Cette start up française reconnue à l'international propose une façon différente d'aborder la recherche sur Internet en valorisant les pages web choisies comme signets par la communauté des utilisateurs. En un an 250.000 utilisateurs ont déjà été séduits.
Pascal Josselin, le volubile patron de Yoono, un nouvel outil de recherche sur Internet fonctionnant sur le mode collaboratif, n'en est pas encore revenu. L'entreprise, créée en 2005, vient de se voir décerner le prix de la start-up la plus innovante à l'issue de la Conférence Web 3 qui s'est tenue à Paris les 11 et 12 décembre. « Parmi 50 start-ups venant de 38 pays, et à raison de dix minutes chacun pour défendre son projet devant un jury américain réputé, oui, cela m'a surpris », avoue volontiers le président de Yoono. Pour lui, le fait d'être financé - Yoono vient de boucler une première levée de fonds de 1,7 million d'euros - et de posséder une vraie stratégie à l'international a vraisemblablement pesé dans la balance.
Mais la carte maîtresse de Yoono reste tout de même son moteur de recherche, distribué sous forme d'extension pour certains navigateurs. A savoir Firefox, le partenaire d'origine, qui classe d'ailleurs Yoono dans son palmarès des meilleures extensions. Et, depuis peu, Internet Explorer. Le moteur repose sur le partage des millions de favoris indexés par les adeptes de Yoono. Ces bookmarks sont analysés pour suggérer automatiquement des sites ayant un rapport avec ceux que sont visités par l'utilisateur. Autrement dit, Yoono considère toute adresse web qui s'affiche ou qui est tapée dans le navigateur comme une requête. Et renvoie une liste d'URL classées selon leur pertinence.
« Nous trouvons que les moteurs de recherche classiques sont complexes à utiliser pour le grand public dès lors qu'il souhaite trouver quelque chose de précis. A contrario, un seul mot-clé fait remonter tout et n'importe quoi », explique Pascal Josselin. La critique vise clairement le fonctionnement des grands moteurs comme Google fondé sur les mots-clés et surtout le « page rank ». Ce mode de classement des résultats valorise en effet le nombre de liens pointant vers chaque page. Or, selon Yoono, cela ne reflète pas forcément l'audience réelle. Le bookmark est censé mieux jouer ce rôle d'indicateur de la popularité et de la pertinence : plus la page est mise en signet par un nombre élevé d'internautes, plus elle sera conseillée. Seul bémol, l'efficacité des réponses dépend directement du nombre d'inscrits et du nombre d'URL en base. Or Yoono n'en est qu'à ses débuts. Cela dit, ça marche souvent, et c'est même terriblement pratique.
Une fois téléchargée l'extension (gratuite), vous retrouvez votre navigateur habituel mais avec un nouveau locataire : Yoono. Chaque fois que vous vous rendez sur un site, une liste de sites apparentés défile dans une barre d'outil horizontale ou s'affiche dans une fenêtre sur le côté. Outre ces nouvelles URL susceptibles de vous intéresser, Yoono vous propose le cas échéant une liste de blogs, articles ou podcasts remontés par ordre de fraîcheur.
Les utilisateurs de Yoono sont libres de partager ou non tout ou partie de leurs signets. Au niveau supérieur de la recommandation, il peuvent demander à apparaître comme « experts » ou Yoosers, dans le jargon maison. C'est à dire qu'ils proposent de partager une liste de liens sur un sujet donné. D'ici quelques mois, et à l'instar de la plupart des sites communautaires du Web 2.0, le système pourra d'ailleurs favoriser le regroupement d'utilisateurs par communautés de sujets, de compétences ou d'intérêts, pour ensuite faciliter l'échange d'informations et le dialogue. Le stockage des favoris, la sélection des flux RSS, les articles, photos ou vidéos ainsi conservés deviendront autant d'indices permettant in fine de cerner plus précisément l'utilisateur et son profil. Sur sa page, les nuages de tags auront remplacé l'énumération fastidieuse de contenus accessibles à la communauté.
L'ensemble du site et des services devraient sortir en version définitive pour la fin du premier semestre 2007. D'ici là, Pascal Josselin se déclare optimiste. « 3.000 internautes nous rejoignent chaque jour, et Yoono compte déjà 250.000 utilisateurs, dont 50% aux Etats-Unis », assure-t-il. Si cette tendance persiste, le cap des 500.000 inscrits sera franchi rapidement. Un seuil minimum que s'est fixé Pascal Josselin avant de partir convaincre des annonceurs. Car son modèle économique reposera sur la publicité : liens sponsorisés et bandeaux publicitaires. « Je veux que ces liens soient le plus contextuels possibles, et qu'ils soient parfaitement identifiés », insiste toutefois Pascal Josselin.

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