lyonnaise des eaux, avant d'entrer chez Schneider Electric, et il est aujourd'hui l'un des membres de son comité exécutif en tant que directeur financier. Paul du Saillant - fils d'Isabelle Giscard d'Estaing, épouse Lasteyrie du Saillant, l'une des trois soeurs de Valéry - a également bien réussi selon les standards républicains. Diplômé de Centrale, il a effectué toute sa carrière chez Air liquide, qu'il a quitté en juin 2002 pour prendre la direction générale du groupe familial belge Lhoist, expert mondial de la chaux et de ses dérivés. Ce père de trois enfants, passionné de voile, est le filleul de VGE, qu'il décrit comme un homme « accessible et de bon conseil ».
L'admiration pour Valéry est tout aussi vive chez Charles Giscard d'Estaing , fils aîné d'Olivier. Charles est pour l'instant le seul neveu de Valéry à avoir embrassé la politique. Il s'est présenté dans la 8e circonscription des Alpes-Maritimes (Cannes) contre Bernard Brochant aux dernières législatives, a perdu, mais a pris la présidence de l'UDF régionale. Ce financier de 43 ans partage son temps entre Cannes, Paris et Londres, où il travaille pour Rotch, un groupe privé britannique. « A l'étranger, le nom de Giscard d'Estaing suscite d'emblée la confiance, ce qui n'a pas toujours été le cas en France, commente-t-il. C'est sans doute la raison pour laquelle nous sommes plusieurs à avoir choisi une carrière internationale. Nous avons appris qu'il nous fallait réussir par nous-mêmes et nous faire un prénom. » Son frère, Geoffroy, a eu la même envie d'expatriation. A présent directeur européen de M & A International Inc., il anime le réseau des 40 sociétés de conseil en fusion-acquisition du groupe. Mais ses fonctions précédentes au sein d'une banque d'affaires l'ont amené à passer six ans en Asie, et font de lui un bon connaisseur de la Chine. Il y croise plus souvent qu'à Paris son oncle Valéry, qui se trouve être, en plus du reste, président de l'alliance franco-chinoise. Son petit frère, Roland a lui aussi choisi l'étranger. Diplômé de l'Insead, il a créé à Londres Sponsorclick, une société qui aide les entreprises en « sponsorship marketing ».

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