idée reçue

« Dépenser plus dope le niveau scolaire »

Franck Dedieu -  01/09/2005  - L'Expansion 
 

Voire. Une étude de l'OCDE nie tout lien entre les sommes consacrées à l'éducation et les résultats des élèves.

La priorité donnée à l'éducation par un gouvernement s'apprécie traditionnellement à l'aune du critère de l'enveloppe budgétaire. Elèves, professeurs, syndicats et parents, tous réclament des « moyens », au nom de l'amélioration du niveau scolaire. Malheureusement, mettre le paquet sur un élève ne le conduit pas forcément au tableau d'honneur. « Les acquis scolaires n'augmentent pas directement avec le montant consacré à chaque écolier », explique Eric Charbonnier, analyste à la direction de l'éducation de l'OCDE.

Son étude sur le niveau en mathématiques des élèves de 6 à 15 ans dans 30 pays décerne le premier prix aux Finlandais, gratifiés d'un 11 sur 20. Pourtant, ce pays ne consacre à chacun que 54 373 dollars - dépenses publiques et privées confondues -, soit à peine l'enveloppe moyenne des pays de l'étude de l'OCDE. En deuxième position, la Corée du Sud obtient de bons résultats pour une dépense inférieure de 23 % (41 802 dollars). Et les petits Tchèques révèlent leur bosse des maths sans mobiliser les finances de leur pays (26 000 dollars par élève).

D'autres pays gâtent leurs élèves pour pas grand-chose... Cela est spectaculaire aux Etats-Unis (avec 79 716 dollars par tête), mais les notes se révèlent parmi les plus médiocres (le pays est 25e sur 30). Les Italiens et les Autrichiens ne font pas non plus des merveilles. En fait, peu de pays font concorder le niveau des acquis avec celui des dépenses. La France s'en sort plutôt honorablement (13e sur 30) pour des dépenses assez élevées (environ 20 % au-dessus de la moyenne). Si la Suisse obtient de meilleurs résultats, elle investit 30 % de plus par élève.

Voilà pour la distribution des prix. Reste à trouver la méthode qui rendrait les élèves à la fois bons et peu coûteux. « Malheureusement, l'étude sur la lecture effectuée en 2000 révèle peu ou prou les mêmes résultats et le même constat : il n'existe pas de martingale », avoue Eric Charbonnier. La preuve : deux types de système scolaire assez opposés sortent du lot, celui des Scandinaves et celui des Asiatiques. La méthode des Finlandais repose sur la souplesse : grâce à une organisation décentralisée, les professeurs entretiennent avec les élèves une relation de partenariat. En outre, contrairement aux Etats-Unis, le pays oriente très tard ses élèves vers des filières professionnelles, réputées consommatrices de crédits d'équipement. « Les maintenir dans l'enseignement général augmente le niveau moyen et réduit les coûts », explique Eric Charbonnier.

En Corée et au Japon, c'est très différent. La pédagogie en douceur des Scandinaves laisse place à la discipline et à la hiérarchie. Celles-ci assurent de bons résultats avec une moyenne de 36 élèves par classe, et donc avec peu de dépenses. Mais cette méthode, trop anxiogène, commence à être remise en question. Ces systèmes ont cependant une qualité : l'équité scolaire. « Les écarts de résultats entre les élèves, d'une part, et entre les établissements, d'autre part, sont faibles comparés à ce qui existe dans d'autres pays, en particulier aux Etats-Unis. Or cette relative égalité augmente la moyenne générale sans coût supplémentaire. » A méditer, avant la rentrée des 12,5 millions d'élèves répartis en France selon une carte scolaire très injuste.

Rapport entre le niveau en maths et le budget consacré à l'éducation La Finlande obtient les meilleurs résultats avec à peine l'enveloppe moyenne des 30 pays développés étudiés par l'OCDE. La pédagogie prime sur les moyens.
 
 
Envoyer par mail
 

Envoyez cette page par email en renseignant les champs suivants

Votre adresse email n'est pas correcte

*Tous les champs sont obligatoires

Suivre le sujet
 

Pour être alerté lors de prochaines publications sur le même sujet, veuillez saisir votre email dans le champs ci-dessous :

Citer dans votre blog
 
Déjà membre : vous pouvez commenter l'actualité en direct
Vous n'êtes pas membre, laissez votre commentaire, avec votre pseudo et email. Il apparaîtra après modération.
 
  • High Tech - 17h50 - L'Expansion.com

    Les films plus vite en DVD ou en VoD après leur sortie en salle

    Présenté comme une contrepartie à la loi contre le piratage, les films seront disponibles en vidéo à la demande (Vod) et en DVD quatre mois après leur sortie en salles contre six à sept mois et demi au minimum jusqu'ici.

  • Entreprises - 9h25 - L'Expansion.com

    La Société Générale annonce un petit retour aux bénéfices

    La Société Générale a annoncé que son résultat pour le second trimestre « devrait être légèrement bénéficiaire » après une perte nette de 278 millions d'euros au premier trimestre. Mais la crise est toujours là.

  • Entreprises - 5/7/2009 - L'Expansion.com

    Robert Louis-Dreyfus, heureux en affaires, malheureux en football

    Le patron de l'OM est décédé ce samedi à l'âge de 63 ans. Portrait d'un milliardaire qui n'a jamais réussi à emmener son club au sommet. Il lui aura même fait perdre plus de 200 millions d'euros.

  • Silicon Valley - 3/7/2009 - L'Expansion.com

    Adwhirl menace la rente d'Apple sur les applications iPhone

    1 milliard de dollars. C'est ce que l'App Store pourrait rapporter à Apple cette année. Mais ce pactole pourrait diminuer si des start-up comme Adwirl parvenaient à rendre gratuites certaines applications phares en y insérant de la pub. Interview de Sam Yu, le co-fondateur d'Adwhirl.

  • Start-up - 3/7/2009 - L'Expansion.com

    Kwaga met un assistant intelligent dans votre boite mail

    Filtrer et classer les emails selon les utilisateurs, mais aussi repérer un rendez-vous ou une action à faire et vous alerter en cas d'urgence, c'est ce que propose Kwaga grâce à un traitement linguistique. Enfin la solution pour ne plus être débordé?

  • Entreprises - 3/7/2009 - L'Expansion.com

    "Les paradis fiscaux, c'est le dopage de l'économie mondiale"

    Deux Tours de France se croiseront cette année à Monaco, en Andorre et en Suisse. Moins connu que la compétition cycliste, le "Tour de France des paradis fiscaux" a pour objectif de sensibiliser l'opinion publique aux dérives de la finance. Les explications de Jean Merckaert, à l'origine de la manifestation avec un collectif d'ONG.









publicite
librairie en ligne
L'annuaire du pouvoir 2008
 
fermer
 
Inscrivez-vous
Pourquoi devenir membre ?

Devenir membre de la communauté LExpansion.com vous permet d’accéder à un ensemble de services :

  • Commenter les articles en direct
  • Participer aux débats « Pour/contre » et proposer de nouveaux sujets
  • Recevoir, si vous le souhaitez, les newsletters : actu éco, conjoncture hebdo, high-tech ou carrière/management

C’est entièrement gratuit !

 
newsletters et alertes
 
inscrivez vous aux flux rss
 

Avec ces lecteurs:

Ou copiez le lien rss :

connexion
 

Votre adresse email n'est pas correcte

Envoyer par mail
 

Envoyez cette page par email en renseignant les champs suivants

Votre adresse email n'est pas correcte

*Tous les champs sont obligatoires