En à peine six mois, TechCrunch est devenu le blog de référence des start-ups du Web 2.0. Fort de 20.000 lecteurs quotidiens, dont de nombreux investisseurs, il constitue une tribune très recherchée. Entretien avec son créateur, Mike Arrington.
En l'espace de six mois, TechCrunch est devenu incontournable pour toute start-up Internet qui se respecte. Il ne s'agit pas d'un salon ou d'un journal, mais d'un blog consacré à la nouvelle génération d'applications Web 2.0. A l'origine, Mike Arrington, à la fois avocat, entrepreneur et investisseur en capital risque. Ce blogueur passe désormais 5 heures par jour à relater et à déchiffrer les dernières tendances et les modèles économiques des jeunes pousses Internet du moment. Et ça marche. Son audience dépasse les 20.000 visiteurs par jour et comprend tout le "Who's Who" de la Silicon Valley: des VCs (capital-risqueurs) aux entrepreneurs, en passant par les grandes banques d'investissement et les grandes entreprises. Son influence est telle que des start-ups ont été rachetées ou ont levé des fonds après avoir été citées dans le blog ou participé à l'un des barbecues organisés par son auteur. Sur le même modèle de TechCrunch, Mike Arrington vient de lancer MobileCrunch pour décrypter le monde de la mobilité. Et il prévoit aussi de lancer dans quelques semaines une version en français de son blog phare. Interview.
Comment avez-vous lancé TechCrunch?
Mike Arrington. Cela a commencé en juin dernier, lorsque j'ai publié sur mon blog le résultat de l'enquête de marché que j'avais effectuée en vue de lancer ma start-up, Edgeio, un moteur de recherche de petites annonces postées sur les blogs. J'ai ensuite continué de publier des notes sur les start-ups et les technologies que je trouvais intéressantes et dont j'entendais parler en tant qu'investisseur en capital-risque, au travers de mes contacts, des soirées dans lesquelles je me rends ou des barbecues que j'organise chez moi.
Justement, ces barbecues ont-il amplifié le succès de votre blog?
Initialement, c'était l'occasion de parler entre-amis à propos des start-ups du Web 2.0 et de voir des démos. Au premier BBQ, nous étions environ 25... J'avais lancé une invitation seulement quelques jours avant qu'il n'ait lieu. Puis nous avons été 100 au suivant, et 250, etc,. A ce stade, j'en avais marre de payer pour la nourriture et les boissons et j'ai eu l'idée de faire appel à des sponsors. J'ai déjà levé 7000 dollars pour le prochain BBQ qui aura lieu dans quelques semaines et qui sera l'occasion de parler des blogs, avec la publication du livre de Robert Scoble et de Shel Israel sur ce thème.
N'êtes-vous pas surpris par l'influence que vous avez acquise dans l'univers du Web 2.0 ? Que pensez-vous des interrogations de certains sur la légitimité des blogs ?
Les blogs sont tellement plus réactifs que les médias traditionnels. Par exemple, seul un autre blogueur pourra publier un article ou une brève sur une start-ups plus rapidement que moi. Quant à la légitimité, elle se crée au fil du temps, à l'instar d'un journal ou d'un magazine. Pour les blogs, elle vient du nombre de gens qui pointent vers votre site, du nombre de visiteurs ou de pages lues, etc. Mais comme avec les médias de masse, cette crédibilité peut disparaître plus rapidement encore, si cette communauté sent que votre avis est biaisé ou "acheté". Par ailleurs, je suis beaucoup plus accessible qu'un journaliste qui travaille pour un média traditionnel et je sais garder le secret quand il le faut. Ce qu'apprécie mes sources (les entrepreneurs, les VC, etc), qui à leur tour sont plus à même de me parler en exclusivité de leurs projets.
A votre avis, qu'est-ce qui caractérise les start-ups du Web 2.0?
Les applications créées par ces jeunes entreprises sont beaucoup plus interactives et dynamiques, et permettent de lire, mais aussi de publier les informations sur le Web. Ensuite, la majorité de ces start-ups ont besoin de 300.000 dollars ou moins pour démarrer. Enfin, elles utilisent des technologies de programmation comme Ruby on Rail qui permettent de créer une application AJAX en une soirée, contre plus de six mois auparavant. Ce qui explique la multitude de start-ups, dont d'ailleurs beaucoup échoueront. Pour ma part, je m'intéresse particulièrement à deux secteurs du Web 2.0. D'abord à cette nouvelle génération de blogs qui s'adresse aux jeunes de 13 à 25 ans. Les prochains MySpace en quelque sorte. Ceux qui mélangent musique, vidéo, blog et toutes les autres choses qui intéressent les jeunes, à l'instar de Tagworld, Tag ou encore FaceBook. L'autre domaine est celui du stockage en ligne. Ce sont des sites qui sauvegardent une copie de toutes vos données (photos, vidéos, audios, etc...) et qui les organisent, comme par exemple OmniDrive ou Box.net.

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