Créée en 2003, la start-up co-fondée par Rafi Haladjian en est déjà à sa deuxième génération de lapins communicants, baptisés Nabaztag. Ses atouts ? Reconnaissance et synthèse vocale, wi-fi et RFID...
Les cyberlapins envahissent notre quotidien! Profitant de la miniaturisation des composants électroniques et des réseaux sans fil, une jeune entreprise tente de démontrer que des objets peuvent remplacer ou du moins relayer dans bien des cas l'ordinateur. Depuis plusieurs années, cette idée obsède Rafi Haladjian, le co-fondateur, dirigeant de Violet et ex-patron d'Ozone, racheté il y a quelques mois par Neuf Cegetel. En 2003, Olivier Mével et lui sortent de la première période Internet. Ils en sont convaincus, l'avenir consistera à connecter n'importe quel type d'objet au réseau. Cette année-là, ils fondent la société et créent dans la foulée le premier lapin communicant, le Nabaztag.
« Nous voulions commencer avec un produit emblématique et faire, en quelque sorte, une démonstration par l'absurde : si nous pouvions connecter un lapin à Internet en permettant à ses propriétaires de dialoguer avec lui, alors nous serions en mesure de connecter n'importe quel objet au réseau », explique Rafi Haladjian. Le premier modèle est commercialisé en juin 2005. Succès immédiat. Les 5000 exemplaires livrés s'envolent en une dizaine de jours.
« On s'est alors rendu compte qu'il se passait quelque chose », se souvient le père spirituel du lapin Nabaztag 1ère génération. La bestiole aux grandes oreilles mobiles sait déjà parler et « mettre en lumières » pas mal de choses : flash d'infos, météo, bourse, état du trafic routier, lecture de flux RSS... Mais quelque chose gène Rafi Haladjian : il faut passer par une page Web pour pouvoir programmer le lapin, d'où une dépendance à l'ordinateur contraire aux principes de base de cette aventure. « Il fallait trouver un moyen d'interagir davantage avec l'objet, et de façon plus intuitive », ajoute le patron de cette jeune pousse.
La deuxième génération de lapins, baptisée Nabaztag/tag, débarque en décembre 2006. Elle possède une commande vocale. Désormais, le lapin obéit au doigt et à l'œil, ou presque : « Si je veux connaître le temps qu'il va faire aujourd'hui, je lui dis "Donne-moi la météo'' et il me l'indique. Si je lui dis France Info, il se connecte de lui-même à la station », poursuit Rafi Haladjian.
Certes, à peine sorti de son emballage, l'animal ne brille pas par son intelligence. Son apprentissage se fait progressivement, au fur et à mesure des fonctionnalités ajoutées en ligne et qui viennent s'intégrer automatiquement à l'animal. Reste qu'il faudra encore passer par le site Web pour profiter de tout un annuaire de services et enrichir ainsi les interventions du lapin. Exemple : une connexion à LCI toutes les 20 minutes ou toutes les deux heures, la lecture d'un podcast téléchargé sur iTunes ou celle d'un blog favori, la réception de messages parlés ou musicaux via le Web ou l'émission de messages vocaux.
Mais ce n'est pas tout. Cette nouvelle génération est désormais apte à lire les étiquettes RFID. Il suffit alors d'acheter un stock d'étiquettes vierges, de les coder, puis de les coller ensuite sur un trousseau de clés, un mug ou une boîte de comprimés, et de paramétrer le Nabaztag/tag. L'animal, désormais à l'affût de vos moindres faits et gestes, enverra de lui-même un email ou un SMS à votre conjoint le prévenant de votre arrivée, vous rappellera que c'est le septième café que vous buvez depuis ce matin ou vous avertira - pourquoi pas en chantant - de l'heure à laquelle vous devez prendre vos médicaments ! Pour l'heure, et eu égard à la modeste pénétration des tags RFID, une grande partie de ces applications sont encore à venir.
Ils sont quelque 160.000 aficionados - 90.000 en France - à avoir craqué pour le lapin facétieux. Le dernier né est proposé au prix de 135 euros, auquel s'ajoute un abonnement de 5 euros/mois si l'on choisit de faire appel à l'annuaire des services. L'option est tout de même choisie par près de 30% de la clientèle. Si la grande majorité d'entre eux est plutôt jeune (25/35 ans), 60% sont des utilisatrices. Pour Rafi Haladjian : « Les femmes y voient une autre forme de technologie, plus douce que le design proposé par les équipementiers habituels ». Une chose est sûre, à voir les blogs et autres vidéos qui lui sont consacrés, l'affectif entourant ce robot mérite d'être souligné.
Le lapin constitue aujourd'hui l'essentiel du chiffre d'affaires de Violet. Outre la version ouverte, où les utilisateurs créent leurs propres applications, l'entreprise passe également des accords avec des filières professionnelles. Ainsi, un éditeur français de livres pour enfants proposera pour les fêtes de Noël plusieurs ouvrages équipés d'un tag RFID qu'il suffira de montrer au lapin pour que celui-ci entame leur lecture.

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