Avec 250 millions d'euros de recherche et de développement, Quaero est le plus important projet de l'Agence de l'innovation industrielle. Attendu pour 2011 et présenté abusivement comme un Google européen, ce moteur de recherche sera axé sur le multimédia et les solutions professionnelles.
Des six projets d'innovation industrielle présentés mardi, Quaero est sans doute celui dont on parle le plus. Peut-être parce qu'il est couramment, et abusivement, présenté comme une version européenne de Google, notamment par les anglo-saxons qui dénoncent l'interventionnisme de l'Etat français qui fausserait la concurrence face à leur champion national. Or, Quaero, qui signifie « je cherche » en latin, est bien plus qu'un moteur de recherche grand public traditionnel.
D'abord parce qu'il sera orienté sur le multimédia, permettant une recherche intuitive, par association d'idée, et utilisables aussi bien sur PC, que sur mobile ou sur la télévision. Il permettra par exemple des recherches sur des émissions de télévision, d'images vidéo ou sur l'intérieur des podcasts. La recherche pourrait se faire par un nom, par association, le contexte ou des annotations spécifiques (date, situation, etc). Ensuite, parce qu'il servira à gérer à des fins professionnelles des documents multimédia, depuis la prise de vue jusqu'à la diffusion, en passant par le montage et la post-production. Le consortium dirigé par Thomson travaille également sur des solutions de gestion du patrimoine audiovisuel: structuration des archives pour permettre un accès facilité et sécurisé du public et des professionnels au patrimoine audiovisuel (avec tout ce que cela suppose de solution intégrées de reformatage du contenu).
Quaero s'appuie sur des techniques avancées de transcription, d'indexation et de traduction automatiques de documents audiovisuels multilingues, la reconnaissance et l'indexation d'images. Son coût de recherche et de développement se monte à 250 millions d'euros, absorbant près de la moitié des 650 millions d'euros totaux de budget. Les parties françaises et allemandes y contribueront pour moitié, l'Agence de l'innovation industrielle y apportant 90 millions d'euros. Outre Thomson, ce projet comprend parmi ses partenaires Deutsche Telekom et France Télécom, des entreprises de technologie, comme Exalead, Jouve, LTU et Vecsys, des instituts de recherche et des fournisseurs de contenus. La version finalisée n'est pas attendue avant cinq ans, même si des premières versions de test pourront être mises en ligne d'ici-là.

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