
Cette société exploite les propriétés des ondes acoustiques générées par un choc sur une paroi solide. Un mur, une table, un miroir, la porte d'un réfrigérateur peuvent alors se muer en surfaces tactiles.
Contrôler son téléphone grâce à un écran tactile est déjà trop banal ? Sensitive Object tient une solution bien plus originale. Cette « spin-off » du Laboratoire d’ondes acoustiques (LOA) dépendant du CNRS se fait fort de communiquer avec n’importe quelle surface solide : une paroi de plâtre, une fenêtre, un buffet Louis XV, une porte de frigidaire ou une simple planche de bois.
La jeune entreprise conçoit et commercialise en effet des panneaux de contrôle, claviers ou écrans tactiles basés sur des technologies qui permettent de rendre interactif tout type d’objet solide, quel que soit le matériau ou sa forme. Elle exploite pour cela les ondes engendrées par un impact, aussi léger soit-il, avec une surface solide, ce qui exclut la mousse ou le textile.
Domaine d’activité : Interfaces homme-machine
Année de création : 2003
Effectifs : 28
Dirigeant : Hervé Martin
Fondateurs : Ros Kiri Ing. et Mathias Fink
Capital : 90.000€
Levée(s) de fonds : Un peu plus d’une dizaine de millions d’euros entre 2004 et 2007, dont 8 M€ auprès de Sofinnova. Une nouvelle levée de fonds de 10 à 15 M€ en phase de finalisation.
Actionnaire(s) : Sofinnova (majoritaire), fondateurs, CNRS
Chiffre d’affaires 2007 : 1,5M€
Concurrents :
- Ecrans tactiles : Tyco Elo Touch (US), 3M (US)
- Systèmes : Pas de grands concurrents localisés, quelques start-ups et fabricants de semiconducteurs à l’instar de STMicroelectronics (Fr-It) ou Atmel (US).
Les ondes sont similaires à celles que produit un caillou jeté dans une marre, et varient selon la longueur du jet. Transposées dans l’univers des matériaux solides, elles constituent autant de signatures acoustiques uniques qui peuvent être détectées par des capteurs puis traités et analysés par l’électronique et les logiciels.
Il devient dès lors possible d’allumer ou d’éteindre son lampadaire halogène d’une pichenette sur le mur à l’entrée de son appartement, de faire varier la température ambiante depuis le miroir du salon ou de commander les différentes fonctions de son Media Center en pianotant sur sa table basse. « Tout est possible. Chaque position, matérialisée par un bouton virtuel correspondra à une application précise. », explique Hervé Martin, Président de Sensitive Object.
Les claviers d’ordinateur virtuels figurent parmi les premiers produits commercialisés par la société. « Ils prennent la forme d’un film plastique lavable permettant de ‘’tactiliser’’ une surface, et sont utilisés en milieux hospitaliers ou chez les dentistes », note Hervé Martin. Dans le même esprit, les panneaux de commandes ou de contrôle intéressent les fabricants de distributeurs automatiques, de digicodes, les grands noms de l’électroménager ou de la domotique.
L’autre grande famille de produits exploitant cette technologie regroupe les écrans tactiles. « Nous avons fourni des écrans aux boutiques L’Oréal, et cette technologie est également utilisée dans certains kiosques équipant les aéroports, la SNCF ou le PMU », souligne le président de Sensitive Object.

L’acoustique entre là en concurrence avec deux autres procédés largement exploités dans notre vie quotidienne. La technologie dite capacitive repose essentiellement sur l’utilisation de matériaux diélectriques, et donc isolants : le verre ou certains plastiques. Les automates, l’iPhone, mais aussi les plaques de cuisson récentes, celles à induction notamment, fonctionnent sur ce principe.
La seconde technologie est optique. Elle est utilisée par Microsoft dans le cadre de son projet Surface, un PC entièrement piloté par un écran tactile. Perceptive Pixel, une start-up américaine exploite une technologie similaire. La société vient de s’illustrer sur CNN lors des élections américaines avec son Magic Wall, un mur d’images représentant les Etats-Unis qui a permis aux journalistes d’accéder à des données détaillées sur les résultats de vote en effleurant l’écran, État par État.
Mais pour Hervé Martin, ces deux technologies présentent plusieurs inconvénients. « La technologie capacitive fonctionne uniquement avec le doigt, et craint les dépôts (poussière, graisse). Quant à la technologie optique, impossible de l’utiliser avec un stylet, une carte de crédit, ou une main gantée de sombre », explique-t-il.
En revanche, la technologie acoustique autorise tous les types de touchers : de la pulpe du doigt au manche de cuillère en passant par l’ongle, le stylo, ou la carte de crédit. Et ce, sur des surfaces allant de quelques centimètres à 3 ou 4 mètres de diagonale. Par ailleurs, les écrans sont insensibles aux rayures et entailles de surface. Les ondes sonores étant sa raison d’être, mieux vaut cependant ne pas l’utiliser en milieu bruyant, lors d'un concert de rock, par exemple. Dans le même ordre d’idée, le système ne pourra plus fonctionner si le support est cassé, ou s’il en manque un morceau.

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