Une start-up française lance une solution de filtrage des contenus sur Internet qui analyse les pages une par une. Une étude juge les performances des logiciels proposées gratuitement par les FAI globalement insuffisantes.
Face à la horde de logiciels de contrôle parental déjà sur le marché, une start-up française cherche à se faire entendre. Plus d'un an après avoir présenté sa technologie, qu'elle espère toujours vendre aux FAI et aux opérateurs mobiles, Adamentium lance son logiciel de filtrage de l'Internet pour les familles, présenté comme l'un des plus fiables du marché. Proposé 15 euros pour une année, LiveMark Family abandonne le principe des « liste noires », ces vaste bases de données regroupant les adresses de pages pornographiques, racistes ou violentes. « Ces listes impliquent de fréquentes mises à jour et il n'y a aucun espoir d'exhaustivité », justifie Thomas Fraisse, cofondateur d'Adamentium. De même, LiveMark Family n'a pas recours à la simple interdiction selon des mots-clés, qui peut entraîner le blocage de pages d'histoire sur le nazisme ou d'éducation sexuelle pour adolescents.
« Le logiciel fonctionne selon le principe de l'apprentissage », explique Thomas Fraisse. « Nous avons constitué des bases représentatives des pages interdites dans plusieurs langues et établi 80 critères permettant de les détecter », comprenant la fréquence de mots, la syntaxe, la sémantique, le nombre de balises dans la page, d'images et de textes. Résultat, « un moteur d'intelligence artificielle prend la décision du filtrage » selon un indice de confiance. La précision atteinte serait de 99,9%, contre 70% pour les meilleurs logiciels traditionnels. Cependant, le système a ses faiblesses. « Il est encore impossible de reconnaître des postures sur des images », concède Thomas Fraisse. Et quand bien même, comment assurer que le nu d'un artiste ne se retrouve pas assimilé à une image pornographique ? Pour affiner son jugement, le logiciel procède alors à des analyses contextuelles et fouille les autres pages du site. Cependant, au final, rien n'indique qu'une image douteuse sur un blog banal sera bloquée.
« Le logiciel ne va pas résoudre le problème de la pornographique sur Internet mais sert d'outil d'apprentissage pour les parents », avance Thomas Fraisse. Aussi se veut-il discret, à l'inverse de la plupart des systèmes proposées par les fournisseurs d'accès à Internet, qu'ils sont contraints d'offrir aux parents depuis 2005. Ces derniers étaient ainsi jugés en juin dernier « moyens », voire « mauvais », selon le premier classement établi par E-enfance, en collaboration avec le ministère de la famille. Seuls AOL et Orange, sortaient du lot. D'où l'optimisme affiché par Adamentium, qui compte signer avec des partenaires industriels en 2007 et faire avancer l'accord-cadre conclut avec l'éducation nationale. La société créée à l'Ecole des Mines d'Alès prévoit l'an prochain de passer de 9 à 30 salariés pour un chiffre d'affaires de 2 millions d'euros. Mais la concurrence s'active. Deux logiciels fonctionnant sur de l'analyse dynamique sont entrés sur le marché. Tandis que les spécialistes de la sécurité comme McAfee, Trend Micro ou F-Secure affinent leurs solutions.

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