La mobilisation de la blogosphère n’a pas fait sourciller la justice. Dans un billet laconique, Eric Dupin, animateur du blog Presse-Citron, annonce la condamnation de Fuzz. Ce « digg-like », qui agrège les actualités d’une large variété de sources, était attaqué pour atteinte à la vie privée par Olivier Martinez, pour avoir relayé une rumeur sur les amours de l’acteur. « Je n'aime pas employer des formules trop grandiloquentes mais je crois quand même que ce jeudi 27 mars 2008 restera comme une journée noire pour le web français », écrit aujourd'hui Eric Dupin, qui prévoit de revenir sur ce verdict dans un prochain billet.
L’acteur demandait le retrait du lien sous astreinte de 5000 euros par jour de retard, 30.000 euros de dommages et intérêts et 4500 euros pour frais de procédure civile. Fuzz a finalement été condamné à verser 1000 euros de dommages et intérêts et 1500 euros pour frais de procédure. « Très satisfait de cette ordonnance qui fait droit au respect de la vie privée, quel que soit le type de support », l'avocat de la partie adverse, Me Emmanuel Asmar, assure que cette décision « fait jurisprudence ». Selon lui, tous les sites internet devront dorénavant être considérés non plus comme de simples hébergeurs, mais comme des éditeurs, responsables de leurs contenus.
Jeudi, le juge des référés Philippe Jean-Draeher a en effet considéré qu' « en renvoyant au site celebrites-stars.blogspot.com », qui publiait un article sur la relation d’Olivier Martinez avec la chanteuse Kylie Minogue, « fuzz.fr avait opéré un choix éditorial ». Pour le tribunal, « l'acte de publication doit être compris non pas comme un simple acte matériel, mais comme la volonté de mettre le public en contact avec des messages de son choix ». Fuzz.fr « doit donc être considéré comme un éditeur de service de communication au public en ligne », responsable du contenu qu'il publie.
Pour Eric Dupin et son avocat, Me Gérald Sadde, qui envisagent de porter l'affaire devant les juges du fond, cette décision va avoir un impact considérable sur le web 2.0. Dépité, le blogueur a décidé de jeter l'éponge. « C'est trop risqué. Comme je ne peux vérifier les liens un à un, je ferme le site et vais réfléchir à une autre formule ». Son avocat se dit « atterré », son client n'ayant « aucune maîtrise éditoriale sur les informations postées » par les internautes: « C'est comme si on condamnait le kiosquier du coin parce qu'il expose les unes des magazines people au public. C'est aller très loin dans la responsabilité ».
Pour Me Olivier Iteanu, avocat spécialisé dans les technologies de l'information, la décision rendue jeudi est « très intéressante » : « C'est un épisode de plus dans la détermination précise entre prestataire technique et éditeur », une difficulté « récurrente depuis dix ans ». « Avec le web 2.0, tout le monde publie, tout le monde édite, ce qui rend les frontières de plus en plus ténues », ajoute-t-il, relevant une évolution défavorable aux internautes.

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Le droit avance, il faut peut-être en faire autant ;) Quelle sera la première plateforme de blogging à proposer GRATUITEMENT un outil de veille et d'alertes paramétrable pour nous prémunir des caprices, des envies, des humeurs, des coups de sang et des errements d'un journaliste, d'un éditeur ou d'un pimpin quelconque ?
Rien ne justifie de publier n'importe quoi, n'importe comment sur n'importe qui. La loi française est une des plus respectueuse de la sphère privée, soyons en fiers. La formule sur internet n'est pas facile à trouver. Mais ne peut-on pas? 1) mettre un bandeau informant que le site n'est pas modéré et que les articles sont de la responsabilité des auteurs, 2) avoir un bouton "signalez un contenu abusif" 3) une obligation pour le responsable du site de réagir dans les 4 heures, 4) Un organisme de régulation qui peut interdire les adresses des sites qui ne respectent pas la loi par un système qui passent par les fournisseurs d'accès autorisés. Oui, il y a une restriction des contenus disponibles, oui il y aura des sites qui changeront d'adresses pour biaiser le système. Mais, il existe aussi des journaux anonymes... Aucun système n'est parfait. J'ai vécu pendant 3 ans, il y a vingt ans, dans une micro-société où il paraissait un journal (étudiant) où on pouvait écrire n'importe quoi sans signer. Résultat = un groupe de 3 personnes qui utilisaient des méthodes de diffamation violente, censurait une majorité qui ne prenait plus le risque de s'exprimer.
La Censure !!! Faudra reviser vos cours de semantique, et utiliser du vocabulaire approprié ... Allez faire un tour en Chine, et vous apprecierez à sa juste valeur notre civilisation... Le Web n'est pas toujours synonyme d'honneté , de probité, et d'informations !! De tous cotés ... Revisez Beaumarchais !!!
Si Philippe Jean-Draeher était tant soit peu familiarisé avec internet, il ne porterait pas un jugement aussi injuste.
Ce qui est surtout inquietant c'est que cette decision va encourager les sites web a s'enregistrer a l'etranger. Les emplois et les centres de decision quitteront la France et bien malin a Monsieur Martinez s'il arrive a faire condamner de tels sites. Quand on est une personnalite publique et que l'on s'affiche dans les medias, il faut en supporter les inconvenients, la fameuse rancon de la gloire que chantait si bien Brassens.
on n'aime toujours pas Olivier Martinez
une raison de plus pour partir en Belgique ou en Angleterre. Là, au moins, il n'y a pas "encore" de censure.
Alors, on a toujours peur de ce que l'on ne peut contrôler... Et un pas vers la censure