Microsoft lance le Zune mardi. Calqué sur l'iPod, ce baladeur doit s'imposer sur un marché dominé à 80% par Apple. Design, fonctions, accessoires et marketing : revue des forces en présence.
L'iPod compte un nouveau concurrent. Calqué sur le baladeur d'Apple, le Zune de embarque un disque dur de 30 Go capable de stocker environ 7000 chansons, vendu 250 dollars, tout comme l'iPod standard. Avec ce produit, Microsoft espère faire vaciller Apple, qui a vendu près de 70 millions d'iPod en cinq ans, lui rapportant 14 milliards de dollars. Commercialisé ce mardi, le Zune est pour l'instant réservé au marché américain. En Europe, il est attendu l'année prochaine, sans autre précision. Si Microsoft ne met pas encore à disposition de matériel de test en France, il est d'ores et déjà possible, grâce à diverses prises en main aux Etats-Unis, de comparer les deux produits.
Fonctions. Musique, photos, vidéo… l'iPod et le Zune disposent de nombreuses fonctions communes. Les deux baladeurs gèrent les listes de lecture, composées depuis un PC ou à la volée. L'iPod se distingue par des fonctions de gestion de contact, de calendrier et par ses jeux, dont le Zune est dépourvu. Le baladeur de Microsoft dispose lui d'une radio intégrée et de l'affichage RDS des stations et des morceaux diffusées (une option exorbitante de 55 euros sur l'iPod). Pour faire la différence, le Zune compte surtout sur sa fonction WiFi, que l'iPod n'a pas encore adoptée. Concrètement, deux utilisateurs de Zune peuvent s'échanger de la musique ou des photos dans un rayon de 10 mètres, ce qui ne prend qu'une poignée de secondes. Hélas, les chansons ne peuvent être lues que trois fois en trois jours ; après, il faut payer ou les supprimer. Autre déception, il n'est pas encore possible de dialoguer sans fil entre Zune et PC.
Design. Microsoft n'est pas allé chercher bien loin et reprend dans les grandes lignes le design de l'iPod. Y compris cet effet de bords coupants sur le dessus et arrondis au-dessous. Le baladeur d'Apple est toutefois plus fin et plus léger que celui de Microsoft (136 contre 158 grammes), comme en attestent divers comparatifs. Cela donne un objet légèrement plus imposant mais pas forcément disgracieux, comme on aurait pu le craindre. Revers de la médaille, le Zune dispose d'un écran plus grand (3 pouces), même s'il ne gagne pas en résolution. Au lancement, il sera disponible en trois modèles, les classiques blanc et noir et le plus surprenant marron, qui n'est pas sûr de trouver son public. Pour les couleurs plus chaudes, popularisées par les iPod mini puis nano, il faudra donc patienter.
Ergonomie et interface. La molette – désormais tactile – a notoirement contribué au succès de l'iPod. Copie presque conforme, le Zune adopte lui aussi la molette… en apparence. En effet, il ne s'agit que de quatre bêtes boutons (haut, bas, gauche, droite). Sur les côtés, deux boutons supplémentaires, retour et lecture/pause viennent compléter la panoplie de contrôles. Malgré cette légère déception, la navigation dans les menus inspirée là aussi sur celle de l'iPod s'avère agréable et surtout élégante, grâce à quelques effets de transition et à l'affichage en fond d'écran des pochettes d'albums. Aucune surprise non plus lors de la navigation dans les albums photos et les vidéos. Les utilisateurs d'iPod seront en terrain connu.
Logiciel et musique en ligne. Sur le modèle d'iPod, lié à iTunes, Zune forme un couple avec un logiciel… baptisé Zune. L'application permet d'écouter et de gérer de la musique, des photos et des vidéos, de composer des listes de lecture, de graver des albums. Zune donne aussi accès au Zune Marketplace et ses deux millions de chansons, contre trois millions sur iTunes. En revanche, la boutique en ligne ne ne connaît encore ni les films et les séries, ni les livres audio. Deux autres critiques. D'une part, Microsoft reprend le système de points bien compliqué de la Xbox 360. Si une chanson vaut environ 99 centimes, elle sera en fait vendue 79 points, les cartes de points étant vendues à partir de 5 dollars. Un système d'abonnement moins complexe à 14,99 dollars mensuels sera également proposé. D'autre part, les morceaux achetés ne pourront pas être lus sur un autre baladeur que le Zune, et le Zune ne pourra pas lire de chansons achetés sur Napster, Fnac ou Virgin. Une des caractéristiques de l'iPod que Microsoft aurait pu ne pas reprendre.
Accessoires. Le succès de l'iPod vient aussi de ses accessoires. On en compte plus de 3000, des simples enceintes jusqu'à la coûteuse intégration dans les voitures. Pour le Zune, Belkin, Altec Lansing, Vaja, Logitech et d'autres sont déjà de la partie. Des accessoires conçus pour l'iPod ont ainsi été adaptés au nouveau baladeur. Comme Apple, Microsoft vendra ses propres produits. Casques de remplacement, évidemment, mais aussi sacoche et télécommande.
Marketing. L'iPod bénéficie d'une image « cool » et branchée, ce qui n'est pas véritablement le principal atout des produits de Microsoft. Seulement, l'entrée de l'austère géant des logiciels dans les jeux vidéo, avec la Xbox, a prouvé qu'il pouvait s'adapter à un marché très dépendant des tendances. Pour se faire entendre, la communication sur le Zune misera donc sur le partage de musiques par WiFi, avec force référence aux réseaux sociaux. Depuis quelques jours, Microsoft fait du pied aux blogueurs américains pour qu'ils testent son nouveau baladeur. Une soirée de lancement vient d'être organisée à New York. Le Zune sera disponible dans environ 30.000 points de vente, tandis que 15.000 bornes interactives seront installées chez les vendeurs partenaires, tels que Best Buy. Reste une interrogation : le nouveau baladeur ne sera-t-il pas étouffé par la gamme complète d'Apple, allant du shuffle de 1 Go au modèle de 80 Go ? Selon une récente étude de NPD, Apple vend désormais plus d'iPod à mémoire flash qu'à disque dur.

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Peut être que Microsoft copie, mais Apple aussi. Il faut savoir que la technologie de molette tactile n'appartient pas du tout à Apple mais à Creative. C'est toujours le même bazard, et au final, Apple et Creative se sont arrangés pour stopper les frais, car chacun d'eux utilisait des brevets de l'autre etc...
Décidemment. on ne change pas une équipe qui gagne, pas vrai Bill ? On copie, on copie, on copie, on copie,on copie, et, en plus, on le fait mal....