Au coeur de Los Angeles, Cerritos, le plus grand hypermarché de l'automobile du monde. Vingt-trois concessionnaires côte à côte, soixante marques, dix mille voitures sur un parking de deux kilomètres de long à ciel ouvert. Premier marché des Etats-Unis, la Californie, avec près de 5 % des ventes mondiales de voitures, est le miroir de la troisième révolution automobile. Les deux premières, le fordisme et le toyotisme, avaient été imposées par les constructeurs.
Cette fois, c'est le consommateur qui mène le bal. A Cerritos comme partout en Californie, plusieurs tabous ont déjà été brisés. Celui du nationalisme des marques d'abord. Lorsque l'on se promène à travers la multitude des modèles exposés, on sourit au souvenir du combat d'arrière-garde pour la distribution sélective des concessionnaires de l'Hexagone. Si, au nom de l'intérêt collectif, à Tokyo on a la préférence japonaise, à Detroit la préférence américaine et à Paris la préférence européenne, ici on prend les marques comme elles viennent : pour les avantages qu'elles offrent et le plaisir qu'elles apportent. Un point c'est tout. Personne ne croit que c'est faire oeuvre utile pour l'Amérique que de préférer General Motors, depuis que ses usines ont licencié du personnel à tour de bras , souligne une Californienne. On a oublié que Nissan est japonais. A force de voir ses pubs chaque jour depuis quinze ans, tout le monde est persuadé que c'est une véritable marque américaine , renchérit un ado accro de télé.
A Cerritos, le dictateur, c'est le prix. Les voitures sont beaucoup moins chères qu'en Europe (résultat d'une TVA de 8,5 % au lieu de 20,3 % en France, mais surtout d'une concurrence acharnée).
L'acheteur peut comparer les tarifs immédiatement et repartir au volant de sa nouvelle voiture aussi vite qu'il est arrivé. Et ce jusqu'à minuit. A faire attendre le client, on a trop peur de le perdre. Grâce à l'importance des stocks, la voiture, quels que soient la marque, le modèle, la couleur ou les options, est disponible sur-le-champ. Le financement est instantané. On verse un dépôt avec sa carte de crédit et on part avec le véhicule et quatre ans de mensualités à verser. L'occasion est reprise tout de suite, et pour résoudre les complications tous rivalisent d'astuces : un vendeur se propose ainsi de ramener lui-même la voiture de l'acheteur à la société de location ; un autre fournit une navette qui convoie le client jusqu'à son lieu de travail en cas de pépin. Triturée par les besoins contradictoires du client, la segmentation classique à l'européenne, en quatre créneaux (bas de gamme, gamme moyenne basse, gamme moyenne haute et haut de gamme), a complètement explosé. Des modèles, il y en a dans tous les sens, de toutes les tailles et de toutes les formes, et cela traduit un bouleversement de la hiérarchie des valeurs de la consommation automobile. Des rangées entières de trucks, sortes de camionnettes à deux places avec un plateau à l'arrière, de toutes les tailles, de toutes les puissances et à tous les prix attendent un acquéreur. Ils ne seront jamais utilisés pour livrer quoi que ce soit. Le truck est le véhicule préféré des jeunes conducteurs. L'explication est toute simple. En version de base, il coûte moins de 50 000 francs. C'est un modèle à la fois branché et symbole de grands espaces, souvenir des temps où il était le véhicule favori des surfeurs. Il n'a que deux places, mais quelle importance quand on roule seul ? Et il permet d'embarquer toutes sortes de bagages pour les loisirs.
Dans la même lignée, le quatre-quatre, autre must aux Etats-Unis, s'adresse plutôt aux cadres bien installés dans l'existence.
Sécurité, espace et force. Posséder ce type de véhicule, c'est être fort, être bien dans son corps sans être agressif. Arnold Schwarzenegger ne descend plus faire ses courses à Beverly Hills qu'au volant d'un énorme Hummer, véhicule de la guerre du Golfe, considéré comme du dernier chic. En version luxe ou en version rustique, le quatre-quatre a complètement détrôné la voiture de sport. A discuter avec un acheteur de la solidité et de la simplicité brute d'une Jeep Wrangler, modèle dépouillé, sans confort, mais en tôle épaisse, on perçoit une nostalgie de la belle américaine. Alors que la voiture agressive est devenue le symbole négatif des années 80, où l'argent circulait vite, ce qui a plongé la Californie dans une récession de trois ans. Le quatre-quatre, c'est la porte ouverte vers la nature, le rustique simple. Et aussi la possibilité de s'amuser et de se distinguer à peu de frais. Même si l'acheteur n'utilise que deux fois par an les possibilités de sa voiture, il sait qu'il peut le faire et cela le fait rêver d'avoir à portée de roue un Ouest imaginaire , indique un vendeur de chez Nissan. Entre Santa Barbara et San Diego, une vingtaine de bureaux de design automobile prennent le pouls de ce marché libertaire, avec l'espoir d'y trouver une nouvelle jouvence pour leur industrie essoufflée. Les premiers à s'installer ont été les japonais.

Le patron de l'OM est décédé ce samedi à l'âge de 63 ans. Portrait d'un milliardaire qui n'a jamais réussi à emmener son club au sommet. Il lui aura même fait perdre plus de 200 millions d'euros.
1 milliard de dollars. C'est ce que l'App Store pourrait rapporter à Apple cette année. Mais ce pactole pourrait diminuer si des start-up comme Adwirl parvenaient à rendre gratuites certaines applications phares en y insérant de la pub. Interview de Sam Yu, le co-fondateur d'Adwhirl.
Filtrer et classer les emails selon les utilisateurs, mais aussi repérer un rendez-vous ou une action à faire et vous alerter en cas d'urgence, c'est ce que propose Kwaga grâce à un traitement linguistique. Enfin la solution pour ne plus être débordé?
Deux Tours de France se croiseront cette année à Monaco, en Andorre et en Suisse. Moins connu que la compétition cycliste, le "Tour de France des paradis fiscaux" a pour objectif de sensibiliser l'opinion publique aux dérives de la finance. Les explications de Jean Merckaert, à l'origine de la manifestation avec un collectif d'ONG.
La Confédération helvétique a signé des conventions fiscales avec plusieurs pays. Mais personne ne connaît réellement le contenu de ces textes. De quoi entretenir le flou sur la mort annoncée du secret bancaire suisse. Nos explications.
France Télécom a menacé d'arrêter ses investissements dans la fibre optique si l'Arcep maintenait sa décision d'autoriser plusieurs fibres par foyer. Décryptage avec Roland Montagne, responsable du pôle haut-débit au sein de l'Institut de l'audiovisuel et des Télécommunications en Europe.