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Rich Green, vice-président de Sun Microsystems

Sun libère enfin Java

Propos recueillis par Jean-Baptiste Su -  17/11/2006 19:11:00  - L'Expansion.com 
 
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L'open source est décidément dans l'air du temps. Sun Microsystems a décidé de placer l'une de ses plus grandes réussites, le langage Java, dans le monde du logiciel libre. Explications de Rich Green, vice-président de Sun, en charge des logiciels.

Il aura fallu onze ans à Sun pour proposer Java en logiciel libre. Entre temps, plus de 800 millions de PC et plus d'un milliard de téléphones mobiles sont aujourd'hui compatibles avec le langage de programmation. Et une communauté de 5 millions de développeurs ne cesse de créer des applications. Pour assurer le succès de son nouveau langage, le constructeur californien a dû, petit à petit, laisser le contrôle de Java à ses partenaires mais aussi à des concurrents comme BEA, HP ou IBM. Lassé de devoir attendre, Big Blue a d'ailleurs récemment lancé, avec l'aide de la fondation Apache (qui édite le serveur Web le plus populaire), son propre projet open source Java. D'où la décision des dirigeants de Sun de franchir le pas malgré les risques de voir se multiplier des versions incompatibles. Explications de Rich Green, le vice-président en charge des logiciels de Sun Microsystems.

Pourquoi avoir choisi de placer Java dans l'open source?
Il y a quelques années, nous avions indiqué que tous nos logiciels deviendraient open source. Nous avons commencé avec notre système d'exploitation Unix, Solaris, qui utilise pour l'instant une autre licence un peu plus restrictive que GPL. Nous étudions d'ailleurs la possibilité de migrer vers GPL. Idem pour tous nos logiciels serveurs qui passeront en open source. La conséquence, avec Java open source, c'est que vous allez voir une prolifération de nouvelles applications que ni Sun ni nos partenaires n'avaient imaginées ou ne pouvaient mettre en œuvre, faute de ressources nécessaires. Comme Java dans des montres, des réveils, etc. Maintenant, les développeurs pourront livrer gratuitement la machine virtuelle Java avec leur application, et la modifier si besoin est. Toutes les distributions de Linux pourront aussi livrer Java avec leur système d'exploitation. Une chose qui était auparavant impossible à cause de la licence commerciale.

Mais vous allez continuer à proposer aussi une version commerciale ?
C'est ce que l'on appelle une licence double. La licence commerciale, qui sera certifiée par Sun, comprend l'usage du logo Java (la tasse de café) et l'indemnisation en cas de poursuites judiciaires liées au copyright (par d'autres éditeurs susceptibles de revendiquer la paternité sur une partie du code, ndlr). Certains clients sont rassurés par la version commerciale, c'est pourquoi nous la proposons. La version libre comprend le code source de notre version commerciale mais ne sera ni certifiée, ni indemnisable en raison de la provenance diverse des contributions. Par ailleurs, nous avons crée le logo "Duke" qui pourra être utilisé par toutes les implémentations open source de Java.

Concrètement, que change ce passage à l'open source?
Deux choses. La première est au niveau du logiciel Java, plus précisément de la machine virtuelle Java développée par Sun, et dont le code source est aujourd'hui disponible gratuitement sous le nom OpenJDK. N'importe qui peut l'utiliser ou la modifier, à condition bien sûr de partager les modifications avec le reste de la communauté. Ensuite, les développeurs ne seront plus obligés de certifier auprès de Sun leur propre implémentation de Java. Une opération qui était longue et coûteuse.

Ne courrez-vous pas le risque de voir proliférer les versions incompatibles?Oui, le risque existe. Il y aura certainement plusieurs "distributions" de Java comme il y a plusieurs distributions de Linux. Paradoxalement, le fait que Java soit désormais disponible sous le droit de licence GPL permet de limiter le nombre de versions incompatibles car la communauté Java aura accès aux modifications et pourra les adopter ou bien les rejeter.

Qui sera responsable des versions futures de Java?
Les décisions sur les nouvelles fonctions à ajouter au langage ou à la machine virtuelle seront prises, comme c'est déjà le cas aujourd'hui, par un ensemble d'acteurs du monde Java réunis autour de la JCP, Java Community Process.

 
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