Telefonica annonce le rachat de l'opérateur mobile britannique O2 pour 26 milliards d'euros et devient numéro trois européen. Deutsche Telekom pourrait lancer une contre-OPA. O2 était l'un des derniers acteurs indépendants d'un marché en pleine consolidation.
La concentration du marché des télécoms européens approche de son terme. L'un des derniers indépendants du secteur, l'opérateur mobile O2, a accepté lundi de se vendre à Telefonica. L'ancien opérateur historique espagnol déboursera 17,7 milliards de livres, soit 26 milliards d'euros, pour conclure la plus importante opération de croissance externe dans les télécoms depuis un an, loin devant les 6,4 milliards d'euros dépensés en juillet par France Télécom pour Auna, numéro trois du mobile en Espagne. L'offre se fera à 200 pence (3 euros) par action O2, soit une prime d'environ 22% par rapport au cours moyen de l'action vendredi, et sera entièrement financée par l'endettement. Telefonica attend un impact positif immédiat sur ses résultats pour des économies et synergies de 293 millions d'euros par an d'ici 2008. Insuffisant pour l'agence de notation financière S&P qui a dégradé d'un cran la note de dette à long terme de Telefonica, à "A-" contre "A" auparavant et sa note à court terme à "A-2" contre "A-1".
Courtisé par plusieurs opérateurs mobiles, O2 faisait l'objet de rumeurs de rachat depuis plusieurs mois. Car la cible britannique est attrayante. Spécialiste du mobile, puisqu'il n'est ni présent dans la téléphonie fixe, ni dans l'Internet, l'opérateur compte 24,6 millions de clients au Royaume-Uni, en Irlande et en Allemagne. Au Royaume-Uni, fort de ses 15,7 millions de clients, l'ancienne division mobile de BT Group, dont elle s'est séparée en 2001, se permet même de dépasser les géants Vodafone et Orange. Grâce à cette opération, Telefonica se hisse ainsi à la troisième place des opérateurs mobiles européens, derrière les-mêmes Vodafone et Orange. Le groupe qui s'était jusqu'alors davantage focalisé sur son déploiement en Amérique Latine, souhaite « équilibrer géographiquement ses investissements ». O2 gardera toutefois son nom et son siège au Royaume-Uni.
L'opération, selon Telefonica, devrait être finalisée d'ici le mois de janvier. Mais l'espagnol n'est pas à l'abri d'une contre-OPA qui pourrait contrecarrer ses plans. Dans le rôle du trouble-fête : Deutsche Telekom. Longtemps bien placée dans la course au rachat, la maison-mère de T-Mobile reconnaissait en août la tenue de « discussions préparatoires » avec KPN, pour une acquisition conjointe d'O2. Selon UBS, il ne serait « pas étonnant » que les deux groupes lancent leurs enchères. Cependant, de l'aveu de certains analystes, Telefonica a placé la barre très haut, avec une offre bien supérieure aux évaluations pour décourager une éventuelle riposte. Délogé du podium des opérateurs mobiles européens, Deutsche Telekom pourrait cependant proposer de 220 à 230 pence par action pour souffler O2 à Telefonica. De quoi continuer d'affoler le cours de bourse de leur cible. A 16h, l'action O2 bondissait déjà de 29,5%, à 207,3 pence.

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