Devant les actionnaires, Steve Jobs est revenu sur les dossiers chauds d'Apple : les stocks-options, le respect de l'environnement, le retard de Mac OS X et l'iPhone. Une assemblée générale plus houleuse qu'à l'accoutumée.
Steve Jobs est indéboulonnable. Devant des actionnaires partagés entre l'agacement et l'admiration, le patron d'Apple s'est livré, jeudi, à une justification en règle de sa politique. Pressé de s'expliquer sur l'affaire des stock-options antidatées, Steve Jobs a retracé le cours des événements et lu par deux fois le communiqué du gendarme de la bourse américaine qui saluait, le mois dernier, la collaboration de l'entreprise à son enquête. « Sauf si vous estimez que la SEC est mêlée à un complot, je ne vois pas ce que je pourrais dire de plus », a lancé Jobs à un contestataire malheureux. D'après lui, les stock-options litigieuses ont de toute façon été fixées plus haut qu'elles auraient dû. Or, il n'a pas « demandé à l'entreprise de le rembourser ».
Quatre propositions sur les stock-options et les rémunérations des dirigeants ont été rejetées lors de l'assemblée. Elles ont toutefois recueilli un nombre inhabituel de voix (autour de 40%), ont noté les observateurs. Dès lors, Steve Jobs continuera de décider de toutes les compensations des dirigeants, sauf de la sienne. L'occasion, pour lui, de rappeler, sur le ton de la plaisanterie, qu'il continue de toucher un dollar de salaire tous les ans : « je reçois 50 cents par an pour ma présence ici et les autres 50 pour mes résultats ». Le patron d'Apple, toutefois, n'est pas à plaindre. Il est, d'après Steve Jobs, le mieux payé des États-Unis, avec 646 millions de dollars perçus en 2006 grâce à ses stock-options.
Steve Jobs est ensuite revenu sur un autre dossier chaud, l'environnement. Les deux propositions dissidentes avaient été retirées avant l'assemblée, suite à la mise au point de la semaine dernière sur l'écologie. Le PDG d'Apple n'a cependant pas manqué de prendre à partie un représentant de Greenpeace, dont le classement des entreprises les plus vertueuses se fonde, selon lui, sur des promesses et non sur des actions.
Plus concrètement, Steve Jobs s'est aussi exprimé sur le retard de la nouvelle version de Mac OS X (« cela vaut le coup d'attendre »), sur l'iPhone (Apple n'a pas encore décidé si son futur téléphone acceptera les applications d'autres développeurs), et sur les investissements en recherche et développement qui ont ralenti, et ne représentent plus que 4% du chiffre d'affaires. « Ce serait bien, si l'on pouvait développer de bons produits aussi facilement que l'on signe un chèque. Si c'était le cas, Microsoft aurait quelques bons produits », a-t-il lancé aux actionnaires.
Au terme de l'assemblée, l'ensemble du conseil d'administration, dont le vice-président Al Gore et Eric Schmidt, PDG de Google, a été réélu. Un des « meilleurs conseils d'administration au monde », selon Steve Jobs. Un conseil d'administration qui lui montre, aussi, un indéfectible soutien.

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