Malgré un imposant programme de rachat d'actions et un exercice 2004-2005 plus que satisfaisant, l'action du n°1 mondial a chuté à la bourse de Londres. Avec un marché saturé et hyper-concurrentiel, les opérateurs doivent trouver des nouveaux relais de croissance.
A priori, tout va bien pour Vodafone. Le premier opérateur mondial de téléphonie mobile, qui présentait ses résultats pour l’exercice clos fin mars, a annoncé un bénéfice avant impôt en hausse de 7% (13 milliards d’euros) pour un chiffre d’affaires de 34 milliards d’euros, en hausse de 2%. Soit une progression supérieure à la prévision moyenne du marché. Le géant britannique, dont la perte nette a baissé de 16 % (11 millions d'euos), envisage de racheter ses propres actions pour un montant de 4,5 milliards d’euros. De plus, sa base d'abonnés a augmenté de 16 millions pour atteindre 154 millions au total. Malgré ces bonnes nouvelles, le titre du groupe perdait 3,98% à la bourse de Londres.
Son PDG Arun Sarin n’a cependant pas caché les difficultés à venir. « Nous vivons dans un monde difficile » indique-t-il dans un communiqué. « Dans le monde entier on assiste une compétition plus grande, tant de la part des concurrents dotés de leur propres réseaux, que des opérateurs de téléphonie virtuelle ». Conséquence, l'opérateur prévient que sa marge brute d'exploitation sera au mieux stable cette année, voire qu'elle pourrait perdre jusqu'à 1 point.
Les propos d’Arun Sarin sont à mettre en rapport avec la quasi-maturité du marché de la téléphonie mobile. Après les croissances à deux chiffres des années 90, le marché s’est nettement ralenti dans la plupart des pays développés. Au Japon, par exemple, « le marché du mobile a atteint ses limites », indique Masao Nakamura, directeur exécutif du plus grand opérateur japonais de téléphonie mobile, NTT DoCoMo. Selon une étude de Merril Lynch, plusieurs pays sont même arrivés à saturation. Pays-Bas, Grande-Bretagne, Suède affichent des taux de pénétration du mobile supérieur à 100%. L’Italie arrive en tête avec 110%.
La question des relais de croissance se pose donc avec acuité. Plusieurs opérateurs misent sur de nouveaux services, tel que les MMS (multimedia message system) ou encore la musique ou la vidéo. Le groupe britannique compte notamment sur la 3G lancée à la fin de l'année dernière. Avec 2,4 millions de clients UMTS, le groupe s'estime en route pour réaliser son objectif de 10 millions d'abonnés en mars 2006. Mais la troisième génération ne sera pas forcément suffisante. C'est du moins l'avis du Japonais NTT DoCoMo, qui compte déjà 11,5 millions d'adeptes de la 3G et 44 millions d'abonnés à l'i-Mode. Malgré ces points forts, son chiffre d'affaires a baissé de 4% lors du dernier exercice. D'où la volonté affichée de s'orienter vers des activités complètement nouvelles comme les services financiers. Après avoir inauguré des services de porte-monnaie électronique et d'autres fonctions (tickets de transport électroniques, etc.), NTT DoCoMo a pris en avril 34% du capital de la filiale carte de crédit du groupe bancaire Sumitomo Mitsui Financial. En développant un nouveau système permettant aux abonnés de payer par carte bancaire avec leur téléphone portable, le Japonais vise donc un nouveau métier et un nouveau pactole : celui des commissions perçues sur les transactions.

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