Le premier budget de la nouvelle majorité, présenté ce 24 septembre, est sans appel : les prélèvements des salariés seront allégés d'une dizaine de milliards de francs, ceux des épargnants (souvent les mêmes, quoi que feigne de penser le gouvernement), alourdis d'une vingtaine !
Les revenus de l'épargne vont subir de plein fouet la hausse de 4,1 points de la CSG (le prélèvement libératoire passera de 20,6 à 25 %). Les revenus des contrats d'assurance-vie et du Plan d'épargne-logement seraient, eux, concernés par un prélèvement social de 2 % en plus de la CSG et du RDS, avec un supplément d'IR pour les très hauts revenus.
Tout en dégageant de nouvelles ressources pour limiter à 10 milliards le trou de la Sécu en 1998, les socialistes pensent ainsi avoir trouvé un meilleur équilibre entre taxation du travail et du capital. Mais, ce faisant, Lionel Jospin ne va-t-il pas refaire de la France un repoussoir pour l'épargne ? Les spécialistes sont incapables de répondre tant les régimes diffèrent selon les pays. L'impact des mesures socialistes sera surtout sévère pour les revenus versés sous forme de dividendes. Cumulé avec celui de l'ISF, l'alourdissement de la CSG ôtera presque tout avantage au régime fiscal des dividendes par rapport aux salaires.
Autre interrogation : le gouvernement a-t-il définitivement clos les débats sur la taxation de l'épargne ? On peut en douter. Près de la moitié de l'épargne liquide, celle dite populaire, reste défiscalisée. Le Livret A, le Livret Bleu et le Codevi seront toujours exonérés, avec un rendement net de 3,5 %, de même que le Livret Jeune et le Livret d'épargne populaire, qui offrent un rendement net de 4,75 %. Outre un manque à gagner de quelque 5 milliards de francs chaque année pour le budget, ce régime de faveur est-il économiquement et socialement justifié dans tous les cas ?
Des placements inégaux devant l'impôt
L'impact du relèvement de la CSG sur les revenus de l'épargne varie selon les placements. Pour l'ensemble des valeurs mobilières, l'impôt sur les plus-values grimpera de 20,9 à 25 % en 1998. Sur les performances des douze derniers mois, le rendement des sicav monétaires tomberait de 2,94 à 2,2 %, et celui des sicav obligataires de 7,44 à 5,58 %. Egalement pénalisée, l'assurance-vie : avec 7,5 % de CSG et 0,5 % de RDS, le rendement passerait de 6,3 % cette année à 5,8 % net. Pour les PEL et les CEL, les rendements nets descendront à 3,91 et 2,05 %.

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