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Serguei Beloussov, PDG de SWsoft

"Si VMware impose son modèle, nous n'existerons plus, tout comme Microsoft"

Propos recueillis par Jean-Baptiste Su, dans la Silicon Valley -  22/09/2007 00:20:00  - L'Expansion.com 
 
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La virtualisation est la technologie informatique de demain au point que le leader du marché, VMware, pourrait bien mettre à mal la domination de Microsoft. Or ce n'est pas le patron de VMware qui le dit mais Serguei Beloussov, le PDG de SWsoft, son principal concurrent.

Le marché de la virtualisation est sans doute le segment informatique le plus porteur actuellement. Le cabinet d'études americain IDC estime qu'il pourrait peser 3 milliards de dollars d'ici trois ans, avec un rythme de croissance annuelle de 40%. Les investisseurs en tout cas y croient puisqu'ils ont financé plus d'une centaine de start-ups dans le domaine. Autre signe de l'engouement autour de la technologie, l'entrée fracassante, cet été, à la bourse de New York du numéro un de la virtualisation, VMware. Depuis, l'action a plus que doublé, à presque 80 dollars, valorisant l'éditeur californien a plus de 30 milliards de dollars. Soit 10 milliards de plus que le premier constructeur automobile mondial, General Motors! SWsoft, le second acteur du marché de la virtualisation, profite également de cette frénésie. Ses ventes annuelles dépassent déjà les 100 millions de dollars et sont bien parties pour doubler cette année: loin devant Virtual Iron, l'éditeur open source XenSource, récemment racheté par Citrix, ou encore Microsoft qui perd de l'argent. L'affrontement avec VMware apparaît donc inévitable. Surtout depuis la sortie de Fusion, le logiciel de VMware qui permet d'utiliser Windows sur Macintosh, et qui concurrence la solution phare de virtualisation de SWsoft, Parallels. Explications de Serguei Beloussov, le PDG de SWsoft.

Pourquoi cette effervescence autour de la virtualisation ?
Il s'agit de la technologie clé des centres informatiques de demain. Initialement, le monde informatique était dominé par IBM, avec le mainframe, ce gros système centralisé qui comptait déjà des fonctions de virtualisation et qui pouvait exécuter plusieurs systèmes d'exploitation et applications parallèlement et en toute sécurité. Ensuite, il y a eu l'avènement des réseaux de petits serveurs qui a nécessité un nouveau système d'exploitation pour gérer tout cela. Et on eu Windows Serveur qui s'est finalement imposé face à Novell Netware. Puis, Internet est arrivé et Linux est devenu le standard de facto des serveurs Internet. Mais encore une fois, Microsoft a réussi à contenir la menace et Linux demeure assez peu utilisé en entreprise. Aujourd'hui, les entreprises veulent toutes réduire leur nombre de serveurs physiques et augmenter le taux d'utilisation de ces derniers. Et ce, tout en réduisant leurs coûts de gestion et de consommation d'énergie. Or la virtualisation apparaît comme la seule manière d'atteindre ce but.

Craignez-vous la concurrence de VMware, le n°1 du marché ?
Avec sa plateforme de virtualisation, VMware se positionne avant tout en concurrent direct de Microsoft. Aujourd'hui, 90% des serveurs sont livrés avec Windows, Linux ou MacOS. Mais avec la nouvelle version allégée de son système de virtualisation (ESX Server 3i), VMware est désormais en mesure de remplacer Windows ou Linux comme le système d'exploitation par défaut des serveurs. Or dans un monde VMware, les applications seront livrées comme des "virtual appliances", ou des machines virtuelles préconstruites par les éditeurs de logiciels et qui fonctionneront directement sur ce système d'exploitation allégé. Fini donc Windows ou Linux. Et je ne serais pas surpris que VMware ait une stratégie similaire pour le poste de travail. Donc, si VMware impose son modèle, nous n'existerons plus, tout comme Microsoft d'ailleurs!

A votre avis, quelles sont les chances de VMware face Microsoft?
C'est encore trop tôt pour vraiment le dire, mais c'est plutôt bien parti pour VMware. En gros, la majorité des revenus de Microsoft viennent de deux activités: Windows et Office. Or c'est la première fois dans l'histoire, que Microsoft laisse un concurrent direct de Windows atteindre le milliard de dollars de ventes sans vraiment réagir. Dans le cas de Novell, Netscape ou encore Linux, Microsoft a écrasé ou contenu son concurrent. Mais cette fois-ci, Microsoft n'aura pas de solutions de virtualisation avant l'année prochaine, avec Viridian. Et encore, en imaginant que tout se passe bien car il a déjà été retardé plusieurs fois. A ce moment là, VMware pèsera déjà plus de 2 milliards de dollars et sera présent dans virtuellement toutes les entreprises de la planète. Reste que cela pourrait être pire si Google combine son logiciel d'exploitation maison et sa suite bureautique avec les fonctions de virtualisation de VMware, car ce serait l'autre moitié de Microsoft qui serait en danger: Office!

Comment comptez-vous alors vous différencier de VMware?
En jouant l'ouverture. Pour nous, la virtualisation doit être intégrée au système d'exploitation et non pas le remplacer. Nous travaillons d'ailleurs avec Microsoft pour l'optimiser au sein de Windows. Mais la virtualisation ne s'arrête pas à ce noyau virtuel ou hyperviseur. Car il faut ensuite des outils sophistiqués pour créer, déplacer ou encore gérer les machines virtuelles, souvent répartis sur plusieurs serveurs. Ce que nos outils permettent déjà aujourd'hui de faire avec les machines virtuelles de Microsoft et de XenSource, mais pas avec celles de Vmware. Lequel reste un système propriétaire et fermé. Un nouveau Microsoft en quelque sorte!

 
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