
La France s’engage dans la réforme des tarifs du mobile. Le nouveau modèle pourrait conduire, à terme, à facturer la réception des appels. Décryptage.
L’Arcep rejoint la commission européenne. Jeudi soir, le régulateur a lancé une consultation publique portant sur le prix du mobile. Les acteurs des télécoms ont un mois pour se prononcer sur la « fixation des plafonds tarifaires » des terminaisons d'appel (TA). Autrement dit, sur le montant que paie l’opérateur de celui qui appelle à celui qui est appelé. Malgré plusieurs baisses imposées ces dernières années, la TA mobile reste élevée : elle est de 6,5 centimes d'euro la minute pour Orange et SFR et de 8,5 centimes la minute pour Bouygues Telecom, dont le parc d'abonnés est plus petit.
La tarification actuelle, établie à l’origine pour aider les opérateurs mobiles à financer leur réseau, crée aujourd’hui « des distorsions concurrentielles entre opérateurs mobiles, ainsi qu'entre opérateurs mobiles et fixes », estime le régulateur. Ainsi, les opérateurs mobiles sont incités à proposer des offres d’appels illimités vers leur propre réseau, où il ne paient pas de TA, ce qui profite aux plus importants d’entre eux, Orange et SFR. Les opérateurs fixes, alternatifs notamment, ne peuvent à l’inverse pas s’aligner. Cela nuit tout à la fois au développement des offres de convergence entre le fixe et le mobile et aux abonnés qui paient cher les communications fixe vers mobile.
Cette fois, l’Arcep veut y aller plus franchement et plaide pour un rapprochement du niveau de terminaison d’appel entre le fixe et le mobile. Le coût moyen pour un opérateur métropolitain se situe dans une fourchette comprise « entre 2,4 et 2,9 centimes d'euro », tandis que dans la nouvelle approche, il se situerait « entre 1 et 2 centimes d'euro ». L'Autorité réfléchit donc à faire évoluer le calcul des coûts en passant à un modèle incrémental. L’opérateur à l’origine de l’appel ne paierait que pour les coûts supplémentaires qu’il entraîne directement chez l’opérateur qui le réceptionne, ce qui lèverait les discriminations entre fixe et mobile.
Cette analyse va dans le sens de l'UFC-Que Choisir qui a toujours plaidé pour une terminaison d'appel mobile au même prix que pour le fixe, c'est-à-dire de l'ordre d'un centime. « Si le niveau proposé est appliqué, il permettrait de baisser directement et de façon conséquente les prix des appels mobiles pour les consommateurs », s’est félicité vendredi l’association de consommateurs, qui voit dans les tarifs actuels « une rente illégitime ». « L’association demande à l’autorité de rester sur cette [et] de ne pas se laisser dérouter par le lobby des opérateurs », poursuit-elle dans un communiqué.
Le lobbying a déjà débuté à l’échelon européen. Fin juin, la Commission européenne est elle aussi partie en croisade pour baisser les prix, dans tous les pays de l'UE, « d'environ 70% par rapport à leur niveau actuel ». Pas question, ont répondu les opérateurs. Morgan Stanley avait par exemple estimé en mars qu'une baisse à 2,5 centimes réduirait l'excédent brut d'exploitation de Vodafone de 900 millions de livres d'ici 2012. Le numéro un du mobile souhaite donc maintenir les tarifs de terminaison autour de 5 ou 6 centimes, faute de quoi, il se rattrapera en facturant la réception des appels à ses abonnés.
Le système existe déjà aux Etats-Unis, où la terminaison d’appel est très basse, voire inexistante. En revanche, c’est celui qui répond qui paie, même si les minutes sont souvent comprises dans les forfaits. La Commission européenne a déjà indiqué qu’elle ne s’opposerait pas à l’instauration d’un tel système, même si elle doute qu’il puisse être appliqué rapidement. Elle compte plutôt sur la concurrence entre opérateurs. Selon Vodafone, 40 millions d'Européens, notamment utilisateurs de cartes prépayées, pourraient abandonner leur téléphone portable suite aux plans de Bruxelles, soit 10% de tous les utilisateurs de portables dans l'UE.
En France, l’Arcep ne mentionne pas clairement cette piste dans sa consultation publique. En revanche, le régulateur voie une certaine logique à partager les frais entre les interlocuteurs. « L’influence de l’appelé sur la longueur de l’appel doit être reconnue, celui-ci ayant à tout moment la possibilité de raccrocher, voire de ne pas décrocher, notamment en faisant usage de la reconnaissance du numéro », écrit-il. Mais ce serait aux opérateurs de s’arranger, en intégrant la possibilité d’être appelé dans les forfaits. Dans le fixe, l’abonnement de France Télécom a longtemps permis d’être appelé tandis que les communications étaient facturées au détail.

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Il est vrai que 3 operateurs seulement en Français et de surcroit français est un veritable scandale. Il n'y a pas de concurrence. Il y a assez de place sur les toits pour les antennes des nouveaux operateurs. Lorsque Orange s'est fait condamné 2 fois par l'EU à plusieurs millions d'euros d'amende pour fraude et entente, j'ai remarqué que ma carte prépayée mobicarte avait augmenté de près de 33%! quelques jours avant chaque sentence.Comme quoi Orange fait payer ses forfaitures par le client. Les augmentations de cet escroc d'une même mobicarte successives ont été : 75 francs puis 98 franc, 20 euros, 30 euros avec diminution de la validité de 3 mois à 2 mois! Vivement qu'ils fassent payer l'appelé, cela fera chuter le marché.
Rien ne va changer sauf concurrence improbable.Il aurait fallu préciser que le prix du portable aux USA est de l'ordre de 90 dollars en illimité pour 1 ans.
Attention à l'imagination créatrice sans limite des opérateurs, qui, sous couvert de promesses d'harmonisation et de baisse des tarifs, vont tranquillement alourdir nos factures!
et quand les usa auront décidé de se mettre une plume au c-- pour téléphoner, on devra faire pareil ?
A quand l'affichage obligatoire du prix "on line" de la communication téléphonique (gratuit cela va sans dire) au même titre que l'essence à la pompe, les 1,350 kgs de pommes de terre sur la peseuse au marché, ou du beefsteak !
Ceux qui vont décider ont grand intérèt à ne pas tenter de réinventer la roue et tuer la poule aux oeufs d'or: au tout début des années 1990 les USA avaient déjà mis en place pour les téléphones portables un dispositif de paiement à la réception...qui a fait beaucoup retarder, par rapport à l'Europe et son GSM, le déploiement du portable US au profit du "pager". Ils sont revenus 8 ans plus tard au GSM et son système "ouvert" de "paiement par celui qui appelle" (sauf cas de roaming évidemment)qui est beaucoup plus logique et est ce qui se pratique depuis des siècles sur la majorité des téléphones fixes...
Les opérateurs ne veulent pas perdre d'argent sur les communications. Le seul modèle sérieux est le paiement forfaitaire raisonnable d'accès aux réseaux (forfait illimité) et "basta". qu'on appelle 5 min ou 6 h c'est le même prix. C'est la voie qui a été choisis par free. La concurrence a très bien fonctionné dans ce cas cas précis. Mais il est clair que 3 opérateurs c'est pas suffisant pur mettre la pression aux autres. BT qui est à la traine derrière aurait déjà dû proposer des tarifs illimités bien plus agressifs. il ne l'a pas fait car il s'est arrangé avec les deux autres pour nous plumer tranquillement.
Les demarcheurs en tout genres vont se régaler aux frais des particuliers qui n'auront rien demandé !!! Car si j'ai bien compris, je vais payer leur appel lorsque je serai démarché sur mon portable...
je trouve exacerbant que cette idee vienne encore des etats unis et que l europe a defaut de petrole soit dans l obligation de mettre sur la table un procede qui risque de nous mettre sur la paille .
Les personnes qui ont une mauvaise vue, notament les personnes âgées et qui décrocheront sans reconnaitre le numéro de l'appelant vont devenir une excellente cible pour les démarcheurs et escrocs de tout poil. La logique est pourtant bien que ce soit l'appelant qui paie!!
Dans une telle éventualité il s'agirait d'une modification substantielle du contrat avec mon opérateur! Dès lors j'aviserai pour décider de rompre mon contrat . Entendez que je suis contre la facturation à la réception des appels. C'est une atteinte aux libertés et la porte ouverte à tous les abus.
Un vrai racket de plus en préparation. Vous en seriez de votre poche pour les erreurs de numéro, et pourquoi pas pour les appels de démarcheurs. Si mon fournisseur mobile applique cette idée, je résilierai immédiatement mon contrat.