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Triste Noël pour les éditeurs de jeux vidéo

Benjamin Ferran -  21/12/2005 16:21:00  - L'Expansion.com 
 
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Electronic Arts lance un avertissement sur ses résultats, suite à des ventes de Noël décevantes. Le marché du jeu vidéo souffre du manque de "blockbusters" et de la pénurie de Xbox 360. Les éditeurs tentent de se rattraper sur leurs nouvelles activités mobiles.

Les éditeurs comptaient sur Microsoft pour s'assurer un Noël de rêve. Las, ils affrontent sûrement l'un des pires trimestre de fin d'année depuis dix ans. Lundi, le numéro un mondial Electronic Arts, baromètre du secteur, a lancé un avertissement sur ses résultats. « Les ventes de fin d'année n'atteignent pas nos attentes », a déclaré le directeur général du groupe américain, Larry Probst. Lors d'une conférence téléphonique, son directeur financier a indiqué que le chiffre d'affaires sur ce troisième trimestre pourrait inférieur d'environ 16% aux prévisions, fixées initialement entre 3,25 et 3,4 milliards de dollars. EA reconnaît que les résultats de ses nouveautés, comme Bon baisers de Russie, SSX On Tour et Battlefiled 2, sont décevants, et que le report de l'adaptation vidéoludique de la trilogie du Parrain n'arrange rien. Mais l'éditeur fait bien comprendre que le malaise s'étend au-delà de son seul sort. « Pour le trimestre clos en décembre, il est probable que le secteur connaîtra une contraction à deux chiffres en pourcentage », prévoit Larry Probst. Selon les chiffres de NPD communiqués la semaine dernière, pour le seul marché américain, les ventes du secteur seraient passées en novembre de 850 millions de dollars l'an dernier à 700 millions de dollars cette année. Pas étonnant qu'Activision, numéro deux mondial du jeu vidéo, ait lui aussi lancé la semaine dernière un avertissement sur ses résultats. Conséquence, les actions des français Infogrames Entertainment et Ubisoft chutaient mercredi, respectivement de -2,14 et 3,53% à 16h50.

Deux explications peuvent être avancées. D'une part, le manque de nouveautés marquante pour la période des fêtes, qui représente habituellement moitié des revenus des éditeurs. L'an dernier, les joueurs s'étaient jetés sur Halo 2 (Xbox) et GTA : San Andreas (PS2). Rien de tout cela ce Noël. En France, le titre le plus vendu s'appelle Nintendogs, une simulation de chien pour la console portable Nintendo DS. D'autre part, le lancement chaotique de la Xbox 360 a ouvert une transition douloureuse vers les consoles de nouvelle génération. Car pour 5 millions de joueurs qui espéraient acheter la dernière-née de Microsoft, seuls 10% pourront réellement l'acheter jusqu'aux fêtes. Les autres, les déçus, préférant reporter leurs achats dans le temps plutôt que d'enrichir la ludothèque de leur ancienne console. Quitte à patienter jusqu'à la sortie de la PlayStation 3 ou de la Nintendo Revolution. Et ce sont ainsi les ventes de jeux d'actuelle génération qui en pâtissent. « Il n'y a pas à attendre de renversement de tendance », estime Warren C. Jenson, directeur financier d'EA. Bref, la situation n'est pas près de s'arranger, d'autant que la pénurie de Xbox 360 est loin d'être résorbée. « La reprise pourrait prendre deux ans et non pas 12 mois. Il n'y aura probablement pas de PS3 en volumes importants pour Noël 2006 », explique déjà à Reuters PJ McNealy, analyste chez American Technology Research.


 
Les mobile, nouvel eldorado du jeu vidéo
Les éditeurs espèrent compenser la baisse des ventes de jeux vidéo pour consoles par leur entrée sur un nouveau marché : le divertissement sur téléphone portable. Si les jeux pour mobiles sont vendus moins chers, ils sont aussi moins coûteux à développer. Gameloft, division mobile d'Ubisoft, en a vendu presque autant cette année que sa maison-mère a vendu de jeux pour consoles. Longtemps domaine réservé aux éditeurs indépendants, comme I-Play et In-Fusio, le jeu sur téléphone portable attire dorénavant les grands groupes. Sur les pas d'Ubisoft, Electronic Arts a racheté mi-décembre l'éditeur Jamdat pour 680 millions de dollars. Mercredi, c'est Vivendi Universal qui a signé son entrée minoritaire dans le capital de l'allemand Net Mobile, fournisseur d'applications et de jeux pour téléphones portables.

 
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