Le bénéfice est en forte hausse, grâce à l’entrée en Bourse d’Alibaba. Yahoo réaffirme que l’offre de Microsoft le « sous-évalue ». Steve Ballmer paiera ce qui est « raisonnable ».
Yahoo peut remercier les Chinois. Mardi soir, le groupe internet a fait état d’un bénéfice net de 542 millions d’euros au premier trimestre, contre 142 millions un an plus tôt, dont 401 millions proviennent de la plus-value dégagée lors de l'entrée en Bourse d'Alibaba, qu’il détenait à 40%. Le bénéfice par action hors exceptionnels est ressorti à 11 cents, stable par rapport à celui d'il y a un an, mais supérieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur 9 cents. « Ces résultats sont d'autant plus remarquables compte tenu de l'environnement économique et l'incertitude entourant l'offre de Microsoft », a estimé son PDG Jerry Yang lors d'une conférence devant des analystes.
Surtout, ils permettent à Yahoo d’affirmer à nouveau que l’offre de Microsoft le « sous-évalue ». « Notre conseil d'administration reste ouvert à toutes les alternatives, y compris une vente à Microsoft, » a déclaré Jerry Yang, mais « il n'acceptera pas un accord qui ne reconnaît pas la pleine valeur du groupe ». Lors d'une visite au Maroc mardi, le PDG de Microsoft Steve Ballmer a lui redit sa détermination à acquérir le groupe internet, déclarant que Microsoft « pense pouvoir accélérer sa stratégie en rachetant Yahoo et paiera ce qui est raisonnable ».
Yahoo a réussi pendant le trimestre a accroître son chiffre d'affaires de 9% à 1,81 milliard, avec un chiffre d'affaires hors TAC (commissions reversées aux sites partenaires) en hausse de 14,2% à 1,35 milliard, un peu supérieur au 1,32 milliard attendu par les marchés. Ces performances montrent cependant qu'il croît moins vite que le marché global de la publicité en ligne et perd donc des parts de marché, notamment face à Google dont les résultats s'envolent. Selon eMarketer, Google encaissera cette année 30,8% des dépenses publicitaires en ligne aux Etats-Unis, contre 14% pour Yahoo, 6,7% pour Microsoft et 5,8% pour AOL.
Autre point noir, Yahoo a aussi vu chuter de 28% son bénéfice opérationnel, à 121 millions, grevé par une forte hausse des coûts, dont une charge de 14 millions dues aux dépenses engagées pour résister à l'offre de Microsoft. Les résultats dévoilés par Yahoo ne donnent finalement pas de raison particulière à Microsoft de relever son offre, mais il pourrait finalement décider de le faire, selon des analystes. Le 5 avril, Microsoft a laissé trois semaines à la direction de Yahoo pour se décider, menaçant en cas de refus non seulement de s'adresser directement aux actionnaires, mais aussi de baisser le prix qu'il propose. Cet ultimatum expirera vendredi soir.
source AFP

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