
Le rachat de Sun met dans les mains d'Oracle quelques perles du logiciel libre, dont la populaire base de données MySQL, sans certitude sur leur avenir. Revue de réactions à une fusion controversée.
Oracle a pris tout le monde de court. En annonçant lundi l'acquisition de Sun Microsystems, le groupe américain a non seulement surpris ses concurrents - Steve Ballmer, PDG de Microsoft, s'est ainsi déclaré "très étonné", mais aussi la plupart des observateurs. Il a fallu attendre ce mardi pour y voir un peu plus clair et mieux cerner ce que cette fusion bouleversera dans le paysage informatique. Voici les principaux points soulevés par les spécialistes du secteur.
MySQL, c'est une populaire base de données open source qui anime plusieurs millions de sites internet dans le monde. Achetée un milliard de dollars par Sun l'an dernier, cette pépite avait été convoitée à plusieurs reprises par Oracle, qui offrait jusqu'à 750 millions de dollars pour s'en emparer, rappelle CNet. Pourtant, MySQL a été presque totalement occultée lors de l'annonce de l'opération, ce qui ne manque pas de soulever quelques questions.
Ce mutisme inquiète ainsi Ryan Thiessen, développeur de longue date de MySQL, qui évoque sur son blog "la crainte et la déception" s'agissant de l'avenir de la base de données. "Alors que MySQL parvient de plus en plus à percer dans les entreprises, les dirigeants d'Oracle parviendront-ils à ne pas voir la base de données open source comme une menace pour leurs offres performantes, mais plus coûteuses", demande ainsi Computerworld.
D'autres, plus confiants dans les plans d'Oracle, ne voient pas le problème et soulignent que MySQL permettra, au contraire, d'aller chercher des plus petits clients. Interrogée par TechFlash, Laura DiDio, analyste pour l'Information Technology Intelligence voit dans cette complémentarité une des "perles cachées" de l'accord. Du côté de l'utilisateur, Matt Mullenweg, patron de la plate-forme de blog Wordpress, s'attache à calmer les esprits et minimise les dangers à court et moyen terme.
Comme le rappellent Les Echos mardi matin, Oracle n'hésite pas à "licencier brutalement, par milliers, les salariés des entreprises rachetées". Selon les estimations de Citigroup rapportées par Business Week, Oracle pourrait cette fois se séparer de 40 à 70% des effectifs de Sun. "Sun n'est pas une entreprise bien gérée", confie un dirigeant familier du milieu.
Oracle, géant des logiciels qui bataille avec SAP, Microsoft et IBM dans les entreprises, se retrouvera, suite à cette opération, à la tête du numéro quatre mondial des serveurs. Cela peut avoir quelques avantages. Comme le signale le New York Times, les professionnels préfèrent désormais limiter le nombre de leurs interlocuteurs. Mais les marges d'Oracle s'en ressentiront. Dans ce domaine, "il y a plus de défis que d'opportunités", estime James Staten, analyste chez Forrester Research. Certains experts pronostiques déjà une vente de l'activité matérielle, permettant à Oracle de se concentrer à nouveau sur le logiciel.
Cette opération peut aussi recomposer le secteur de l'informatique professionnelle. En entrant dans le marché des serveurs, Oracle se retrouve à concurrencer Dell et Hewlett-Packard, qui pourraient se réfugier du côté de Microsoft et de son .Net, avance ainsi PCWorld. En revanche, IBM n'aurait pas trop à craindre de ce rapprochement, estime CNNMoney, qui rappelle que son offre sur Sun était à peine inférieure à celle d'Oracle et qu'il n'a pas semblé s'y accrocher.
Ce n'est pas l'avis de tout le monde. Oracle acquiert en effet le langage Java abondamment utilisé du côté de Big Blue. Et il pourrait très bien décider de couper les ponts avec les communautés de développeurs et instaurer des barrières pour écarter ses rivaux. Oracle s'est en effet déjà montré très agressif pour défendre sa propriété intellectuelle, rappelle betanews.
Bien commercialisé, Java pourrait générer un milliard de dollars alors qu'il n'en rapportait que le quart à Sun, selon Citigroup.

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pffffffff... Y'a des raisons d'avoir peur après tout ça... Espérons juste que JAVA pourra garder son statut de langage le plus complet sur le marché, et espérons aussi qu'Oracle n'essaiera pas de le détruire et de le remplacer par PL/SQL...