Les trois opérateurs dominent la distribution des mobiles grâce à leur réseau de boutiques implantées sur tout le territoire. Depuis la fin des années 90, le nombre de points de vente, notamment indépendants, a été divisé par deux.
Difficile de se faire une place dans la distribution des téléphones portables lorsque l'on ne s'appelle pas Orange, SFR ou Bouygues. Sur 18 millions de mobiles vendus en France en 2005, plus de la moitié l'ont été dans les boutiques des trois premiers opérateurs selon les données rapportées par Gfk. Dans le détail, 40% des ventes de mobiles sont conclues dans les boutiques des opérateurs, 20% dans par leurs sites Internet ou par leur service téléphonique, et seulement 40% par de la « distribution concurrentielle », c'est-à-dire par les boutiques indépendantes, les hypermarchés, les spécialistes de l'électronique ou les autres sites Internet. Principale explication : la forte présence physique des opérateurs sur tout le territoire. Orange compte entre 800 et 850 boutiques, grâce aux 700 agences France Télécom auxquelles vient s'ajouter la centaine de Mobistores. Juste derrière, SFR compte 700 magasins et Bouygues Telecom 500. « C'est une spécificité française et c'est un facteur de gêne de la concurrence », explique à l'AFP Jean-Pierre Champion, PDG de The Phone House, premier réseau de distribution indépendant français, avec 235 magasins. « En Angleterre par exemple, le réseau captif des opérateurs pèse moins de 25% du marché ». Ce qui réduit également d'autant les chances des opérateurs virtuels qui n'ont pas eu le temps de développer un réseau de distribution comparable.
Aussi, sur fond de ralentissement de la croissance du marché, les vendeurs indépendants souffrent. Alors que durant les années 1990 les boutiques florissaient à tous les coins de rue, le marché s'est fortement concentré. Désormais, on ne compte plus en France que 6500 à 7000 points de vente de téléphonie mobile, contre 10.000 à 13.000 à la fin des années 1990, relève Gfk. Dans le même temps, les chaînes ont remplacé les boutiques indépendantes. On n'en comptait plus au premier semestre que 350 à 400, contre 1500 il y a trois ans. Ces chaînes, comme The Phone House ou Avenir Télécom, sont de fait les mieux armées pour résister aux opérateurs. Outre leur taille, elles opposent aux offres promotionnelles et aux contrats de renouvellement avantageux des opérateurs leurs exclusivités mobiles négociées directement avec les constructeurs. « Le premier critère de différenciation, c'est le mobile, alors près de 30% de nos ventes relèvent d'une exclusivité, négociée directement avec les fabricants », ajoute Jean-Pierre Champion.

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