Déléguer, ce n'est pas juste se décharger ou « refiler le bébé », c'est un art. L'Expansion a demandé à trois experts de nous en livrer les clefs : Stéphanie Savel, associée à ASG Conseil (Déléguer, voyage au coeur de la délégation, Editions d'organisation, 2000, et La Contributivité, une nouvelle façon d'aborder l'efficacité des cadres et des managers, Village mondial, 2001) ; Bruno Savoyat, consultant (Les Secrets de l'efficacité, Maxima) ; et Bruno de Courrèges, coach, président de Sustainable.
Pour quoi faire ?
Selon Stéphanie Savel : « 1. La délégation permet au manager de se dégager du quotidien pour se consacrer aux activités sur lesquelles il a le plus de valeur ajoutée à apporter. 2. Elle lui permet aussi de déceler les capacités de ses collaborateurs et de les amener à progresser. 3. Enfin, elle augmente l'efficacité collective : meilleure réactivité, partage des informations, emploi des énergies et du temps à bon escient... »
Comment faire ?
1. Bruno de Courrèges explique qu'il s'agit « de ne pas déléguer des tâches mais des résultats attendus. C'est ce qui fait qu'il y a réelle délégation et non pas transfert d'un travail d'exécution. 2. Pour Stéphanie Savel, « les mauvaises raisons qui poussent à déléguer sont classiques : trop-plein d'activités dont on se débarrasse, désintérêt pour telle ou telle tâche, crainte de prendre un risque en s'engageant, manque de temps, compétence et bonne volonté de quelques volontaires à qui échoit systématiquement de réaliser telle ou telle activité ». 3. Bruno de Courrèges met en garde :« Déléguer, c'est prendre un risque. Celui que les choses ne soient pas faites comme on les aurait faites soi-même. Pour déléguer il faut donc mettre ce risque sous contrôle. Cela suppose de permettre que le délégataire comprenne bien ce qui est attendu de lui, et de prévoir la manière dont on contrôlera son action et/ou ses résultats. 4. Ces deux conditions exigent du temps, souligne enfin Bruno de Courrèges : « Du temps pour permettre au collaborateur de " cadrer la demande ". Du temps pour effectuer un suivi du collaborateur, ou au moins une évaluation des résultats. Beaucoup de tentatives de délégation échouent du fait de l'urgence dans laquelle le passage de témoin est effectué. »
Les sept règles d'or
Bruno Savoyat nous livre sa propre synthèse. 1. Je délègue tout de suite, dès que la mission ou la tâche est identifiée. 2. J'identifie la bonne personne à qui déléguer une mission en fonction de ses compétences, de sa disponibilité et de son plan d'évolution professionnelle. 3. Je fournis des objectifs clairs, une échéance raisonnable précise, et toute l'information utile pour que le collaborateur réussisse sa mission. 4. J'informe le délégataire de son rôle (à choisir parmi les sept rôles habituels : proposer, exécuter, décider, contrôler, coordonner, conseiller, être en renfort). 5. Je m'assure qu'il a compris sa mission et lui demande éventuellement un plan d'action avant qu'il se lance dans la réalisation. 6. Je reste à disposition pour évaluer, informer, conseiller, superviser, coacher, et en fin de mission j'évalue l'action déléguée avec l'intéressé. 7. J'attribue le mérite de la réussite à mon collaborateur et j'assume la responsabilité et les critiques en cas d'échec.


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