Avec la virtualisation, le système d'exploitation n'est plus le coeur des ordinateurs. Le pourquoi et les conséquences de cette révolution avec Roger Klorese, responsable produit de l'éditeur libre XenSource, choisi comme partenaire par Microsoft.
Tout le monde informatique se lève pour la virtualisation : des fondeurs, comme AMD et Intel, jusqu'aux grands éditeurs comme Microsoft. Même les constructeurs, comme HP ou Sun, s'y convertissent alors que la technologie a pour effet pratique de remplacer de "vraies" machines par leur équivalent "virtuel". Le mouvement est encouragé par des groupes énergétiques commme PG&E, l'EDF californien, qui va distribuer des centaines de dollars pour chaque serveur physique qu'une entreprise retirera de son centre de données. Car c'est autant de consommation en moins. Le marché de la virtualisation pourrait passer de 560 millions de dollars aujourd'hui à près de 2 milliards dans trois ans, selon IDC. Il est aujourd'hui dominé par VMware (55% du marché total), une filiale du constructeur de stockage EMC. Face au leader, XenSource est un petit éditeur basé à Palo Alto, qui, avec une cinquantaine d'employés, commercialise une solution de virtualisation open source. La jeune pousse s'est même associée à Microsoft pour l'aider à développer sa technologie de virtualisation dans la prochaine version de Windows Serveur qui sortira vers la fin de l'année prochaine. Explications de Roger Klorese, le responsable produit chez XenSource.
La virtualisation a le vent en poupe. Pourquoi?
Il faut d'abord relativiser. Seulement 5% des serveurs dans le monde sont "virtualisés". Concrètement, ces serveurs disposent d'un logiciel spécialisé qui assure la fonction de virtualisation, ce que l'on appelle dans notre jargon l'hyperviseur, et qui permet de faire cohabiter plusieurs systèmes d'exploitations comme Windows, Linux et Unix, sur une même machine. Pour une entreprise, l'avantage est de réduire le nombre de serveurs dans son centre de données. Et donc par la même occasion, sa facture électrique et le coût d'administration de toutes ses machines rarement utilisées à plus de 20 ou 30% de leurs capacités. L'autre raison du succès de la virtualisation est le soutien apporté à cette technologie par toute l'industrie informatique, des fabricants de processeurs comme AMD ou Intel jusqu'aux éditeurs de logiciels et de systèmes d'exploitation, en passant par les constructeurs de serveurs. D'ailleurs, à moyen terme, tous les serveurs viendront équipés d'un hyperviseur.
L'hyperviseur remplacera-t-il alors Windows ou Linux?
En quelque sorte. Les clients ne choisiront plus un serveur en fonction de sa capacité à accueillir tel ou tel système d'exploitation mais en fonction de ses performances pures et de sa fiabilité. L'hyperviseur sera préinstallé sur le serveur, soit sur le disque de démarrage, soit directement dans une puce. A partir de ce moment, l'administrateur pourra installer les applications dont il a besoin, comme une base de données, un serveur de messagerie ou bien un serveur Web, indépendamment du système d'exploitation. En fait, dans quelques années, on se fichera de savoir quel est le système d'exploitation utilisé par l'application.
Se dirige-t-on alors vers un monde sans Windows?
Je ne crois pas. D'abord Windows sera toujours omniprésent sur le poste de travail. Ensuite, les programmeurs ont besoin d'un environnement pour exécuter leurs applications et Microsoft offre d'excellents outils de programmation. En revanche, les systèmes du futur seront plus simples et spécialisés. Par exemple, un serveur de messagerie n'a pas besoin d'offrir en même temps des capacités sonores, multimédia ou du graphisme 3D. Des fonctions inutiles qui ralentissent un serveur et contribuent à son instabilité.
XenSource est pourtant partenaire de Microsoft. Comment l'expliquez-vous?
Notre hyperviseur est déjà livré d'office avec la majorité des serveurs Linux. Notre accord avec Microsoft nous permet d'offrir à nos clients de faire tourner à la fois Linux et Windows sur un même serveur.
Comme VMware?
Nous avons aujourd'hui 80% des fonctionnalités de VMware, 20% de performance en plus mais pour un cinquième du prix. Sans oublier le fait que nous sommes open source et que tous les acteurs du monde de l'informatique contribuent à optimiser l'hyperviseur. Notre solution est parfaite pour une PME ou la division d'une grande entreprise. Aujourd'hui, déjà plus de 1500 entreprises testent notre nouvelle version, sortie en bêta il y a seulement quelques jours.
Et la virtualisation sur le poste de travail?
Cela arrive. VMware l'a montré avec son offre Virtual Desktop Infrastructure: l'utilisateur se connecte à son poste de travail virtuel stocké sur un serveur. Le premier avantage est que plus rien n'est stocké sur le portable ou le PC de l'utilisateur, éliminant les risques de fuite d'information dans le cas d'un vol ou de pertes de la machine. L'autre avantage de cette solution est de configurer le poste de travail avec ses applications spécifiques. Ce qui n'était pas toujours possible avec une solution comme Citrix. Nous aurons un tel produit dans le courant de l'année prochaine.

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Pour info seul les OS mac ne peuvent etre virtualisé alors que les défenseur des mac arrete de prétendre être les meilleurs car ils le sont uniquement dans leur bulle en forme de pomme. Ils sont plus propriétaires que la plupart des entreprises du monde entier. Il suffit de rajouter la pomme sur un article pour que sont prix double ce qui n'est le cas ni avec windows ni avec linux
Ici, ils parlent de serveurs, pas de postes de travail !! Et même si j'écris ces lignes sur un iMac, il me semble que le meilleur système d'exploitation sur serveur n'est pas apple OSX (et loin de là il parait). Ca devient agaçant ces MacUser pret à défendre bec et ongles Apple. Il y a du bon ailleur.
Qu'est ce donc que l'hyperserveur si ce n'est un systeme d'exploitation simplifié ? Une sous-couche arbitrant entre divers clients (à savoir les autres OS)... Un OS est de plus beaucoup plus qu'un 'simple' noyau assurant la coordination des process et des espaces mémoires... Bill, Linus, Steve et les autres ont donc encore un peu le temps de voir venir... Cela etant la virtualisation est extremement interessante et pleine d'avantages mais, comme toujours, attention aux vendeurs de mirages...
C'est drôle comme certains supports, prétendus d'information, continuent a faire mine d'ignorer ce qui est, que vous le vouliez ou non, le meilleur système d'exploitation... Mac OS X. Heureusement on ne vous a pas attendu pour choisir Apple. Et la virtualisation sur un Macintosh, ça marche aussi, et bien mieux, comme tout le reste. C'est d'ailleurs la virtualisation qui fait tomber le dernier tout petit argument contre le Mac ! Maintenant, si vraiment on est obligé, on peu de temps en temps faire tourner une application windows sur un Mac, sans les virus et sans les crash... Si vous vous obstinez a ne pas parler du monde réel, le monde réel, finira par vous ignorer...