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Téléphonie mobile : le piège des numéros illimités

Benjamin Ferran -  10/07/2007 15:00:00  - L'Expansion.com 
 
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L'UFC-Que Choisir publie un rapport sur les "mythes et réalités" du mobile. Pourtant condamnés pour entente, les opérateurs arrivent toujours à maintenir leurs parts de marché grâce à une série d'astuces, dont les numéros illimités. Décryptage.

L'offre paraît attrayante. Sans supplément de prix, Orange et SFR proposent depuis deux ans maintenant, sur la plupart de leurs forfaits, des appels illimités vers trois numéros préférés. La seule condition : que ces contacts soient sur le réseau de l'opérateur. Anodin en apparence, voire entièrement au bénéfice de l'abonné, le procédé est en fait une redoutable arme pour geler la concurrence et, in fine, bloquer toute baisse de prix, estime l'UFC-Que Choisir, qui publiait mardi matin un rapport sur les « mythes et réalités » de la téléphonie mobile.

L'explication tient en trois temps. D'abord, à l'abonnement. Avec 45 et 35% du marché, Orange et SFR ont assez d'abonnés pour justifier une telle offre. Ces clients disposent d'un fort pouvoir de recommandation et peuvent constituer autour d'eux une tribu, fidèle à l'opérateur. Ce qui n'est pas le cas des concurrents. Bouygues Telecom se rattrape avec le forfait illimité Neo, qui fonctionne le soir vers tous les opérateurs. Chez les MVNO, dont le parc est très faible, l'illimité a beaucoup moins d'intérêt. Ensuite, à l'utilisation, les appels entre abonnés ne coûtent pratiquement rien à Orange et SFR puisqu'ils ne doivent pas payer de terminaison d'appel à un concurrent. Enfin, même si les clients ne sont plus liés par un engagement de 12 ou 24 mois, le coût d'opportunité d'un changement d'opérateur est très élevé : ils doivent soit renoncer à leurs appels illimités, soit convaincre leurs amis de changer en même temps. Un casse-tête.

Après la subvention des terminaux, les durées d'engagement excessives ou les tarifs  « repoussoirs » des offres prépayées, ces numéros illimités s'ajoutent à une série d'astuces des opérateurs pour garder leurs abonnés captifs. Résultat, même si une offre plus avantageuse apparaît entre temps, le consommateur est bloqué dans une « prison dorée », estime Edouard Barreiro, chargé de mission à l'UFC-Que Choisir. « La fidélité du consommateur au forfait est de six ans en France, ce qui est assez colossal », précise-t-il. « Verrouillé », le marché français du mobile est alors « inefficace », puisque la concurrence est impossible. « C'est un demi-échec pour nous », reconnaît Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir. Depuis la condamnation des opérateurs pour entente, « les effets de cette entente n'ont pas été supprimés », ajoute-t-il. Si bien qu'ils continuent de réaliser des « marges anormalement élevées ».

En mars, pourtant, l'Association française des opérateurs mobiles (AFOM) avait tiré un bilan plutôt flatteur des baisses de prix et de sa contribution à l'économie française. Pour l'UFC-Que choisir, très critique, ce bilan doit être sérieusement nuancé. La multiplication des offres illimitées, par exemple, biaise les calculs des tarifs moyens de la minute de communication dans les forfaits. « Le revenu moyen par minute et le trafic voix n'évoluent pas dans les mêmes proportions », explique Edouard Barreiro. Or, pendant ce temps, « les économies d'échelle ont été très importantes et n'ont pas été entièrement répercutées ». De même, le marché du SMS est un des moins dynamiques d'Europe, avec des prix unitaires qui n'ont pas varié depuis 1999, selon l'association de consommateurs. En outre, les opérateurs mobiles français ne sont finalement pas des champions européens, au regard de leur poids dans l'économie.

Pour rectifier le tir, l'UFC-Que choisir émet donc une série de recommandations. A commencer par une baisse drastique des terminaisons d'appels non seulement entre le fixe et le mobile, mais aussi entre deux mobiles. Le bon tarif serait autour d'un centime. Les trois opérateurs doivent aussi revoir leurs tarifs de gros pour les MVNO, en les fixant selon leurs coûts et pas selon le prix de détail auquel est soustrait une remise. Ils doivent aussi baisser le prix du SMS, réduire systématiquement les clauses à douze mois et proposer des offres plus transparentes. Enfin, le gouvernement doit adapter les conditions d'achat de la quatrième licence 3G. Du côté de l'AFOM, on se montre plutôt conciliant. Un colloque sur les différentes méthodes pour comparer les tarifs de téléphonie mobile d'un pays à l'autre sera organisé à Paris fin 2007. Et l'UFC-Que choisir y sera invitée.

 
Commentaires - (2)
eschyle49 10/7/2007 Recommander 1

Nos opérateurs ont oublié deux facteurs: 1°) Il existe des appareils tenant dans une poche de veston: les combinés PDA-GPS-appareil photo, avec bluetooth et wi-fi. On charge Skype et si l'on se trouve à proximité d'une borne wi-fi, bientôt wimax, l'on télé- phone gratis dans le monde entier , via internet. En plus, le procédé no-ink, en cours de développement, permet d'imprimer ses photos, toujours avec le même appareil tenant dans la poche. 2°) L'obsession historique d'O- range, SFR et Bouygues est de maintenir, voire de développer le budget mensuel moyen de chaque abonné:untel a le RMI, il doit avoir une addiction pour affecter obligatoirement 30 ou 50 € de mobile par mois. En Inde, soit 1,1 milliard d'ha- bitants,les opérateurs ont un seul mot d'ordre: le volume.Pour couvrir tout le pays, ils ont donc mutualisé les investisse- ments et incité les abonnés à téléphoner le plus possible. Ré- sultat, le volume mensuel moyen par abonné indien est de 450 mi- nutes, contre 130 à 150 en France. Symétriquement, en trois ans, le prix de la minute de communication est tombé de 100 roupies à moins d'une roupie.Or, les BRIC ( Brésil, Russie, Inde, Chine) amassent des excédents commerciaux gigantesques, destinés à supplanter les Fonds de pension américains.Quand les téléphonistes indiens débarque- ront en France, ce sera comme MITAL versus ARCELOR: ils n'en feront qu'une bouchée. Souvenez- vous que le sanscrit est la mère de toutes les langues indo-euro- péennes, du Portugal à la Thaï- lande,que les indiens ont inventé le zéro, que le fils spirituel d' EINSTEIN, le docteur BOSE, était indien et autodidacte.Bref, comme disait le Général DE GAULLE, " mort aux cons! ".

harrypotter 10/7/2007 Recommander 4

oui, c'est verrouillé. mais si on cherche un petit peu, on trouve. des solutions pour minimiser son forfait et avoir des tarifs d'appels bien moins chers (et sans forfait). suivez le Hiboo !

 
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