Le numéro un de la recherche vidéo n'est ni Yahoo ni Google mais YouTube. Créé l'an dernier par des anciens de PayPal, le site joue la carte des réseaux sociaux. Parfois au mépris des droits d'auteur.
YouTube ne montre aucun respect pour ses aînés. A tout juste un an, et selon des données de HitWise, ce trouble-fête surclasse Yahoo et Google dans un domaine où les deux géants de l'Internet misent pourtant beaucoup : la recherche de vidéos. Chaque jour, les internautes viennent y regarder en moyenne 15 millions de séquences. La plupart publiques, allant d'extraits d'émissions de télévision aux parodies les plus loufoques. Quelques autres privées, protégées par mot de passe pour un usage restreint. Vendredi, le site créé par des anciens de PayPal est passé à la vitesse supérieure, concluant son premier accord commercial avec un éditeur de contenu, alléché par ce réservoir d'audience. Des séquences, tirées d'émissions et de séries de MTV2, la petite sœur de la chaîne musicale internationale, sont maintenant accessibles directement depuis la page d'accueil.
Cet accord intervient alors que YouTube, affublé parfois du surnom de "Napster de la vidéo", essuie les critiques répétées d'Hollywood qui l'accuse de se montrer trop peu soucieux du respect droit d'auteur. Contrairement à Google qui distingue vidéos amateur et commerciales, ou encore à l'iTunes Music Store qui vend les séquences 3 euros, tout est gratuit sur YouTube et parfois mis au téléchargement sauvagement par les internautes qui chargent eux-mêmes les vidéos. Mi-février, la chaîne américaine NBC a ainsi exigé que plusieurs centaines de vidéos tirées de ses programmes soient supprimées, dont un extrait du « Saturday Night Live » consulté plus de cinq millions de fois depuis décembre, drainant autant de visiteurs vers le site. YouTube s'est exécuté. Mais peine, malgré la mise en place de messages avertissements, à contrôler les 2000 vidéos mises en ligne quotidiennement. Ainsi trouve-t-on par exemple des publicités, des extraits des derniers JO ou des épisodes des Simpson… tous protégés.
Le succès de YouTube ne se résume toutefois pas à ces transgressions contestées du droit d'auteur. Comme FlickR l'a fait avec la photo, le site fédère une communauté grandissante d'internautes autour de la vidéo qui apportent, de-ci de-là, une réelle créativité. Les vidéos, chargées sans limite de taille et converties automatique en format Flash, sont notées, commentées et des classements des plus appréciées ou consultées établis. Les réalisateurs amateurs munis de leur caméra DV se rapprochent dans des groupes thématiques. Et les blogueurs qui raffolent de ce système pour leurs podcasts vidéo stimulent le bouche-à-oreille. Bref, YouTube s'érige en nouvelle réussite des réseaux sociaux sur Internet. A tel point que les publicitaires s'en mêlent. Nike a ainsi mis à disposition discrètement une séquence de jongles de Ronahldino consultée plusieurs millions de fois. Et Emi ou Warner n'hésitent plus à y mettre en ligne des clips pour faire la promotion de leurs artistes.

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