Le refrain est immuable : la hausse des taux d'intérêt serait une mauvaise nouvelle pour l'économie et les marchés de capitaux. Pourtant, la fonction du taux d'intérêt a toujours été, dans l'analyse néoclassique, non pas d'élever le niveau de dépenses ou d'épargne, mais de sélectionner les projets d'investissement les plus rentables. Le taux d'intérêt, comme tous les autres prix, doit révéler des choix rationnels et non subventionner des activités peu créatrices de valeur.
Toutes les crises depuis quinze ans ont sanctionné des excès de liquidités et des phases où les investissements étaient mauvais ou excessifs : bulles immobilières de la fin des années 80, crise japonaise de la décennie 90, crise des pays émergents en 1997-1998, krach boursier en 2000-2002.
La considérable baisse des taux au début des années 2000 a été d'une efficacité économique structurelle douteuse et contestable au plan social. Belle allocation des ressources que celle qui voit les pays émergents financer le déficit public américain, qui lui-même s'explique par les baisses massives d'impôts au profit des ménages les plus aisés, de la guerre en Irak et de la réforme de Medicare en faveur des seniors américains !
La baisse des taux, en favorisant la hausse mondiale de la dette et en valorisant les patrimoines, a accru les inégalités intergénérationnelles. La bulle immobilière, en particulier, en transférant les risques sur les jeunes et en creusant la fracture territoriale, est une machine de destruction des liens sociaux.
En permettant aux Etats de financer « sans pleurs » leur déficit, la baisse des taux a favorisé l'immobilisme institutionnel et la préservation des rentes de toutes sortes. Pour les investisseurs, elle a contribué à occulter systématiquement les risques : sous-estimation du vieillissement (dette non provisionnée) pour les emprunts d'Etat ; sous-estimation des nombreux risques sur le marché immobilier, etc. Certes, la baisse des taux a certainement évité des enchaînements déflationnistes à la suite de l'éclatement de la bulle Internet, mais elle a brouillé les choix, réduit l'horizon temporel des décideurs et favorisé, in fine, un certain gaspillage du capital.
Aujourd'hui, la hausse graduelle des taux est donc l'occasion de procéder à une plus forte discrimination entre les actifs et de revenir à des valorisations plus saines. Il est temps d'abandonner la vision utilitariste du taux d'intérêt et de lui redonner sa véritable fonction de révélation des choix.


Après le rappel de 8 millions de véhicules, Toyota vient de procéder à celui de 400.000 voitures hybrides. Une série noire pour le constructeur, qui a pourtant intérêt à jouer la carte de la prudence. L'explication de Bernard Jullien, directeur du Gerpisa.
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